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lundi 26 mars 2012

Les Philosophes

Dessins en cours pour un projet de roman illustré. "Les philosophes"


PHILOSOPHIE!
Le personnage plus ou moins principal.

Le Prince d'Egypte, ou comment mettre tout le monde du côté des égyptiens.


Je me souviens qu'on avait diffusé ce film en cours d'histoire biblique, à l'école. J'avais huit ans, peut-être moins. Pas besoin d'ajouter quoi que ce soit, la moralité d'une histoire se montre d'elle-même. A part quelques endoctrinés, tout le monde dans la classe se rend compte qu'un Dieu qui décide de saccager un pays entier pour l'entêtement d'un pharaon plutôt que, mettons endormir les égyptiens pendant une nuit, ne peut pas être une source de moralité acceptable.

mercredi 21 mars 2012

jeudi 15 mars 2012

Maîtres : Fin du tome 1 ! Chapitre 15 !





Voilà, le dernier chapitre du tome I, un peu confus et très très long(58 pages).
Il faut vous dire qu'à l'origine, j'ai commencé un premier projet de Maîtres, format A3, très court : 48 pages pour le tome 1. Ca ne traitait absolument rien des thèmes évoqués ici. A chaque fois que j'avais une nouvelle idée, je me disais, hof, ce sera pour le tome 2.
Deuxième projet : en A4 cette fois, et qui nous conduit jusqu'ici. Les pages telles celle ci : datent de cette époque. J'avançais à vue, sans scénario préalable. Mais le personnage de Lucifer s'étoffait, de plus en plus de circonstances à raconter, Babylone, Hadès, il y avait beaucoup de matière. Et je ne pouvais plus juste me dire "bon, ben je ferai des flashbacks plus tard. J'ai donc recommencé le début. j'avais 200 pages, j'ai du en jeter 180. Et tout refaire. Tout : Le serment de Yassin, Lisa, Théo et Xavier, Babylone, le prologue, le comité des sceaux, la guerre des sceaux, le Typhon. Et j'étais super content parce que tout s'enchâssait et que les intrigues lancées au hasard trouvaient une signification, un écho et une continuation(là dans le tome 2 je suis tout fou). Sur un terreau très fantastique (à la base y'avait des anges et d'autres créatures surnaturelles) j'ai réussi à faire quelque chose de moins tape-à-l'oeil et de moins fantasy sans perdre la cohérence.
Mais mon style avait évolué, ou plutôt, j'en avais marre de passer une semaine sur chaque page. Ce qui était le cas. Quand j'ai pas de scénario, je peux m'acharner sur un décor, une fenêtre, un personnage pendant trois heures. Pour bien des gens cette page :
Est meilleure que celle-ci :
Mais la première est un résidu qui émane de la première version de ma BD, réalisé il y a quoi, trois, quatre ans ? Prenez ces dernières pages du chapitre 15 ici présentes : j'ai remanié 4 fois ma BD, toujours insatisfait ce qui donne entre deux cases des failles temporelles assez amusantes.
Bon j'ai fais d'autres trucs pendant ces années d'écart, hein, le tome 2, les chapitres du passé, etc. mais je remanie beaucoup.

Drôle de montage.
Loin de moi l'idée de chercher à apaiser le lecteur. La lecture devrait se suffire à elle-même, sinon l'oeuvre est ratée. Cependant, on doit tenir compte de l'évolution de cette BD qui restera sans doute au rang de mes oeuvres de jeunesse impubliable, comme le disait un de mes amis sans doute plus perspicace que moi-même quant à mes chances de réussite.
Par exemple, à l'origine "Le Tartare" c'était simplement le monde perpendiculaire dans son entier. Puis j'ai commencé à me dire Bordel, c'est pas possible qu'un monde entier soit sous la coupe d'un être omnipotent, tôt ou tard, il y a des divergences, des rebelles, des dissidences. Ca a donné la Première Hadèsion et les guerres Hadèsiales, ainsi que le redimensionnement du tartare : le tartare n'est plus qu'un pays.
Je crois que cette dialectique peut se retrouver également dans l'oeuvre de C.S. Lewis "le Monde de Narnia". On voit clairement qu'à l'origine le MONDE ENTIER s'appelle Narnia. Mais dans les ouvrages plus tardifs il semble rectifier : il existe un pays à côté, le Calormen, et Aslan ne règne pas sur la totalité du monde. C. S. Lewis montre l'alterité, ce n'est pas pour autant qu'il le fait bien, il suffit de voir les critiques d'un Pulman… Mais c'est un autre débat.
S'il y a un problème de netteté dans mon dessin aujourd'hui, il y en a un au niveau du découpage dans celui d'hier. L'intrigue entre Lucifer et Marilyn, ça aurait pu être réglé en deux pages, là ça en dure 30. L'affaire coeur&croix a complétement disparu du scénario pour diverses raison, je sais pas trop comment justifier le fait que Marilyn, scellière et maîtresse des éléments, donc super-balèze, tremble devant la menace d'une convocation chez le juge. J'ai deux trois pistes, mais c'est du jonglage, quoi.
 Par contre les trois pages où on voit le cerveau en puzzle, ainsi que guerre tombant des genoux de Yassin, celles-ci ont été faites hier. Littéralement hier. Et gommées/scannées aujourd'hui.

Tout ça pour dire qu'on n'opère pas 3 fois sans laisser des cicatrices, j'espère seulement que les sutures ne vous gâcheront pas la lecture.

Et le chapitre 14 arrive bientôt, promis. Ca parle de Lizzie et de la création des mâitresses des éléments, et ça s'appellera sûrement "La fille du Hadès" ou alors "Je veux une bite" je sais pas encore.

Bisoux.

vendredi 9 mars 2012

Quand il a tort, le pirate-euh.

