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vendredi 27 janvier 2012

Pour un Enseignement Secondaire Supérieur plus libre.

C'est le Gymnase par excellence, que cette Académie symbolise, surplombant la ville à côté de la cathédrale et du Palais de Rumine. C'est le Gymnase historique par excellence que ces briques de l'Ancienne Académie érigées en 1587 pour abriter l'école de théologie, ensuite arrachées par les Vaudois à l'oppression de l'ours Jaune-Rouge-Noir, puis  - j'abrège - l'université de Lausanne jusqu'en 1987 date à laquelle où elle migre à Dorigny.
Il a accueilli des personnalités prestigieuses telles que Jean Pache ou moi-même. Oui je suis prestigieux, monsieur, alors que Jean Pache s'est contenté de courir le monde, la gloire et de mourir, moi je suis dument resté en vie afin de vous écrire cet article.


Donc, ces temps-ci c’est le bordel au Gymnase de la Cité. On a même des articles dans le 24heures, avec photos de de gymnasiens devant les tables qui abritaient jadis nos bitures post-studiosité(pas disponible sur le site), et en face les interviews du nouveau directeur. Les élèves se plaignent. Motif de la rébellion ? La sévérité injustifiée de l’établissement qui passerait du «laxisme le plus total» à «une discipline quasi militaire» nous dit un des futurs bacheliers. Je cite «Ils ont raison de resserrer le système, qui était trop laxiste». C’est bien gentil de dire ça, mais je crois que tu te plaignais pas tant que ça quand tu vivais sous le joug du laxisme intolérable que tu sembles dénoncer dans les lignes du quotidien, et ce afin de nuancer un peu ton propos. Car, oui, tu ne voudrais pas passer pour un branleur, n’est-ce pas ? Ce que dénoncent vos contradicteurs d’un geste méprisant c’est justement que vous n’êtes qu’une bande d’adolescents frustrés de ne pas pouvoir vous enfuir à travers les buissons d'une campagne amicale, de cavaler au bord des ruisseaux en sautillant au chant des oiseaux, bref, de sécher les cours. D’où le bon élève qui se sent obligé de dire «la sévérité, c’est bien, c’est bon pour moi, ça m’aide à progresser et à bien étudier ; parce que je suis trop con pour me gérer moi-même, hein. Mais quand même, là vous abusez
Ben je suis pas d’accord, bon élève, tu n'es pas forcé de dire ça.


Réputation des élèves de la Cité (Allégorie) 
Pour commencer, parce que je suis un branleur ; et ensuite, parce que j’ai obtenu ma Maturité Fédérale, moi, malgré cela. Donc ce Graal après lequel vous aurez couru pendant trois ans, je l’ai eu, paf, maintenant je peux tout avouer : j’étais un branlos de compétition, on s’amusait à faire des courses sur les rétroprojecteurs, on envisageait de trafiquer le projecteur qui éclaire la cathédrale depuis le toit de l’Ancienne Académie afin qu’il projette le signe de Batman, on allait dans les catacombes et on se faisait des colliers avec les vertèbres de leurs occupants en couvrant les murs de graffitis tels que «Vercingétorix était là, lol», on jouait au ping-pong pendant les pauses, ce genre de trucs. Rire gras. Bonne chance pour me l’enlever, la Matu ; ça s’arrache pas comme des galons de caporal, c’est permanent. J’ai même eu des prix. Enfin, je crois. Bref.
    
