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dimanche 10 juillet 2011

Watchmen, Mousquetaires et adaptations.

Les adaptations d'une BD en film, d'un film en livre, d'un livre audio en statue de coquillage, quelles qu'elles soient n'ont pas vraiment mes faveurs. J'ai toujours considéré ces tentatives de transvasage d'oeure comme des fanarts, au fond.
Typiquement, le film Watchmen (2009) récemment adapté du classique d'Alan Moore rend bien, graphiquement, les personnages et les lieux, au détriment du scénario et de ses ô combien riches ramifications. En gros, on se retrouve face à un ersatz incomplet et déraciné de la BD d'origine. Ici, par exemple, la séquence d'introduction montre, au ralenti sur the Times they are a-changing de Bob Dylan (ce qui embellit forcément la scène de façon déloyale) quelques scènes qu'on ne trouvait parfois dans la BD que sous-enentendues ou dans les bonus qui faisaient antichambre entre les chapitres, voire n'ayant rien à voir, à savoir :
- L'ancien Hibou qui se bagarre
- le Spectre Soyeux qui frotte ses fesses sur des policiers qui lorgnent tout ce qui dépasse de son maigre costume,
- le Comédien qui se fait prendre en photo avec un criminel sous le bras(qui tient toujours une mitraillette, apparemment. En général, pour faire une arrestation réussie, il faut les désarmer, mais bon.),
- les Minutemen qui prennent leur photo de groupe, le Spectre Soyeux peinte sur un avion,
- la capitulation du Japon en une des journaux, avec tout le monde qui se fait des mamours à Times Square, en particulier la Silhouette qui embrasse une infirmière ("Une lesbienne dans le casting, vite, des échanges de fluides corporels !") sous une pluie de confettis;
- Dollar Bill, la cape coincée dans une porte, avec – encore – des photographes mais peu de traces des balles qui sont supposées l'avoir tué
- une énième reprise de la Cène de De Vinci avec le  Spectre Soyeux enceinte à la place de Jésus se faisant admonester par son mari et notre gentil couple lesbien en bout de table (l'infirmière n'enlève donc jamais son calot ? D'un autre côté, mieux vaut ça que le contraire, pour la décence du film en général) ; puis, l'homme-insecte emmené à l'asile par des infirmiers(+photographes)
- le susdit couple lesbien égorgé dans un lit avec, balafré au sang sur le mur, le doux message "lesbian whores".
- Rorschach enfant qui attend dans le couloir de sa mère, prostituée. Le gus qui vient de remplir sa maman, et son portefeuille, passe dans le couloir en lui tapotant la tête. En face de lui, un journal annonce que les Russes ont la bombe atomique, le poussant à relativiser sa peine. Bon, on est pas sensé voir la tête de Rorschach avant la moitié du film donc pas possible de comprendre sans avoir lu la BD.
- Dr Manhattan qui serre la main de Kennedy.
- Kennedy qui se fait abattre, la limo continue avec la caméra. On voit le comédien recharger un fusil dans un coin. A la base, son implication dans l'assassinat de Kennedy n'était qu'implicite, là on nous l'assène au marteau.
- Spectre Soyeux et son mari s'engueulent devant leur fille, Deux types chopés par Rorschach ligotés à un lampadaire, Castro et Brejnev matant des missiles.
- Une hippie accrochant une fleur à la baillonnette d'un des fusils qu'un rang de militaires pointe sur ses copains, puis ils ouvrent le feu.
- Andy Warhol qui a fait un portrait quadrichromique du Hibou. Haha.
- Armstrong sur la lune avec Doc Manhattan qui prend la photo.
- Adrian Weidt devant une boîte gay, les Village People derrière lui.
- Les Vigilants, sans Captain Metropolis, qui prennent une photo de groupe (on voit pas bien pourquoi vu que cette "organisation" a capoté au bout d'un quart d'heure maximum).
- Des manifestants aux pancartes bien orthographiées qui paradent devant un magasin de télé où l'on voit que Nixon est réélu pour la troisième fois. Un cocktail Molotov (apparemment au plutonium vu l'ampleur de la déflagration) éclate la vitre.
- Fondu au jaune, puis le Smiley archi-connu, puis le début du film.

Super chouette mais comment est-ce que t'es censé comprendre tout ça en 5 minutes 20, SANS AVOIR LU LA BD ? Cette intro n'est évidemment pas celle d'une oeuvre complète, c'est juste un supplément au comics.

Et donc certains génies du cinéma se sont dit "ne prenons pas de tels risques ! Il ne faut pas laisser les gens sur leur faim ! On va adapter une oeuvre, mais on va en faire n'importe quoi, comme ça les gens ne seront pas frustrés s'ils n'ont pas lu le livre !"

Malheureusement, ils ont pris les Trois Mousquetaires.
Bouhouhou.


Peut-être est-ce pour exorciser l'affront fait à la mémoire de Dumas, mais je me suis lancé dans une série d'illustrations des Trois Mousquetaires, après quoi j'enchaînerai sur Vingt Ans Après et le Vicomte de Bragelonne.

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L'Antichambre de Monsieur de Tréville

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L'Epaule d'Athos, le Baudrier de Porthos et le Mouchoir d'Aramis

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Le Duel

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D'Artagnan sauve Constance Bonacieux

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Les Ferrets de la Reine

1 commentaire:

  1. Waaaa! les illustrations de dingue! C'est bête que t'aies pas dormi pendant deux semaines pour les faire, hein. T'as encore les cernes. ^^

    "L'épaule d'Athos, le baudrier de Porthos et le mouchoir d'Aramis", c'est la plus stylée. Les trois mousquetaires sont trop chou, en plus!! Avec le noble Athos, Aramis avant qu'il devienne un enfoiré, D'Artagnan avec ses habits de clodo. Et ce brave Porthos.

    PORTHOOOOS!!!

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"As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
Ce que tu veux m'apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
Est-il utile que tu m'apprennes cela ?
Dans le cas contraire, pourquoi tiendrais-tu à me le dire ?"
- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.