AVANT-PROPOS
CE N'EST PAS UNE ATTAQUE DU PIRATAGE, MAIS DE CEUX QUI LE JUSTIFIENT PAR DES IMPÉRATIFS MORAUX
Je n'attaque pas le phénomène qui permet à mes amis de se cultiver et de cultiver leur âme en regardant des trucs géniaux, comme Game of Thrones (j'ai lu les livres je te spoile quand je veux, d'ailleurs je crois à la théorie que Jon ce serait le fils de *SBBAAAF*) ou Sherlock, Arkham Asylum (la BD pas le jeu vidéo) ou même des films de Chaplin, j'en sais rien. La culture se diffuse vite et mieux. Indépendamment de la qualité : ça permet aussi à des merdes intergalactiques d'avoir un succès énorme. Mais ce n'est pas mon rôle de juger, pas plus que le média ne discrimine ce qu'il transporte. Les gens choisissent.
Au fond, si tu n'as pas d'argent pour te payer 250 balles par mois de séries je comprends parfaitement. On peut trouver de bonnes excuses au piratage, mais pas de bonnes raisons. Ce que je critique en ces lignes c'est l'insistance puérile de se prétendre un chevalier de la liberté quand on n'est qu'un cinéphile au porte-monnaie en berne.
Toutefois je suis contre ACTA, PIPA, SOPA, bien sûr. Ce serait dramatique de me réveiller dans un monde où Nintendo attaque l'Angry Video Game Nerd en justice parce qu'il utiliserait du matériel copyrighté dans ses vidéos. La critique, la parodie, la recherche scientifique, ces facettes indispensables de notre culture, nécessitent de pouvoir citer des travaux antérieurs, et il n'est jamais difficile de discerner entre la citation anodine, le plagiat pur et simple et le fait de balancer une œuvre intégralement. Je dirai même plus : le plagiat au contraire des deux autres, se veut secret.
Je pense également que le "piratage" est toujours légitime quand ce n'est plus commercialisé (je découvre la Caverne des Introuvables… Un peu trop tard) je fais pas de mal à grand monde en jouant à des ROMs de Link's Awakening sur Gameboy. Ou quand on possède VRAIMENT l’œuvre originale : e.g. j'ai cassé mon CD de Civilisation III lors d'un déménagement. Étant obligé d'insérer le CD pour y jouer, je suis bien contrit, et je télécharge donc une version crackée. Je me dis que je fais pas de mal parce qu'en acquérant le CD j'ai acquis le droit d'y jouer jusqu'à plus soif, indépendamment du support matériel.
Si vous voulez tout de même lire, armez vous de patience et ne perdez pas des yeux que je me fais l'avocat du diable, l'avocat de gens qui souvent gagnent des millions, et qu'on jalouse intérieurement, parfois à cause de leur manque de talent, parfois à cause de leur manque de scrupules.
Oh et je déteste pas One Piece, c'est juste que j'accroche pas.

*
*    *


Je commence à en avoir marre des pirates, je dois l’avouer. Déjà Pirates des Caraïbes 4 il était à chier (La sirène elle bouffe le mec ou pas ?). On y voit des pirates qui ne volent plus rien, qui n’arraisonnent plus de navires marchands et se contentent  de chercher les trésors des morts, voire ce qui n’appartient à personne, i.e. la source de jouvence, comme si on avait pas assez d’immortels dans cette série(Entre les damnés pour avoir volé le trésor aztèque, les damnés pour avoir donné leur âme à Davy Jones et les zombies-esclaves-vaudous, maintenant la fontaine de jouvence).  En plus j’aime pas One Piece. N’essayez pas de me convaincre. Les schémas à la Naruto, “je veux devenir le plus grand des machinbidules”, ça me soûle. Pareil pour les mecs qui crient le nom de leurs attaques quand ils les effectuent. Imagine l’équivalent en vrai : des judokas qui hurlent "IPPON SEOOOIIII NAGEEEEEE YAAAA !" ce serait risible. 
Donc j'aime globalement plus les pirates. Au sens propre. Je pourrais m'en accommoder, vu que mes galions chargés de marchandise sont rarement pillés, lorsque je me balade au large de la Somalie.

Par contre, sincèrement, les "pirates" informatiques qui REVENDIQUENT le DROIT de télécharger toutes leurs séries ça m'afflige.
Cher lecteur, je ne m'illusionne pas sur notre bonté respective, moi-même je pirate, toi aussi probablement. Je profite du travail d'un autre sans reverser un seul centime en retour. Le dernier épisode de My Little Pony, pour prendre un exemple simple et non controversé, je l'ai vu par ce biais. J'ai sans doute plein d'excuses ! Déjà je dois utiliser mon argent pour acheter de l'alcool ou de vieux tomes écornés de la République de Platon. Et puis si je devais les acheter sur iTunes, franchement… Ils ont changé Derpy, quoi, ça se fait pas. Ditzy Hooves, ou je sais pas quoi, je prends pas. Des tas de gens regardent du Hitchcock, se cultivent, croissent, bref, se servent de cette facilité technologique pour étendre le champ de leur culture, et il faut admettre que c'est positif.
Mais quelques bonnes que soient mes raisons mes excuses jamais je ne prétendrai être dans le vrai, le juste et le bon.