    Un ticket pour l'Université
Lorsque j’y étais, le système étais sensiblement différent. Les sciences naturelles comptaient moins, ce me semble, et ce genre de trucs. Mais quand, quoi, dix ans de diplômes ont été délivrés avec ce barème ? Je doute qu’on me conteste le droit d’en parler sous prétexte que j’avais pas la moyenne en chimie en 2ème année.
Ces jours-là, nos professeurs avaient le don de nous remonter le moral. Par exemple en nous expliquant que la Maturité Fédérale n’est qu’un Baccalauréat, et rien de plus. En tant que tel ce papier ne nous donnera jamais de travail, jamais accès à aucune profession directement. Ce n’est qu’un putain de ticket pour l’université et les hautes écoles. C’est tout. Peu importe que tu fasses le maximum partout ou que tu ai juste la moyenne, c’est une clef. Rien de plus. Ca ne t'apprends pas les arcanes mystérieuses d'une guilde d'artisans qui s'empresserait de te mettre au boulot à la sortie. Tes bonnes notes peuvent te donner des prix à la fin de l’année, mais ton 6 en math ne t’apportera jamais rien dans la vie. Que tu saches intégrer des exponentielles te seras utile, si tant est que tu souhaites devenir ingénieur. Connaître les probabilités te permettra de ne jamais entrer dans un casino. Calculer l’intersection d’une sphère et d’un cône, peut être utile si tu deviens souffleur de verre et confectionnes des bongs psychédéliques. Mais qu’on t’ait donné une médaille pour ces compétences mathématiques, non. Jamais.
Merci, m’sieur, ça motive.
Pourtant c’est être très lucide, voire modeste, que s’en rendre compte. Et assez respectueux envers ses élèves de leur faire savoir l’importance exacte du certificat qu’ils convoitent. Et dans cette optique, si la SEULE CHOSE que ta Matu te permet c’est l’accès aux hautes études, est-ce que ça ne serait pas plus sensé de te préparer auxdites études ? Le Travail de Maturité s’inscrivant dans cette démarche : l’obligation de gérer un travail par toi-même sur la distance, d’apprendre à s'imposer des échéances, à te mettre au boulot tout seul, à faire des recherches par toi-même ? Ce que JE NE SUIS PAS EN TRAIN DE FAIRE PUISQUE J’AI UN TRAVAIL À RENDRE SUR DESCARTES ET QUE JE SUIS EN TRAIN D’ECRIRE CE TEXTE A LA CON A LA PLACE, AAAH. Et que je n’ai pas fait à l’époque puisque mon TM consistait à adapter l’Horloge de Baudelaire en BD (disponible ici).
Je suis un sacré contre-exemple, dis donc. Mais bon. Passons. Au moins, moi, des gens risquent de lire mon TM. Et ça leur prendra moins de 3h. A moins qu'ils ne soient contraints de le recopier en guise de punition, auquel cas, bonne chance.
Ce qui me chagrine c’est que, au lieu d’accepter cette réalité, de te préparer à l’université, de t’autonomiser, eh bien, aux plus hautes instances de l’enseignement post-obligatoire on recommence à avoir un discours d’enseignant d’école primaire. Finie, la récré. Je ne critique pas cela. Sans nos chers profs, nous serions des sauvages. C’est très bien les enseignants d’écoles primaires. Quand on a moins de dix ans. Quand la moitié de vos élèves sont majeurs, ça se justifie moins. Ces gens ont décidé d’en faire un collège 2.0 ; un machin obligatoire où on te tape sur les doigts, mais où tu dois choisir d’y aller et payer pour ça. Et entendre des frustrés te dire que tu le fais sur leurs impôts donc que tu n’as pas le droit de te plaindre.
Et à l’uni, on arrive, prêt à se faire battre et à devoir copier tout Eluard avec les voyelles en rouge et les consonnes en vert si on s’écarte trop de la ligne et on apprend que puisqu’on est grand (et qu'on est nombreux, donc ingérables) on a en fait le droit de se casser si on veut et pas venir aux cours, c’est bon. Ca fait bizarre de se sentir traité comme un adulte, d’un seul coup. La félicité dans laquelle on baigne s’atténue quand on vous dit que vous êtes sensé y aller quand même, mais bon. Enfin responsables. Enfin, on peut assumer les VRAIES conséquences de ne pas venir aux cours : on rate ses exams. Avant ça on injectait des difficultés artificielles : on te fait faire des tours de salle de gym, apprendre des poèmes par coeur, copier des pages de dictionnaires, te convoquer un samedi matin pour copier la moitié du Bescherelle, bref. Plutôt que te laisser assumer ton absence et le manque de savoir en résultant en te laissant avoir une mauvaise note, on te fait faire des trucs inutiles et stupides, juste pour te faire souffrir et que tu viennes en cours, non par volonté d’apprendre, mais par peur de souffrir plus. Ah?


«– Viens en cours, jeune mécréant !
– Non, je connais déjà le sujet, j’ai une moyenne de 6 partout foutez-moi la paix. On se voit au test.
– Eh bien, dans ce cas, je te fais copier un dictionnaire !
– Ah bon. Dans ce cas je viens.
– Je suppose que la menace t’a fait comprendre l’importance de venir apprendre des sujets que tu connais déjà !
– Non, tout ce que ça m’a appris, c’est à choisir le moins douloureux des deux maux. A choisir la solution de facilité, quoi. Très pédagogique. Surtout que plutôt que me mettre face aux vraies difficultés du monde vrai, ça en invente, juste pour que mes fesses coïncident avec la chaise que vous m’assignez en cours.»


"Tiens, c'est excellent pour la mémoire ! - Mais ça fait super mal ! - Justement, c'est mnémotechnique, allez, répète après moi Rosa rosa rosam SCHLAAK rosae rosae rosa SCHLAAK rosae rosae rosas SCHLAAK rosarum..."

