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dimanche 24 juin 2012

Les symboles universels (+Jeu du Phénix)

Il n'y en a pas.
Par définition un symbole, c'est un putain de truc qui signifie un autre putain de truc, par convention. Parfois c'est fondé. Parfois ça a même un sens parfaitement logique ; le petit bonhomme sur la porte des toilettes a deux bras, deux jambes et une tête vaguement ronde comme vous. Néanmoins tant que personne ne se décide à faire le lien entre le symbole et le symbolisé (ou le signe et le signifié), il n'y a pas de liens entre les deux.
En sciences humaines, le pouvoir de créer des symboles est toujours étudié avec attention au vu de son  rôle important dans la pensée humaine (Clifford Geertz va jusqu'à définir la culture - et la religion - comme "un système de symboles"). C'est la capacité à symboliser qui nous permet de remplacer un concept par une suite de sons (la parole) puis par une suite de petit dessins, à savoir l'écriture.
Simplement cela se fait par consensus, en se mettant d'accord et par le geste préhistorique de pointer des objets du doigt en grognant. A partir de maintenant le "gros-truc-jaune-dans-le-ciel" s'appellera le "grouangagha" et ceux qui usent de vocables divergents seront ramené à la raison à coup de massue dans le cul. Il n'y a aucune raison FONDAMENTALE pour que le son "A" soit exprimé par ces trois traits que sont la lettre "A". C'est bien simple, si le processus de symbolisation était universel, tout le monde aurait le même alphabet.

Des symboles. Pouvez-vous deviner automatiquement ce qu'ils représentent ? NON ! PARCE QUE C'EST ARBITRAIRE, PUTAIN !
Les symboles varient donc. Pourtant y'a toujours des connards pour te dire que telle plante, tel animal, ou tel dessin c'est le SYMBOLE UNIVERSEL DE TRUCBIDULE comme si c'était universel et omniprésent et que toute personne en voyant une rose s'exclamerait que ça signifie l'amour, que l'âne que lui évoquerait la stupidité et qu'elle ne pourrait qu'être traversée de répulsion en voyant une croix gammée. Et tout ça alors que la Rose a également symbolisé des choses aussi ridicules ou grandioses que les Tudors ou le Parti Socialiste ; que l'âne serait plutôt ailleurs un symbole d'obstination  et de zèle et que la svastika fut à l'origine un symbole très positif dans les peuples indo-européens, avant d'être récupérée par Hitler et qu'il en change précisément le sens. Malgré le poids des symboles et l'inertie adjacente à celui-ci, les symboles changent et divergent. Si les symboles changent, ça veut dire qu'il n'y avait pas de nécessité, que rien ne l'obligeait à signifier ceci ou cela et que l'action humaine peut faire signifier n'importe quoi à n'importe quoi. Donc pas de symboles universels.
Attention, là tout à coup des gens me tombent dessus, me traitent d'idiot, d'homme théorique et vont prétendre ensuite que je dis que les symboles ça n'existe pas, et vont penser réfuter mon propos en me montrant deux peuples distants qui auraient des symboles semblables. Mais vous n'aurez pas compris. Ce que je dis idiot c'est l'approche "dictionnaire des symboles" qui vous explique que de toute éternité et sur toute la planète telle plante a telle signification. Parfois c'est nuancé d'un chouïa d'approche historique, mais si peu…
Il en existe bien quelques "universels". Typiquement : la lumière c'est bien, les ténèbres c'est mal. C'est principalement dû au fait qu'empiriquement on a du mal à se démerder dans l'obscurité et qu'on a plus tendance à s'y faire bouffer. Par conséquent "ténèbres = mal". Ainsi comme le diraient Jung ou Kerenyi, il y a des universels purement biologiques et corporels que partagent tous les hommes. Tous les hommes doivent se nourrir, déféquer, produire leur nourriture, se brûlent quand ils approchent trop d'un feu, préfèrent la lumière parce qu'on voit mieux, fuient les morts, etc. Et par conséquent il va y avoir des réactions universelles quant à ces points communs corporels. Et donc, il y aurait bien des mécanismes de l'esprit qu'on retrouverait dans toute l'humanité.
De même l'approche évolutionniste tendrait à nous amener à des conclusions semblables. Exemple : la peur des morts. De façon très répandue, on trouve à travers le monde une sorte de répulsion envers les cadavres. Ils seraient "impurs", on aurait peur qu'ils nous contaminent. Rationnellement on pourrait dire qu'ils risquent pas vraiment de nous faire du mal – la plupart du temps – puisqu'ils sont morts. Quel est alors l'utilité de cette peur ? Eh bien, en se décomposant, les cadavres deviennent de véritables nids à bactéries, ce qui n'est pas super sain. De même il se peut que le défunt ait simplement succombé à une maladie. Par conséquent si une tribu passe son temps à dormir dans un monceau de cadavres alors qu'une autre les met à l'écart ou les enterre, cette dernière vivra globalement plus longtemps et aura donc plus de chances d'exister plus tard. L'approche évolutionniste dira donc que peut-être ces pratiques n'ont pas de sens ou de fondements mais permettent de survivre mieux et donc que seuls ceux qui les observaient sont parvenus à nos jours.
Par contre, l'inconscient collectif, selon lequel il y aurait des universels parfaitement arbitraires dû à notre inconscient partagé mais qui ne resurgiraient QUE pour expliquer des théories foireuses : c'est idiot comme concept.