Or il y a des gens qui brandissent ça comme un étendard, notamment les Anonymous. Tous ridicules, à mon sens. Mais ils ont des arguments, écoutons-les !
Alors, sale geekocrate, pourquoi télécharges-tu ? Ploum répond que :
Si je suis un pirate, ce n'est pas pour avoir de la musique à moindre coût.
Interdit de rire, les copains. Ploum dit ici que ce n'est pas par radinerie qu'il pirate. Ploum est sans doute millionaire et n'a que faire de dépenser son argent, il ne compte pas ses sous, pensez-vous, c'est pour l'honneur qu'il se bat. Chers majors, s'il vous délaisse c'est
"Car vous ne proposez pas un service pertinent
Aujourd'hui, lorsque je veux découvrir un artiste ou un film, je vais sur The Pirate Bay, je lance une recherche et je clique. En moins de 10 minutes, j'ai un film entier. En 20 j'ai la discographie complète d'un artiste.
Je serais prêt à payer pour un tel service s'il est aussi simple, aussi rapide et, contrairement à la Baie, s'il me garantit la qualité de ce que j'écoute. Mais vous n'offrez pas cela. Vous limitez, vous demandez des sommes folles payables uniquement par carte de crédit. Ce n'est pas pratique et c'est plus cher."
Compris les majors ? Il argue qu'il faut fournir un service aussi bien que the Pirate Bay, sinon ben j'achète pas chez vous. C'est facile, quand même. Je veux un film une semaine avant sa sortie en salles, SINON ben je vous l'achète pas. Et puis sérieusement, vous demandez un payement par carte de crédit, c'est inadmissible, je vous paye en cash, et pis c'est tout. Pour un mec qui prétend appréhender les rouages complexes de l'ère nouvelle inaugurée par Internet - que bien sûr les majors réactionnaires ne comprennent pas - je trouve assez étonnant de s'offusquer qu'on demande de payer par carte bancaire.
Et puis 1€30 la chanson sur itunes, c'est vraiment si inacceptable que ça ? Du temps des Jukebox, je pense qu'on dépensait bien plus ; et encore, pour une seule écoute. Tu te plains que c'est trop cher ? Tut-tut-tut, vous n'avez pas le droit de répondre, n'est-ce pas ? Ce n'est pas pour des raisons financières que vous téléchargez.

Car vous ne redistribuez pas mes sous correctement
Mes 200 CDs m'ont probablement coûté un total de 2000€. Auxquels il faut ajouter les taxes sur les CDs vierges que j'achetais pour installer Linux. Sur cette somme, combien ont servi à rémunérer les artistes et l'enregistrement ? 100€ ? 200€ ? Le reste s'est certainement dilué dans des postes dont je me passe très bien aujourd'hui : packaging, distribution, transport, marketing, …
Vos sociétés sont parmi les plus riches du monde. Les artistes que la majorité d'entre nous écoutent habitent dans des gigantesques villas. Les autres sont morts. Vous osez malgré tout me faire le larmoyant numéro du méchant internaute qui tue les artistes crêve-misère ?
Désolé, je pense que vous n'avez pas besoin de mon argent. J'ai volontiers soutenu les petits artistes via Flattr,Jamendo, CDbaby, Magnatune voire même directement. Pour le reste, vous vous passerez très bien de mes sous.

Tu soutiens des mecs sur Jamendo, ça te donne le droit de prendre absolument tout le reste gratuitement. Logique. Je ferai remarquer que sur Jamendo la musique est GRATUITE et la cotisation FACULTATIVE. (moi j'adore David TMX, découvert sur Jamendo. Faîtes gaffe, trop de poésie d'un coup ça peut tuer) Donc si ces "petits artistes" sont si bien que ça, pourquoi s'enquiquiner à aller chercher d'autres musiques sur internet ? Parce qu'elles sont tout aussi bien, voire mieux, peut-être ?
Dans ce cas peut-être que le marketing n'est pas si inutile que ça, puisqu'il a permis de mettre à portée de tes oreilles ce que tu réclames présentement. Sans ça tu aurais du passer des heures à trier dans les méandres de l'internet pour justement tomber sur la perle rare que tu aimes bien et te démener pour qu'elle ait ensuite plus de succès. Ce que tu sembles faire sur les sites que tu cites : trier et soutenir. Mais si ça te suffisait, tu ne piraterais pas.
Tu ne trouveras jamais le dernier Batman:the Dark Knight produit par des mecs avec des bouts de carton pendant leurs week-ends, il est des biens culturels qui demandent énormément de temps et d'argent, et quelle que soit la valeur culturelle que vous accordez à Batman:the Dark Knight, de talents.
Le pirate ne peut pas se limiter à ce qu'il trouve gratuitement, avec consentement de l'auteur, aux licences libres. Il a besoin de travaux que leurs propriétaires vendent, et sans payer. Mais il se sert de sa participation aux sites communautaires précités pour se laver les mains.
Là le pirate s'attaque aux ayants-droits, comme le meilleur des montagnards en 1790 : une élite de sales jean-foutre rentiers qui font une chanson et attendent ensuite que les millions leurs tombent dessus, alors même qu'ils ne travaillent pas ! Ils chantent 5 minutes et après ils se tournent les pouces !
Hé, coco, l'industrie culturelle fonctionne et fait du bénéfice sur des copies. Au théâtre on ne présente pas une pièce qu'une seule fois, un livre est imprimé à répétition, un film également. Une œuvre ne peut pas se rentabiliser avec un seul spectateur. Le pirate prétend que puisque cette copie est désormais simplifiée par la dématérialisation du support culturel (tout peut désormais être retranscris par des 1 et des 0, vive l'informatique), les métiers attenant à l'impression, la distribution et la gestion de ces copies doivent désormais être déclarées inutiles, puisqu'elles peuvent être remplacées par un fichier sur The Pirate Bay sans lésion pour leurs consommateurs. Et par conséquent le prix diminué et c'est pratique, le pirate n'a pas à bouger son cul de son salon. Chers tous, désormais, dès que vous ne serez plus utiles à un Pirate il se réservera le droit de souhaiter votre disparition.
Cette pensée n'est pas tant "pirate" que libérale, autrement dit : les emplois qui disparaissent le font parce qu'ils ne sont plus utiles, c'est une bonne nouvelle, les gens vont pouvoir s'occuper à d'autres activités, plus intéressantes que ce qu'ils faisaient. En soi on trouvait cette argumentation dans un autre article de Ploum, où il disait en substance : "les porteurs d'eau ont été remplacés par des robinets et c'est tant mieux. Les emplois disparaissent parce qu'ils sont inutiles"
En soit, c'EST une bonne chose, de pouvoir réduire la quantité de travail nécessaire à la diffusion des œuvres. Ça permet à un jeunot altruiste comme moi de mettre à disposition mes bandes dessinées pour les rares gens qui voudraient le lire. Mais je le fais de mon plein gré. Certains auteurs ne peuvent pas se repaître de la satisfaction puérile d'acquérir de la gloire sur internet (fût-ce sous la forme fantomatique de mes 50 lecteurs hebdomadaires, muets et souvent arrivés là par erreur, coucou vous). En outre, ça demande une dose considérable d'égo, comme tout blog, pour s'en satisfaire.