       Le Collège 2.0 et les prophètes de Gym
Vous me direz que la «liberté académique», ce surnom impropre donné au je-m’en-foutisme des élèves, ne convient qu’aux abrutis de hippies vomis par centaines par Bologne, comme moi, qui font des études en lettres et peuvent se contenter d’un seul examen en fin d’année. En contrôle continu, avec un test toutes les trois semaines, comme l’imposent le programme, le suivi et la pédagogie gymnasiaux ce n’est pas possible. C’est pour ça que Blaise Richard dit dans l’article qu’il se passerait bien de «tous ceux qui courbent deux heures pour éviter un test» parce que ce n’est pas juste pour les autres que les «courbeurs» aient un délai supplémentaire pour réviser, parce que du coup le contenu du texte va s’éventer et que le professeur ne peut pas préparer et corriger huit versions du test selon l’agenda et les fantaisies des élèves. Mais il était déjà, de mon temps, complexe de manquer un test. Il fallait au moins un certificat médical ou, à défaut, composer une lettre relatant le drame qui vous avait empêché de vous présenter à l’appel du devoir. Eh bien aujourd’hui dans certains gymnases composer une lettre est nécessaire pour manquer un COURS DE GYM. UN. COURS. DE. GYM.
Bordel, on s’est inscrit au gymnase, pour aller à l’université ou simplement parce qu’on se savait pas quoi faire d’autre. T’es en VSB, bah tu vas pas aller faire un apprentissage, hein ? Allez, hop, au Gymnase. Et puis à l'uni. Suite logique. Studia studiam invocat. Les études appellent d’autres études(non, j’ai jamais fait de latin et ça se voit). Et sans que tu comprennes tu te retrouves avec trois postgrades en agronomie, physique quantique et littérature moldave du XIVe. Mais bon sang, qui a envie d’être forcé à faire de la gymnastique ?! La loi stipule bien que «Les études aboutissant à la maturité gymnasiale visent à élargir et perfectionner les connaissances des élèves, ainsi qu'à développer leur personnalité et leurs aptitudes, en vue des études universitaires ou d'une formation professionnelle de degré tertiaire» (Loi sur l’enseignement supérieur du 17 septembre 1985, art. 8§2)
Ah mais bien sûr, c’est parfaitement utile, niveau aptitudes de savoir jouer au tchoukball, je m’en sers souvent quand je révise, c'est mnémotechnique, aussi. Ou bien à faire du saut en hauteur, par exemple à la bilbliothèque, y’a pas d’échelles et on met des étagères bien en hauteur histoire que le savoir soit hors de portée des dilettantes qui courbaient la gym. C’est très utile, hein. Formidable. Ça développe mes aptitudes en vue de mes études. Connerie. Qu’au collège on le fasse parce que les profs de gym s’estiment porteurs d’un apostolat dépassant le simple cadre du savoir, passe encore. Et c’est ainsi qu’ils viennent dans un nimbe de lumière sacramentelle qui dégouline sur leurs baskets neuves, neuves parce que tels les Rex Nemorensis, les Profs de Gym ne peuvent pas fouler le sol du stade sans perdre leur force vitale, ils se déplacent en planant un demi-centimètre au dessus du sol et restent au bord du terrain à hurler des formules magiques en lançant des boules de feu pour que les rituels anti-graisse et anti-infarctus que nous effectuons portent leurs fruits. Quel sacrifice absolu qu’ils font afin de nous transmettre la force et la santé ! Ah bande de pécheurs que nous sommes, profs de gyms ! Abritez-nous de votre puissance, par pitié ! Sauvez-nous de la graisse et de l’inaction !


Le prof de gym, ce prophète méconnu.
Non, plus sérieusement, dans le cadre de l’école obligatoire, lorsqu’élèves et profs sont mandatés par l’état, collés ensemble dans des cubes de béton pour cinq ans, je peux encore comprendre que l’établissement scolaire se croit responsable de ma santé ; qu’un prof de gym un peu borné, estime de sa compétence de me maintenir en vie, soit. La brave bête croit à sa mission. Mais au GYMNASE ? Là où j’ai CHOISI de venir ? Au post-obligatoire ? Bordel, ce sont MES artères, laissez-moi m’en occuper, espèce de gouvernement invasif et lâchez donc cette poire à lavement, je vais bien.
Vous rétorquerez que l’obésité galopante justifie pareils choix. Est-ce votre mission que de lutter contre cela dans un laps de temps dédié aux études ? D’autant plus que lesdits cours de gym n’ont pas été inventés pour ça, ils existaient depuis bien longtemps, et se basaient justement sur les adages et les méthodes de l’école à grand-papa, un esprit sain dans un corps sain. Je vois ces spectres, ces images fantomatiques et délavées : Un professeur moustachu guide la gymnastique, un short remonté jusqu'au sternum par-dessus un marcel, probablement strié par deux bretelles, dont la couleur rouge est difficile à identifier vu la teinte sépia du fantôme musculeux. Ses élèves, tous vêtus à l'identique bondissent à l'unisson alentours, leurs bras et jambes s'écartent et se rejoignent au rythme de la torture éducative qu'ils subissent avec le sourire. L'athlète semblait issu d'une antique équipe de boxe française, ou peut-être d'escrime, le genre de connard gentilhomme qui après une défaite mémorable conserverait un enthousiasme bruyant et chauvin, "PARCE QU'APRÈS TOUT L'IMPORTANT C'EST DE PARTICIPER HAHAHA". Le sosie de Pierre de Coubertin hurlait à travers le temps et l'espace "ESPRIT SAIN... CORPS SAIN... LA DISCIPLINE EN S'AMUSANT... COORDINATION... VIVIFIER L'AME..." les sentences sportocrates se diluaient à travers le temps comme des litres d'encre lâchés dans l'océan et dont les tourbillons fulgurants viendraient s'échouer réduits à quelques filins aqueux grisonnants caressant les fonds marins, qui soudainement se muent en salles de gym. Salles de gym qui ont perdu l'aspect céramique de leurs sols vitrifiés qui cassaient sans peine les pommettes et les genoux qui avaient le malheur d'en faire la rencontre.
Oh mon dieu. Oui, c'est ça. Pierre de Coubertin. Je hais l'olympisme. Et puis, si le sport était si important, vous nous mettriez des notes et feriez échouer les élèves qui se révèlent incompétents, comme dans toutes les autres matières, musique et dessin y compris, merde. Mais bref, revenons aux absences, mes haines personnelles sont moins intéressantes.


