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mardi 5 juillet 2011

Le Gruel




C'est une légende qui court les siècles. Vous avez tous entendu parler du macabre Joseph d'Arimathie qui, pour satisfaire ses fantasmes un peu bizarres, recueillit le sang du christ alors qu'il dégoulinait de ses plaies.

"– Non mais sérieux, Joseph, t'abuses, lui murmura le crucifié, Tes penchants necrophiles, je disais rien; surtout que, bon, après avoir ressucité deux-trois gus, la mort, la vie, pour moi c'est un peu abstrait. Mais tu pourrais attendre que je clamse, quand même. C'est sale."
Il aurait ajouté "Sale Vautour de merde", mais St Thomas et deux trois autres adeptes du politiquement correct l'ayant retiré, rien n'est sûr.
"– Oui, seigneur, répartit Joseph, mais je pense l'ajouter à ma collec, tu vois, comme ça, je pourrais assurer mes vieux jours. Et des fois que t'es le fils de Dieu, si ça se trouve y'a ptêtre des superpouvoirs dans ton sang, on sait jamais. D'ailleurs tu pourrais me dédicacer un morceau de la croix, tant que t'es dessus ? Ca aurait plus de valeur sur ebay.
– Je… Rhr…
– Oui, un stylo, bien sûr, je dois avoir ça, attends."
Aussitôt, le Christ expira. "Aucune patience.", dit Joseph. Puis il partit avec le Graal.

(Ici petite précision : on le voit comme un calice, mais le Graal est, au moyen-âge, un plat large et peu profond servant à contenir de la viande. Moins glorieux, et la métaphore sexuelle du Da Vinci Code tombe un peu à plat. Dans l'cul, Dan Brown.)

Voici donc – ensuite – la légende du Gruel. Après les noces de Canaa, Jésus de NazaAreiit'h découvre les dures peines de l'incarnation, à savoir la gueule de bois. Hé ouais, ça fait le malin en changeant de l'eau en vin, mais après qu'il l'a fait sur la piscine, la soirée a dégénéré. Titubant et essayant vainement de multiplier les aspirines, il empoigna une casserole pour y deverser à gros bouillons les hosties demi-digerées que contenait son estomac.

"– Hé, christ, christ ! Ceci est ton corps, hein ?! Hahaha.
– Arhk. Ptt. Ta gueule, Judas. Viens, plutôt que d'dire des conneries, on va essayer de choper le premier chameau pour Bethléem."

Ils laissèrent là le Gruel plein du vomi christique. La légende dit qu’à l’instar de la Sainte-Lance qui Saigne (qui servit à percer son flanc), ou pointait toujours une goutte de sang, dussiez-vous l’essuyer cent fois, le Gruel est tapissé d’une couche de crasse immonde et noirâtre impossible à nettoyer, dussiez-vous frotter des semaines durant. Force est de constater qu’à chaque fois qu’on fait des Röstis Mazout, on se retrouve avec une incarnation du Gruel très réaliste

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"As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
Ce que tu veux m'apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
Est-il utile que tu m'apprennes cela ?
Dans le cas contraire, pourquoi tiendrais-tu à me le dire ?"
- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.