Ploum fait faux, à mon avis parce qu'il propage des clichés que l'industrie culturelle accole généralement aux pirates :
Je trouve qu'il reprend deux thèses que l' "industrie culturelle" colle souvent aux pirates-clichés et que ce faisant il correspond bien à l' "archétype de l'internaute que [les industriels de la culture] combatte[nt]"  :
  1. Le pirate n'achète rien, il consomme sans rien donner en retour. "Je télécharge tout et ne vous reverse pas un seul centime.(…) Et je demande à tout le monde de ne plus acheter de CD. Plus un seul." Alors que de nombreux éléments laissent à penser que de nombreux sériphiles et cinéphiles pirates sont parmi les plus gros consommateurs.
  2. Le pirate concourt ainsi à la ruine du système : Si je suis un pirate, ce n'est pas pour avoir de la musique à moindre coût. C'est parce que votre temps est venu de disparaitre. Parce que votre arrogance et votre suffisance n'ont d'égales que votre volonté de faire du mal à la société pour défendre vos misérables petits intérêts personnels. Comment prétendre ensuite que le "manque à gagner" desdits industriels n'est qu'un fantasme quand le "pirate" convaincu compte dessus pour mettre fin au système en place ? Et qu'il encourage d'autres gens à le faire ?

Et agir comme Ploum, je pense que ça ne fait que relancer le dialogue de sourds :
Universal dit "vous n'achetez pas et vous profitez du travail d'autrui sans contrepartie alors je vais faire du lobbying pour vous en empêcher avec des lois liberticides qui vont détruire internet, locker mes DRM, etc."
Ploum dit "Vous avez tort et c'est pourquoi je cesse d'acheter des produits chez vous parce que vous me pourrissez la vie."
Universal sort la matraque et dit "Ah-HA ! Je le savais ! Vous n'achetez rien ! J'ai parfaitement raison de faire tout ce que je fais, et je vais vous ramener à la légalité, mon petit bonhomme !"
Je comprends le raz-le-bol de Ploum. Mais je ne lui prêterais aucune capacité à faire progresser le schmillblick, disons.
Car ce n'est pas un réel boycott : en continuant à consommer le produit d'Universal le pirate admet qu'il en a besoin ; qu'il en veut, de sa came. Si le boycott était pur et simple ça signifierait clairement : je ne veux plus de vos produits, d'ailleurs je peux m'en passer. Et il n'y a plus de marché. Plus de demande. Universal en resterait comme deux ronds de flan. Par contre, continuer à consommer, ça laisse penser qu'il y a une demande et donc qu'il est possible, en la contraignant à la légalité, de l'exploiter et d'en tirer profit. Grosse différence entre "Je peux me passer de vous" et "Je ne le peux pas, mais je refuse de payer".
La promotion d'un système horizontal ne devrait-elle pas plutôt passer par : "tenez, voilà le lien d'un super artiste sur Jamendo" plutôt que "oh, fait chier, je ne peux plus télécharger le dernier Lady Gaga" ? 
Maudire l'obscurité ou allumer une chandelle, en somme. 
 
Dématérialisation fictive
La dématérialisation, parlons-en, parce que c'est précisément les supports les plus immatériels, à l'origine, qui se retrouvent en grand nombre sur internet : les films, les séries, bref, le cinéma.
Que vendait-on, à l'origine, dans un cinéma ? Le droit de rester assis dans une salle à regarder de la lumière projetée sur un écran. Si vous trouvez ça "matériel" vous êtes drôlement imaginatif. La bobine du film en tant que tel est bien solide, vous pouvez la tâter, mais le spectateur n'y a pas accès, il s'agit simplement d'un relais argentique entre la caméra et son œil. 
Maintenant qu'internet est là pour remplacer cette machinerie coûteuse, vous prétendez que la dématérialisation implique de penser différemment. Hé, oui, ils disqualifient absolument tous les exemples que vous pourrez leur donner en riant de vous, pauvre attardé qui osez invoquer une baguette de pain dans ce débat qui évolue dans ces sphères bien plus hautes et évanescentes !
En somme l'argument est le suivant : le bien culturel (film, livre, série, dessin animé, bande dessinée) est un bien non-rival. Autrement dit, au contraire d'une pomme, plusieurs personnes peuvent en profiter sans que ça altère la consommation. Vous mangez une pomme, fini, personne ne peut la remanger. Un livre peut se lire, se relire, être lu par d'autres au même instant, sans que ça gêne le moins du monde le producteur. Le livre étant déjà un bien non-rival - dans une certaine mesure - on peut essayer de voir ce que nous proposent ces nouveaux chevaliers d'internet. 
Imaginons un romancier, un éditeur et un tas de libraires. Et un modèle économique simple, donc faux.
Cette image n'est là que pour plagier Scott Mc Cloud et égayer un peu cet article qui est très long. Je sais très bien qu'avant même de commencer votre lecture vous avez tâté le terrain en défilant le long de la page. En voyant des images vous vous dîtes que c'est pas si mal, et vous êtes pris au piège. Mouaha.