Que de sincérité.
       Punitions
La démarche n'a pas changé, nous confie S., qui garde l'anonymat.
Etape 1. Une lettre pour te dire que c'est pas bien les absences, les oublis, les retards. Si t'es majeur, y'en a aussi une "pour information" envoyée à tes parents. Avertissements utiles, puisqu'une fois majeur tu dois te démerder avec tous tes problèmes scolaires, tes parents n'y ayant rien à voir.
Je me souviens d'une lettre semblable qui avait été envoyée à tous les membres de notre chère 2m5, pour nous dire que les absences c'était pas bien. Ils avaient vraiment réussi leur coup. On n'aurait pas dit une lettre-type, n'importe quel parent - dont les miens - en l'ouvrant aurait été scandalisé et persuadé que sa progéniture était une putain de graine de voyou. Certains, dont les relations familiales ont pu à l'époque se montrer conflictuelles, n'ont pas voulu envenimer les choses pour quelques absences au-dessus du seuil prescris, et n'ont, de surcroit, pas apprécié que le Gymnase tende ainsi la branche qui allait servir à les fouetter, non mais. D'où ces tristes sires qui malgré leur majorité sont assis sur le pallier à attendre, dans le froid de l'hiver 2008, dès six heures le passage du facteur, prétextant la perte de la clé de la boîte pour réceptionner la missive litigieuse et la détruire promptement. Dissimuler les bulletins, un gag qui n'est même plus drôle dans Cédric, passé 18 ans, sérieusement ? Gymnase, laisse moi gérer mes parents, merci.
Ensuite, si la "fronde" persiste, étape 2. Deuxième lettre, deuxième copie aux parents, qui annonce ta convocation un samedi matin, 7h50, ça fait plaisir. Là en général on raconte qu'on t'ouvre la porte avec un grand sourire en te disant que hahaha c'est pas si dur d'arriver à l'heure, hein ? Et après, c'est la gabegie la plus totale, des élèves dispersés çà et là, sans buts, qui doivent juste végéter attendant que l'horaire s'achève, que l'horreur s'abrège, dormant sur les tables ou lisant des livres qu'ils ont eux-mêmes apportés, puisqu'on ne leur donne même plus de travail à effectuer, nous dit ce témoin oculaire. Pédagogie !
 le jeune Charlemagne contraint de recopier un dictionnaire et qui marmonne "putain je vais lui défoncer sa race à l'autre connard, putain, je vais l’enculer avec les deux bras et applaudir" en signe de protestation. Malheureusement  Charlemagne ne sachant pas écrire, cela l'empêchât non seulement d'accomplir sa punition facilement, mais en plus d'écrire un pamphlet pour s'en plaindre. Mais bon, c'est pédagogique.


Etape 3. Convocation par le doyen et jour de suspension, l'exil. Pas le droit de mettre les pieds dans l'école, mais on te donne un truc à faire, genre recopier un ancien TM. Ne vous plaignez pas trop ! Peut-être qu'un jour vous devrez recopier le mien, là, ce sera moins facile avec toutes ces hachures...

Admirez le niveau logique des punitions, quand même. Les "jours de suspension" ou "refus de cours" qui sévissent ici ou là : tu as été trop absent, trop oublieux, trop en retard ? Eh bien, paf ! Dehors ! Vil maraud, tu n'as pas assez suivi les cours, c'est pas bien de ne pas aller en cours, pas bien du tout, alors on te prive d'école ! Quel est le but ? Te montrer qu'il est difficile de suivre les cours quand on t'interdit de les suivre et qu'on t'affliges de travail inutile ? Créer une situation de manque pour que tu te sentes obligé de prendre une double dose d'enseignement dès ton retour à l'alma mater ? On se plaint de l'absentéisme, drôle de remède. Pédagogie !

Et puis vient le temps de s'excuser. Il ne s'agit pas de politesses, nonon, ou alors de ces politesses très particulières qu'ont pu enfanter la bureaucratie et les papiers colorés neuf mois après leur nuit de bestialité contre-nature. Les petits formulaires roses qu'on devait remplir, cocher les cases de la semaine où on était absent et indiquer le motif. Il y avait une case "MALADIE ". Naïf que nous étions, nous pensions qu'il s'agissait là d'une pudeur, d'une coquetterie de notre chère Cité, qui n'oserait certes pas s'enquérir de bassesses telles que nos boyaux et les fluides corporels qui rechignent à rester à l'intérieur de ceux-ci, elle qui étendait ses frontons pierreux vers des cieux emplis de poésie, de philosophie et d'enluminures. Ce simple mot - MALADIE - nous semblait un sauf-conduit, un voile pudiquement jeté entre nos troubles gastriques et la rougeur des briques de la chaste Cité, déjà honteuse d'oser nous demander pourquoi nous lui faisions faux bond. Mais la déception venait : notre excuse avait été refusée, l'absence était considérée "injustifiée". Déniés, nos dysfonctionnements corporels. Ils veulent des preuves.
Déniés avec une constance similaire, nos problèmes familiaux ou météorologiques. Les tampons sévères de l'administration continuent de s'abattre en rythme. Vous n'arrivez pas à vous lever parce que vous avez le dos bloqué, décidez de venir l'après-midi, votre mal ayant diminué, et du coup la maladie semble feinte. On prétend vous démasquer. On affirme votre histoire impossible. Et un jour vous en avez marre. Vous voulez du pathos ? Vous en aurez. Paf, je me barre toute la journée, s'il faut ça pour que vous croyiez à ma douleur. On négocie plus entre nos problèmes et nos études, comme on devrait le faire, mais entre nos problèmes et les conditions de crédibilité de ceux-ci pour l'administration. Peu nous importe d'être efficaces, il faut être crédible, coco. On nous change en comédiens. Et les meilleurs passent.
Masque, Guy Fawkes, voilà. Pas trop de rapport, mais Anonymous est dans l'air du temps, depuis qu'on descend Megaupload.
   Les tardifs et les attardés
Après  la lettre fatidique de l'hiver 2008, les arrivées tardives (dues, peut-être, je ne sais pas, à la neige ?) au delà de trois, nous faisaient convoquer chaque matin à 7h15 au lieu de 8h15 pendant une semaine, afin de nous inculquer la ponctualité, dont on aura besoin "quand on aura un vrai travail", bien entendu. Argument de merde. Si c'est si important que cela d'être à l'heure lorsqu'on a un travail, hé bien révélez-nous quelles sont les conséquences des retards et absences de nos professeurs ! Ben oui, vous achetez des écrans plats d'un mètre trente de diagonale avec le nom des absents écrit dessus. Rajoutez leurs excuses ! On doit se soumettre à l'oeil inquisiteur du secrétariat, les feuilles roses virant parfois au rouge. Heureusement qu'on ment, mais même ces mensonges sont délicats à assumer. Maintenant, juste retour des choses pour le corps enseignant.


Et puis, je veux dire, on a souvent vu des profs virés pour avoir été absents ? Du temps du collège, j'ai parfois vu des profs recevoir un avertissement pour avoir lâché une plaisanterie grivoise lorsqu'une élève avait lu "il est parti avant que je ne le susse" lors d'un exercice de conjugaison. Ou un autre harcelé par des lettres de parents indignés parce qu'une photo le montrant au salon de l'érotisme avait paru dans le Matin Bleu. Ou d'autres encore recevoir un avertissement pour avoir cloué un Natel au mur de leur classe, parce qu'il avait eu le malheur de sonner et qu'il ne supportait pas d'entendre d'autre son que celui de sa propre voix. Aujourd'hui ça ne se ferait plus. C'est beaucoup plus dur de clouer un Iphone. Si c'était si important que ça, on devrait de temps à autre entendre un tambour résonner et annoncer que tel ou tel prof va être suspendu, expulsé, ou pendu sur la place du village pour avoir failli à son apostolat. Je peux vous donner une idée : si un prof est absent trop souvent, afin de lui apprendre la régularité nécessaire, expulsez-le la fois d'après ! Embauchez un vigile, dont vous prenez la paie sur celle du professeur, bien sûr, et envoyez-le garder la porte de la salle : il empêchera les élèves de sortir et le professeur de rentrer. C'est pas génial ? Poussez l'infantilisation jusqu'au bout.
Arrivées tardives, qui nous font convoquer une heure plus tôt toute une semaine. Soyez en retard une seule fois, c'est une semaine de plus. Je vous présente Luca Guarnaccia, dit "Guarnatche". Il vient chaque jour depuis les hauts de Villeneuve. Il fait un temps de trajet pas possible. Bus/Train/Métro. Dans l'éventualité où il doit venir à 7h15, il lui faut prendre le train de 6h à Villeneuve, qui arrive à 6h40 à Lausanne (il faut de la marge, en cas de neige, le train qui arrive à 7h04, c'est trop court) et avant ça il faut prendre un bus, ou aller à pied, en bref, il doit se lever à 4h30. Normal. Mais pensez-vous vraiment qu'il s'infligera ça ? S'il se voit arriver en retard, pour la troisième fois - ce qu'on ne peut qu'excuser vu le trajet et ses aléas - pensez-vous qu'il va entrer en classe avec un grand sourire et s'entendre dire que sa prochaine semaine va être un enfer ? Non, il va courber trois jours, et écrire "gastro avec hémorroïdes" dans la petite case "AUTRE" des petites fiches roses. C'est simple. Faîtes monter les enchères, nous on sort les masques et les capes. Ne soyez pas trop prompts à accuser Luca de tricher, le niveau de stress qu'il atteignait le rendrait facilement malade. Aujourd'hui, Guarnatche est étudiant en deuxième année d'Histoire à l'unil. Depuis, il a pris quelques cours de philo, étudié Épictète, et il va mieux. Il a néanmoins apprécié l'indulgence qui lui a été parfois accordée à l'époque et que désormais on veut bannir.