L'idéal dans un tel modèle serait que le livre fasse un nombre de copies suffisantes pour couvrir les frais de production (dans le cas d'un livre : le manger, le loger, l'encre et le papier, mettons.) La fraction à effectuer serait donc Frais de production de l'auteur/Nombre de copies = Marge bénéficiaire de l'auteur. Le tirage ne dépend pas forcément de l'auteur, mais plutôt du succès présumé de celui-ci. L'éditeur se dit "bon, on devrait réussir à en vendre 1000 aux libraires", et fait un tirage en conséquence. Si il m'a couté 3000 balles de produire telle œuvre, à mille exemplaires, il faut que je me fasse 3 francs sur chaque exemplaire(la blague). Ça paraît évident. Ne serait-ce que pour me remettre en train pour produire l’œuvre suivante, si on admet que je mette la même somme à le faire. Admettons. A ces trois francs s'ajoutent les frais d'impression, de diffusion, et la part de travail que nombre de gens mettent dans ces différentes étapes. Au final le bouquin pèse 15 balles.
L'éditeur prend des risques, et doit présumer du succès de l'auteur pour rentrer dans ses frais, quitte à lui faire une avance, justement. Que faire ensuite ? Augmenter le tirage ? Baisser le prix ? Comment,  en affamant l'auteur ? Bref, il doit agir en conséquence, et spéculer sur le succès littéraire.


Une ère de partage de la connaissance horizontale et joyeuse, où on ira courir nu dans les champs en se récitant du Platon. 
(Ou alors on reste à la maison regarder Transformers 3 et on se plaint, ça va aussi.)

J'ai déjà évoqué le terme "système horizontal", pour parler d'un système de diffusion. Explicitons un peu. Il y aurait :
  • Le système hiérarchique : un vendeur/des acheteurs. Système vertical, le produit descend, l'argent monte et la relation est unilatérale. Un producteur, un diffuseur, un manager, etc. s'arrangent pour faire vendre à grosse échelle et faire la promotion des talents qu'ils ont dégoté.
  • Le système horizontal, par opposition, prend son essor sur internet et s'appuie sur les interactions des acteurs entre eux. Les internautes promeuvent la musique, paient pour, font de la pub auprès de leurs amis, etc. Les musiques se fraient un chemin vers la célébrité par leur seule valeur et le promotion assurée par les fans.
Le système hiérarchique a l'air tout triste, hein ?
Faisant fi de tout ce capitalisme dégoûtant - et fictif, dans notre cas - le pirate vous dit que tout ça c'est le passé : tu veux être lu ? Mets tes romans sur internet, avec éventuellement un système de paiement, et t'as gagné. En plus, comme ça coûte plus rien de les diffuser, t'as plus qu'à faire un prix très bas genre 6 francs, et tu touches le double de ce que tu touchais avant. Oh, bien sûr, tu n'en vivras qu'à partir de 500 lecteurs, mais ça c'est pas notre problème, t'as plus qu'à te démerder pour t'agiter sur internet et te faire lire. On a pu en voir un exemple avec Marc-Edouard Nabe, qui vend directement ses romans comme le faisait le sieur Dostoïevski (oui, il FAUT se comparer à un grand de la littérature pour avoir l'air classe) mais des romans papier, hein. Ça peut marcher à Paris, où la simple densité médiatique fournit un nombre hallucinant de lecteurs à Nabe parce qu'il a fait un roman, "l'enculé", sur l'affaire DSK avec du cul et tout. Vive la provocation, ça attire le populo, par contre un roman historique dans la Florence du XIVème siècle, ça sera plus dur à vendre.
Le nouveau modèle horizontal : L'auteur : "j’espère que ça vaut le coup... Au moins une plus grande part de l'argent me reviendra. Moins de gaspillage" La lectrice "Mon dieu cet auteur est trop génial, je devrais lui montrer mes seins" Comportement désigné par le nom de "Syndrome de Bastien Vivès"
Je le répète, supprimer les intermédiaires par l'informatique, c'est bien : plus d'impressions excédentaires ou de ruptures de stocksQu'un auteur débutant s'y mette, il se fera peut-être même plus d'argent. Ou pas, parce que des meutes de gens abrutis et habitués à considérer comme gratuit tout ce qui leur tombe sous le nez refuseraient de payer. Seule l’expérience nous le dirait. Par contre, prendre le fruit de l'ancien système éditorial, et le foutre gratuitement sur internet, ça c'est bâtard. On ne devrait pas forcer les gens à entrer de plain-pied dans cette ère nouvelle que vous prônez. Tu peux arguer tant que tu veux que ce sont des biens non-rivaux maintenant qu'ils sont sur ton ordi, les institutions qui les ont produites, ELLES, ne le sont PAS. Elles sont RIVALES. La bouffe que mange l'auteur, celle de l'éditeur, leurs frais divers, sont considérés comme de la merde. Et puis, nous rappelle Ploum dans sa grande sagesse, soit ils vivent dans des villas, soit ils sont déjà morts, alors pourquoi se priver ?