La maison de Guarnatche. Le petit point noir à l'horizon c'est l'arrêt de bus.

Surtout qu'on ne peut pas excuser un retard. On peut excuser une absence avec une fiche rose, demander un congé avec une fiche verte, mais il n'existe pas de fiche "tissu écossais" qui te permettait de justifier un retard. Et clamer que ton métro était en panne ne sert à rien, t'avais qu'à te lever à 4h30 comme Guarnatche, non mais. Les seuls qui ont réussi à excuser un retard, je crois que c'est Akim, David et Juan, si je me souviens bien. Ils avaient débarqué 20 minutes après l'heure prévue, en clamant qu'ils avaient un alibi. Ils étaient restés coincés dans l’ascenseur de la Riponne, et avaient un mot du concierge pour le prouver. Respect.
De retour au secondaire obligatoire, je devais remonter du stade de Coubertin en bus. A pied, en fait, on nous interdisait de prendre le bus, mais c'était impossible, après une heure de Gym de gravir ça en dix minutes. Le bus en retard, on n'acceptait pas nos excuses verbales : il nous faut un justificatif. Où est-ce qu'on en trouve ? "Il faut le demander au chauffeur de bus". Ah oui. On ne le dira jamais assez nos professeurs vivent dans un monde enchanté où les chauffeurs qui se rendent compte qu'ils sont en retard sur l'horaire, plutôt qu'essayer de rattraper ce retard en culbutant des ambulances et roulant sur les trottoirs, ils s'arrêtent de longues minutes supplémentaires pour rédiger un mot expliquant les raisons du retard du bus, tout simplement parce qu'un gamin arrogant lui le demande afin de se soustraire à la sévérité de ses professeurs. Et qu'est-ce que vous voulez qu'il soit écrit dessus ? "Problème technique", "Un mec s'est suicidé sous mes roues" ou plus simplement "y'avait des voitures sur la route et j'allais pas leur rouler dessus, connasse". Et si je suis dans le m2, là où la technologie remplace les chauffeurs ? Je tire le signal d'arrêt d'urgence ? Je leur envoie un message en morse via les caméras ? Non, mieux, on devrait étendre le système gymnasial - dont on prétend parfois qu'il doit nous préparer au "vrai travail" - et punir les chauffeurs de bus retardataires en les forçant à rédiger une lettre personnalisée à tous leurs passagers.


"Tu veux un… Justificatif ? Euh, ouais, c'est sûr, mais je dois avoir ça dans mon autre veste, celle que j'ai laissé au bout de la ligne DONC JE VAIS Y ALLER HEIN, PARCE QUE JE SUIS CHAUFFEUR DE BUS, QUE C'EST MON JOB ET QUE JE SUIS EN RETARD, PETIT MERDEUX !" 
Vous me direz, il suffit d'aller a posteriori aux TL ou aux CFF demander ledit justificatif. Mais on ne POUVAIT PAS excuser un retard, il faut dissuader le prof SUR LE MOMENT de mettre la petite croix sur la feuille d'absence à côté de notre nom, ou se faire porter pâle, parce qu'une fois tracée sur la feuille l'encre s'illumine, la croix incandescente rougeoie, un rai de lumière satanique s'envole avec un rire démoniaque jusqu'au secrétariat, où des pentagrammes maléfiques clignotent sur les murs. Là, le retard vient s'inscrire dans une grande stèle de marbre. Indélébile. Avec les conséquences punitives susmentionnées.
Que nous soyons ou ayons été des retardataires, nul ne le conteste, mais quoi de plus normal dans un système attardé ? Un système qui s'attarde dans des préaux révolus et persiste à executer des punitions d'un autre âge ne mérite pas forcément mieux.

        Et la liberté d'expression, dans tout ça ?
Alors les élèves se sont plaint dans le sens que je vous décris actuellement. Par le biais d'un pamphlet et d'un blog, tous deux anonymes et baptisés "Hypocri'cité" (Je…Cette tendance à faire des jeux de mots avec "Cité" écrit d'une police différente, je… Je défaille. Argh.). La Fronde s'organise. Et voilà la réaction amicale de la direction :
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs - à qui de droit, Veuillez retirer le site en question au plus vite de la circulation sur internet. Dans le cas contraire, nous nous verrions obligés de porter plainte pour diverses atteintes graves. Direction, maîtres et autres personnels sont mis en cause de façon caricaturale voire diffamatoire, ce qui est inacceptable. De surcroît, vous avez procédé à cette espèce de réquisitoire de manière anonyme, alors que vous ne vous encombrez pas de scrupules à mettre nommément en cause certaines personnes et à les exposer ainsi au vu et su du public !


Bien à vous,
(Suivent les signatures des doyens et autres plénipotentiaires qui semblent se vexer qu'on cite leur nom, donc laissons-les en paix.)
Autrement dit "c'est facile de critiquer derrière ton anonymat". Et voilà la réponse des élèves :
 

Madame la Doyenne, Messieurs les Doyens


Suite à vos réclamations, nous vous annonçons la fermeture définitive du site ce soir à 21h. Cependant, ne comprenant pas vos accusations, nous souhaiterions tout de même savoir en quoi notre journal vous a paru si subversif, voire diffamatoire ?
En effet, nous avons veillé au contrôle de son contenu. Nous avons ouvertement attaqué l’administration comme une sorte d’entité, pas comme des individus. Si certains des propos vous concernant vous ont choqué, ils n’ont paru que pour rendre à la situation actuelle toute son ampleur et sa véracité.
L’édition de ce journal, comme nous l’avons mentionné dans notre édito, n’était pour nous qu’un moyen détourné pour enfin être écouté et rendre compte de certains problèmes liés à votre nouvelle administration.Nous espérons tout de même que ce geste, que vous trouvez déplacé, n’aura pas servi à rien et que La Direction prendra ce petit journal, non comme une attaque personnelle, mais plutôt comme une requête de vos élèves, qui pour beaucoup nous soutiennent.
Si vous souhaitez nous répondre, l'adresse e-mail est toujours fonctionnelle.
Bien à vous, La rédaction et collaborateurs
Je ne sais pas comment la direction se défend, maintenant que le site est down, il est difficile de juger de l'ampleur de la diffamation. Les quelques feuillets(6 pages) qui me soient parvenus ne font état d'aucun nom. Aucun. Ils ne sont donc pas dénoncés dans ce message. Gageons que ça devait s'en donner à coeur joie sur le Tumblr Hypocri'cité (dieu que ce nom est laid, argh).


Fig. 27 : Comment la direction perçoit le dialogue avec les élèves.


Et le chantage à la justice, je ris. Franchement. On dirait ces parents incapables de maîtriser leurs mômes et qui les menacent "si ça continue, on va voir le médecin !" oui, c'est clair les médecins n'ont rien d'autre à foutre que faire peur à des gosses. Ou comme dirait Dr House : votre gamin vous fait perdre votre temps, alors vous voulez me faire perdre le mien. La justice a d'autres choses à faire que rétablir la sensibilité meurtrie de quelques professeurs et secrétaires indignés qu'on exige d'eux la perfection dont il est nécessaire de faire montre pour qu'on daigne vous garder au gymnase. C'est la menace Villepin : je vais porter plainte ! Mais on ne le fait jamais, parce qu'on a pas vraiment le temps, ni l'argent, ni la conviction qu'on va gagner. Et que la menace marche sans ça ! Le blog est fermé. Même plus besoin d'aller au tribunal.
Et toutes ces larmes, tous ces cris, toute cette solidarité estudiantine, tout cet affrontement bloc contre bloc, pour quoi ? Laissons parler les responsables (article du 24heures) :
Mais le constat est unanime: le taux d’absentéisme est en étroite corrélation avec le taux d’échec.
Oooh. Parce que ne pas venir en cours favorise l'échec. Hah. Prix Nobel. J'aimerais bien des chiffres, du coup, vu que mon taux d'absentéisme n'est pas particulièrement lié à mon taux d'échec(j'ai réussi, hin). Les statistiques ne veulent pas dire grand chose pour l'individu, lui qui devrait tant nous préoccuper.


On voit donc clairement que le taux d'échec est lié à l'absentéisme. Hrm. (lien)
Aussi, nombreux sont les établissements à prendre des mesures pour limiter les absences. C’est le cas du Gymnase du Bugnon où le nombre d’échecs des élèves de première avait atteint un seuil préoccupant en 2010-2011. «La conférence des maîtres a décidé de mettre en place un suivi plus rapide et plus intense des absences des élèves», indique le directeur de Sévelin et du Bugnon, Bernard Furrer, président de la Conférence des directeurs de gymnase. «Les sanctions tombent plus vite. Surtout, le dialogue avec l’élève et ses parents intervient plus tôt. Ce qui importe, c’est de ne plus laisser des élèves décrocher
 Dans ce cas, il faudrait peut-être que le suivi soit personnalisé, moins automatique. Et tienne compte des particularités de chacun, notamment ces gens qui sont capables de ne pas venir pendant trois mois et de faire 90% de réponses correctes le jour du test.  Seriez-vous mesquins au point de trouver à redire à celui qui réussit, malgré ses absences ? Le branleur doué, qui passe tous les tests, est-ce qu'on va lui retirer sa maturité sous prétexte qu'il a été en retard quatre fois, qu'il a cinquante périodes d'absence injustifiées ? Il a prouvé ses capacités, ne mérite-t-il pas le papier l'attestant ? Si vous répondez "non", c'est le mode d'évaluation lui-même qu'il faut mettre en question.