Oui, on sait, vous luttez pour la liberté et les bébés phoques mais on va parler de cinéma parce que ça nous concerne un peu quand même.
Et le modèle fictif ci-dessus, déjà risible, parce que peu d'auteurs peuvent s'endetter ou manger leur propre jambe pour survivre avant la vente de leur talent, devient carrément ridicule lorsqu'il s'agit d'évoquer le monde du cinéma, principal visé par la diatribe.
Principal visé, parce que le partage généralisé des livres aurait déjà été possible très tôt. Ça demande peu de compétences de recopier un livre à l'ordi en l'ayant sous le coude, et encore moins de le scanner en mode "reconnaissance automatique". Et ça demande encore moins de bande passante. 1 gigabyte et demi le film, ça passe difficilement avec un modem 56k. Le Nouveau Crève-Coeur en txt par contre, ça aurait pu. Mais non, ce n'est pas arrivé. Principalement parce que les gens s'en branlent. Ce qu'internet haut débit a changé, c'est la possibilité d'échanger rapidement des films, ce qui auparavant, relevait du fantasme le plus délirant pour qui n'avait pas le niveau de la nasa, et a du coup correspondu avec le désir du branleur moyen.
Faux de penser que la "dématérialisation" a changé quoi que ce soit :
Un livre ce n'est que de l'encre sur du papier, dans un arrangement très particulier, de même que les 0 et les 1 de vos fichiers .avi ne sont que de l'électricité délicatement agencée.
Toute œuvre n'est qu'un arrangement de matière qui diffuse de l'information. Toute œuvre prend plus de temps à produire qu'à copier. Qu'internet ait accéléré la chose change-t-il vraiment le raisonnement ?
En outre, la "dématérialisation" n'est elle pas une fiction ? Dans un cinéma on vendait le droit de rester assis devant un écran sur lequel est projeté de la lumière. Si c'est matériel, qu'est-ce qui ne l'est pas, à ce moment-là ?
Le cinéma et le théâtre étaient déjà des prestations non-rivales : si 50 personnes s'introduisaient par derrière dans une salle de ciné/théâtre (je l'ai fait, enfant, maintenant y'a trop de vigiles), ça ne nuit pas à la projection et ça n'empêche pas les autres d'en profiter (à part dans une très petite salle). 
Bien sûr vous me direz que la métaphore ne tient pas. Mais je ne suis pas le seul à faire des métaphores bizarres.
Une vidéo des Anonymous sur les dangers de l'ACTA donnait l'exemple suivant : vous prenez un cours de cuisine, vous mémorisez la recette. Eh bien, ACTA vous empêcherait de partager cette recette avec d'autres gens, parce qu'elle serait copyrightée ! Je pense qu'il y a désordre dans cette métaphore :


  1. Il y a une différence de contenu : une recette de cuisine fait état de la manière de transformer des éléments que tout le monde peut trouver en un plat défini. Si vous aviez la recette d'une oeuvre du genre "Mélanger la farine, le beurre et le silicone. Laisser reposer. Donner la forme d'un DVD et sécher au four. Insérer dans le lecteur. Bravo ! Vous venez de produire un épisode de Dr House !" ou "je lance la fonction x puissance racine 27ème de pi, je multiplie par huit trillions, je cherche la bonne valeur, je passe en binaaaire-euh, je convertis en .avi eeeeeet, PAF ! Voilà the Avengers : assemble, tout beau, tout propre !" ou encore "je tape ma tête sur le clavier, ça donne le chapitre 1 de Twilight" personne ne pourrait rien vous dire, puisque vous avez été puiser dans une chaîne causale différente de celle de l’œuvre originale, et à ce titre vous pouvez vous prétendre créateur tout autant que l'auteur. Si par contre on peut remonter de votre oeuvre à la sienne, non. Si on abordait la question du droit industriel, des brevets, et, par exemple, le fait qu'Apple garde ses plans d'iPad secrets, ce serait plus pertinent.
  2. Il y a une différence d'échelle : une recette peut se mémoriser ou se noter sur un coin de papier, allez donc vous rappeler des 1.42 GB de  The Adventures of Tintin, on en recause après. Je crois que c'est du même domaine que ce qui était toléré lors de nos dissertations estudiantines surveillées en classe : les ouvrages sur lesquels portaient l'examen nous étaient souvent interdits, au motif qu'on cherchait à évaluer notre mémoire en même temps que tout le reste, pas notre capacité à piocher des citations comme un talmudiste. Toutefois si on se rappelait d'une ligne sans le livre, rien ne pouvait t'empêcher de le mettre vu que tu le sortais de ton ciboulot, comme un grand. Il y a une limite intéressante, ici, même si la situation est différente : l'esprit humain. On ne pourra de toute façon pas interdire de reproduire ce qui peut être mémorisé d'une œuvre par le simple visionnage de celle-ci.  L'Odieux Connard spoile un film de long en large de mémoire, par exemple. Si le simple fait de chantonner une chanson entendue à la radio était passible d'amende, qui se risquerait encore à écouter de la musique ? Une recette de cuisine ou une mélodie peuvent être apprise par un être humain normalement constitué. Le contenu de Walking.Dead.S02E10.HDTV.avi, ne le peut pas.
ACTA vue par les Anonymous. Non je sais, c'est pas bien,
je suis contre tout ça, mais  niveau "c'est satan", bof.
Bien sûr c'est pas moi qui écrit l'ACTA. Le monde est mal fait.
Toute métaphore fait abstraction d'éléments parfois essentiels avant de poser un signe "égal" entre deux choses. D'où son côté généralement inadéquat dans une argumentation. On voit souvent les adeptes du piratage disqualifier les accusations  qui leur tombent dessus (principalement contrefaçon et vol) en arguant la différence de support. Qu'il est ridicule de parler de baguette de pain dans ce monde informatisé ! "En téléchargeant, je n'ai rien détruit ou soustrait, je n'ai fait que multiplier une œuvre", peut-on lire ici ou là. Argument des biens non-rivaux, évoqué également dans la vidéo de l'Ermite Moderne sur la fermeture de Megaupload.  Le pirate n'a aucune peine en général à dire que le changement de support change absolument tout, en arguant toutefois que le piratage c'est 
  • "la même chose qu'enregistrer un film à la télé"
  • "la même chose qu'emprunter un livre à la bibliothèque"
  • "la même chose qu'enregistrer une cassette à la radio"
  • "la même chose qu'acheter des trucs d'occasion, qui ont déjà rapporté de l'argent à l'auteur et n'en rapportent plus"
Alors que non, c'est pas la même échelle, il faut pousser loin pour croire que prêter un CD à un ami c'est la même chose que mettre un single à disposition de millions d'inconnus. 