Tu es notre héros à tous, Awesome Senior Student.

Mais reprenons. 
(…) Pour Séverin Bez, il est tout à fait normal d’être «sans pitié» vis-à-vis de l’absentéisme.
Bigre ! Sans pitié ! A quand l'expulsion à la première absence ? Et il poursuit :
Les élèves ont choisi de suivre la voie du gymnase, et la participation aux cours est obligatoire
T'as choisi, donc t'as pas à chipoter. Mange ce qu'on te sers, avant que ça refroidisse. Et discute pas. Et le choix ne pourrait pas s'étendre au cours lui-même ? Choisir de venir, ou pas ?


       Liberté, un vain mot.
"Liberté académique" cet idéal que je semble appeller de mes voeux, en filigrane de ma complainte, n'est pas cette saturnale qu'on semble nous décrire. Le recteur de l'Unil commence l'année par nous rappeler que la présence aux cours est obligatoire. Mais que personne - à peu près - ne nous demandera de comptes. Notamment pour des raisons logistiques. Peu d'échec. Et peu d'absentéisme. Alors qu'avez-vous à gagner à cette traque minutieuse du dilettantisme sinon des tonnes de papier gâché, d'heures vides de sens et une tension artérielle croissant dangereusement ? 
Je veux bien passer à la critique. Il y a eu des erreurs. Mais ce qui est important, c’est que les objectifs sont sains. Même si des élèves grognent encore à la fin de l’année, je serai content si je peux annoncer une baisse des échecs.
Le but : un chiffre. Moins d'échec. Mais je ne pense personnellement pas que le but soit de faire réussir tout le monde, à tout prix, à marches forcées ; mais au contraire, d'apprendre aux gens à s'astreindre eux-mêmes au travail, à l'autonomie. Un élève qui n'en comprend pas l'importance échouera si on le livre à lui-même, certes, alors que le forcer à être là aurait pu le "sauver". Mais qu'y a-t-il de si malsain ? C'est son choix, de ne pas venir en cours, qu'il l'assume. Alors que punir tout ceux qui, pour des raisons indépendantes de leur volonté, ne peuvent faire acte de présence sous prétexte de sauver ceux-là me parait injustifiable. On nous laisse choisir de venir au Gymnase, qu'on nous laisse choisir de venir en cours. Et, enfin, vous pourrez dire qu'on a pleinement choisi, et qu'on doit assumer. Les classes seront moi remplies, certes, mais pleines d'étudiants attentifs, et celui qui n'écoute pas en classe vous pourrez clairement lui dire : si t'es pas content, casse-toi. Et le temps utilisé pour la chasse aux sorcières sera utilement redistribué aux élèves, à leur profit exclusif.

Et les réactions face à la Fronde ? Les autres gymnasiens se plaignent que La Cité se fasse encore remarquer, cette bande de hippies gauchistes, alors que c'est pareil partout. Les commentateurs du 24heures enjoignent les étudiants à aller faire un apprentissage, si ils sont pas contents. Et la direction ?… Hé bien, alors que je rédigeais ce texte, j'ai reçu d'un de mes fidèles informateurs :

Hein ? Pour de vrai ?


Réduit les sanctions ? Quoi ? Encore un rétropédalage ? Mais je croyais que vous deviez être "sans pitié" ? Si vous avez raison, quel intérêt de modérer votre action ?
En bref, encore un tour de vis, comme d'habitude sans effet et sans intérêt et qui se répète tous les un an et demi environ. Une piqûre de rappel. Après tout, les élèves restant trois ans, censément, si on multiplie les coups de semonce, ils n'en verront que deux, et ne comprendront pas la manœuvre, constamment avortée.

Qu'ils n'en comprennent pas le sens, d'ailleurs, n'est pas étonnant. Elle n' en a pas.

lundi 23 janvier 2012

Nouveau chapitre de Maîtres ! Dixième !

Pendant que des tas de Syriens s'entretuent, qu'ailleurs dans le monde il se passe des trucs pas jolis non plus et qu'Anonymous fait trembler l'industrie culturelle mondiale, ben moi, cher lecteur, je mets le chapitre X de Maîtres à ta disposition. J'espère qu'ils vont pas me foutre down mon site, les abrutis de 4chanistes Geekocrates avec leurs masques de Guy Fawkes. Non, je veux dire, avec le trafic hallucinant, le succès, les commentaires en folie, les dizaines de milliers de lecteurs, je crois qu'après Universal et Sony c'est mon tour, quoi.

Alors c'est gratuit pour cette fois, hein.
Y'en a encore qui arriveront à râler.
Je vous jure.



Chapitre X : Le Rebelle


Chapitre dessiné pendant l'été 2010