Mais on s'égare nondidjou
Mais reprenons la prose de Ploum (je saute des passages, et je vais dans le désordre, si vous voulez lire son pamphlet en entier cliquez ici) :
Votre matraquage et lobbying incessant est un succès, la majorité de la population a bien compris l'importance de la « propriété intellectuelle ». Copier, c'est mal !
 On remercie Locke, Hegel et Kant qui, entre autres, ont contribué à ce matraquage intensif de "l'industrie culturelle", industrie qui a bien entendu inventé la propriété intellectuelle avant même d'exister.
Grâce à vous, les écoles n'osent plus donner cours en utilisant du matériel élaboré.Les enseignants ont une peur bleue de se faire attaquer en justice.
Moi, mes profs me montraient des films alors même que s'affichait à l'écran "ce film doit être consulté exclusivement dans le cadre privé, etc." et autres "PIRATER C'EST DU VOL ! LE VOL EST PUNI PAR LA LOI !" et tout le monde s'en branlait. Mes profs étaient des pirates, ils risquaient leurs vies.
À tel point que donner un mauvais cours est préférable que prendre le risque d'utiliser une œuvre copyrightée.
Qu…Quoi ? Il faut des œuvres copyrightées pour faire un bon cours ? Euh, je ferai remarquer que les mauvais profs n'ont nul besoin d'ACTA pour être mauvais. Et si t'as besoin de Spiderman 3 pour rendre ton cours bien, c'est qu'il y a un problème. De quels professeurs parle-t-on ? Prétendrait-on que les profs de français n'usent plus de livres récents ? (et encore, "récents", Bergson vient de passer dans le domaine public du fait de sa mort en 1941).
Certains professeurs eux-mêmes ne partagent plus leurs cours avec les nouveaux ou les stagiaires, arguant que le travail est « leur propriété intellectuelle ». Et lorsque les enseignants suivent des formations dispensées par l'état, financée par les deniers publics, on annonce aux participants que le matériel de la formation peut être consulté gratuitement mais doit être acheté pour pouvoir être utiliser en classe.
Là je dois admettre que je connais pas trop l'envers de ce milieu. Mais qu'un prof ne veuille pas partager son cours, ça se conçoit.
Vous être en train de détruire ce que la civilisation a de plus cher: le plaisir de la culture, le partage de la connaissance, l'entraide, le développement personnel et l'éducation. Cela, je ne le vous pardonnerai jamais. Si je n'agis pas, mes enfants auront plus peur de copier un livre copyrighté que de voler dans un étalage ou de donner un coup de couteau. Crimes qui sont d'ailleurs moins punis par la loi que le partage de musique sur Internet.
C'est la fin du monde, ma bonne dame, tout fout le camp.
Mais ça se rapproche un peu d'un autre argument souvent évoqué, pas par Ploum, mais par trop d'autres, souvent vaguement punks, souvent vaguement rebelles, qui critiquent la société de consommation en matant Game of Thrones :


L'industrie culturelle corrompt la culture
Bien entendu la culture mondiale est aseptisée par les majors qui ne font que de la merde, la télé c'est du caca, tu vois moi je suis underground, alors pour protester je pirate.
Le raisonnement étant.
1. Ce que proposent les grandes sociétés de disque est nul.
2. Je devrais avoir le droit de le télécharger.

On dit que c'est de la merde, et ensuite on revendique le droit de l'avoir gratuitement. C'est fabuleux. Le raisonnement est minoritaire mais il a cours.
Ensuite il y a l'idée, bien entendu, que la culture appartient à tous et pas à ceux qui la produisent. Un peu comme dans ce film "Il Postino" où un facteur copie un poème de Pablo Neruda en le signant de son nom, afin de draguer de la gonzesse. Il argue que la poésie appartient à celui qui la lit pas à celui qui l'écrit. Ouais le plagiat, c'est de la blague.
La culture ? sérieusement ? L’œuvre de Victor Hugo n'est même pas encore complètement sur Wikisource, alors va trouver ce qui manque et recopie le dessus, si t'es si attaché à la culture ! Dis nous quels sont ces magnifiques artistes que tu as trouvés gratuitement sur Jamendo ! Fais leur de la pub et promeut la culture libre et gratuite ! Mais non, le "pirate" ne le fera pas, pour la même raison qu'il ne lit pas tant de livres que cela sur son ordinateur : parce que ça demande des efforts. La musique et le cinéma sont des médias qui se passent de participation ; tu tends l'oreille, tu tends les yeux et tu te laisses gaver. Le livre, par contre, faut bouger les yeux sur l'écran, c'est fatiguant. Avec un Kindle passe encore. Pareil pour la bande dessinée. J'imagine que c'est ce qui fait que pour l'heure les deux restent relativement épargnés par le phénomène en dessous d'un certain taux de succès : sur the pirate bay UN seul torrent sur Yourcenar(l'oeuvre au noir+les mémoires d'Hadrien), avec 2 seeders/1 leecher ; TROIS sur Gaston Lagaffe, deux étant des films... Par contre pour Walking Dead et Harry Potter y'a du monde, là, pas de soucis. La ligue des justiciers aussi, ce genre de comics blockbuster. Le seul truc français du top 100, c'est David Guetta. Oui, je sais, moi aussi.
Le piratage ne touche une œuvre qu'à partir d'un certain succès, nous sommes d'accord. Il faut bien reconnaître que le piratage permet une plus grande diffusion de la culture, mais c'est majoritairement une culture de blockbusters américains, bordel, précisément ce contre quoi vous prétendez lutter. Il n'y a qu'à voir le top 100 de The Pirate Bay. Que Ploum parle des "artistes que la majorité d'entre nous écoutent" qui "habitent dans des gigantesques villas" montre qu'il en est parfaitement conscient.
Je veux reconnaître à Ploum son engagement pour le logiciel libre et l'opensource, mais ce serait risible de prétendre que tout le monde est dans son cas. La plupart des utilisateurs de TPB sont des branleurs radins (comme moi) qui ne veulent rien de plus qu'un peu de détente ou de rire, de zombies ou d'explosions ; qui vont aussi sur 9gag et qui sont super contents de voir un post 9gag avec la tête de Dave Grohl qui dit qu'il aime bien le piratage parce que ça les conforte dans leur habitude crasse, c'est très bien.
"Ca existait avant donc ce n'est pas un problème" Mais dîtes-voir on pourrait légaliser plein de trucs comme ça, non ? Vive 9gag.


9gag, d'ailleurs.
D'ailleurs est-ce que tout ça n'est pas un effet 9gag, sérieusement ? Des mecs passent des heures à agencer des pixels moches pour faire des rage comics dans le seul but de faire la Home Page, de décrocher un peu de l'estime générale, d'avoir le plus de "likes" (ou de piquer le travail d'un autre sur Reddit/Membase/4chan ou autre étape de la digestion memesque du web). Alors que tout le monde commence à se prendre pour un artiste grace à TumblrMyspace4chan ou que sais-je, et ils se flattent l'égo avec ces likes et ces commentaires. Et ils projettent leur situation sur les artistes, comme si tout ce qui intéressait lesdits artistes c'était la même célébrité évanescente qu'ils poursuivent sur leurs médias de merde, et qu' ils ne leur font donc que du bien en profitant de ces œuvres et en en parlant autour d'eux, la seule chose que peuvent espérer ces troubadours. Comme si en donnant plus de célébrité à l'artiste, en offrant à l’œuvre du temps de cerveau disponible, on donnait bien mieux que de l'argent et on était dispensé dès lors de faire plus.


Parce que le piratage reste un putain d'anneau de Gygès
Rappelez vous cette fable évoquée dans la République : un humble bonhomme trouve un anneau qui permet de se rendre invisible. Alors même qu'il n'a jamais eu aucune pensée fourbe jusque là, il en profite pour tuer le roi et se taper la reine. Moralité : tous ceux qui peuvent commettre l'injustice en toute impunité la commettront parce que ce sera toujours à leur avantage.
Le p2p est un anneau de Gygès. En trois secondes on peut avoir tout ce qu'on veut. Et la facilité remplace le droit. Ce qui est facile est forcément bon, puisque accessible. Le monde n'a qu'à s'adapter.
Le pirate ne prend aucun risque. C'est pas les huit milles lois "liberticides" de ces dernières années qui vont y changer quoi que ce soit, surtout que l'Internet ne semble prendre conscience de ces discussions de lois que depuis que Mégaupload a fermé. Pouf t'as plus de Grey's Anatomy ni de How i met your mother et tu te transformes en un putain de défenseur des droits civiques. Tant que t'as pas à bouger de ton salon.
Si c'est faux, alors pourquoi les pirates ne s'empressent-ils pas de scanner des livres ? De filmer des pièces de théâtre à l'insu des acteurs ? Parce que bon d'après vos théories vous y avez parfaitement droit, ça appartient à l'humanité entière, etc.
Mais ça demande des efforts. Et filmer depuis une salle de ciné le dernier fast&furious 24, ok, y'a de la demande ; mais prendre sur soi de cambrioler le talent de médias devenus plus marginaux, ça, non.
Les médias marginaux justement. Parce qu'au nom de la diversité culturelle on met à mal la diversité des supports matériels. Numérise-toi ou meurs.

Donc on aurait le droit de forcer le théâtre à devenir du cinéma, par exemple ?
Ca me permet justement de revenir sur une comparaison donnée par l'Ermite Moderne dans sa vidéo sur la fermeture de Megaupload : on avait argué par le passé que la télé tuerait le cinéma, le cinéma le théâtre ; la vidéo, la radio et l'impression, le livre. Donc aujourd'hui quand on affirme qu'internet fait du mal à la culture, c'est n'importe quoi ! Je pense que ça ne tient pas. En effet, à aucun moment un de ces médias ne s'est mis à engloutir les autres comme le fait internet. Prenons l'avènement du cinéma. Si on avait filmé toutes les pièces de théâtre qu'on jouait alors avant de les diffuser deux fois moins cher au cinéma, là, ça aurait été la guerre. Or tous les arguments évoqués tiendraient : vous devez vous adapter, chers acteurs et chers dramaturges. Ce support est plus pratique et plus facile à diffuser, vous n'avez qu'à jouer la pièce une fois, il y a plus de possibilités, etc. etc.
Si on avait pensé comme ça à l'avènement du cinéma (oui, bon, en le supposant parlant dès l'origine) quelles conséquences ?
On a des MILLIARDS d'arguments pour forcer le théâtre à devenir du cinéma, alors pourquoi ces glandus persistent à gesticuler en mode "moyen-âge" ? Et pourquoi respecter leur propriété intellectuelle d'ailleurs ? Filmons les en cachette, tiens, et on les emmerde.
Le cinéma n'a pas tué le théâtre parce qu'à aucun moment il n'a cherché à le remplacer. Il a commencé un nouveau média, un nouveau mode de diffusion et ne s'est pas enquiquiné à filmer en douce toutes les pièces possibles pour les diffuser à plus grande échelle afin de "mettre fin" à ce "système arriéré" qu'est le théâtre.
Là est ce qui me gêne. La volonté de mettre fin à un système qui "ne marche pas".
S'il ne marche pas, inutile de s'embêter à l'attaquer. Créez un nouveau système, participez aux sociétés horizontales qui se mettent en place sur la toile, et délaissez complètement le produit de cette industrie, comme je le disais plus haut.
Parce qu'en écoutant une musique ou en regardant un film, on lui confère de la valeur - sinon on ne le regarderait pas. 
Parce qu'à mon avis, dans le meilleur des mondes, la valeur mérite salaire.

 Et je conclurais cher lecteur persévérant
Si vous avez mieux à faire de votre argent qu'acheter des séries, n'avez vous pas mieux à faire de votre temps que les regarder ?
Le temps c'est de l'argent.
Prenez garde à ne pas gâcher l'un pour l'autre en prétendant échapper au piège.

jeudi 8 mars 2012

Le calembour machiste du jour(qui ne parle ni de vaisselle ni de cuisine !)


Oui, j'ai osé representer le viol d'une femme en cette sainte journée internationale des femmes, lapidez-moi comme le vil phallocrate que je suis.