Certains seraient tentés de généraliser. Si la lumière c'est universellement bien, alors ne pourrait-on pas dire que le soleil c'est universellement bien, puisqu'il produit la lumière ? Et de même en partant de ces universels très simples et en les combinant ne parviendra-t-on pas à obtenir une base plus large de symboles universels à propos de la lune, des étoiles, puis de chaque plante, chaque espèce et chaque couleur ?
Cependant Lévi-Strauss vient contredire ces freluquets audacieux qui auraient voulu étendre le raisonnement outre mesure :
Si les populations de l'Amérique du Nord peuvent considérer le soleil, selon les cas, comme un "père" et un bienfaiteur, ou comme un monstre cannibale avide de chair et de sang humains, à quelle diversité d'interprétations ne faut-il pas s'attendre, quand il s'agit d'êtres aussi particuliers qu'une sous-variété de plante ou d'oiseaux ? (La Pensée Sauvage, Plon, 1962, chap. 2,  p.87)

Voilà le problème de bien des anthropologues : certes on peut trouver des connexions entre divers systèmes de symboles (c'est même le point de départ du structuralisme, de chercher l'identité des structures) mais il faut qu'on explique pourquoi il y a cette connexion, sinon cela ne pourrait être que le fruit du hasard et n'avoir aucune importance pour notre propos. Il faut montrer que les populations qu'on analyse ont fait le même raisonnement, ou alors qu'elles sont entrées en contact et ont pu échanger des pratiques ou des symboles. Mais si, même pour le soleil - donc quelque chose que TOUT LE MONDE observe TOUS LES JOURS – et même dans une zone restreinte, l'Amérique du Nord, on trouve des significations divergentes, alors il n'y a pas de symboles universels. Point.
Pourtant il y a des connards qui continuent à le prétendre.
Soupir profond.

ET IL CRIE "THE DEMON'S CODE PREVENT ME / FROM DECLINING A TIMELORD'S CHALLENGE, WHAT ARE YOUR TEMRS ? WHAT'S THE CA-A-AAATCH ?" (référence : Tenacious D – The Pick of Destiny, Beelzeboss)



Un exemple, trouvé récemment dans Doctor Who, dans le double épisode The Impossible Planet/The Satan Pit. (02x08-09 de la nouvelle série)
Résumons l'histoire : le Docteur et Rose débarquent sur une station spatiale bizarre sur une  planète bizarre, mais c'est impossible ! Elle orbite autour d'un trou noir ! (Bon, dans les faits, c'est pas impossible, des tas d'étoiles orbitent autour de trous noirs présumés e.g. S2) C'est impossible. Les scientifiques de la base possèdent une race d'esclaves, les Oods, qui font tout ce qu'on leur dit, ils ont été créés pour ça. Bon, plein de choses se passent, le trou noir déclenchant des tremblements de terre. Un glissement de terrain emporte le TARDIS (le vaisseau spatio-temporel du Docteur) dans les profondeurs de la terre. D'ailleurs pourquoi vous êtes sur cette planète ? Ah oui, c'est vrai c'est impossible, donc comment vous êtes arrivés là ? On lui dit qu'il y a une espèce de cône bizarre anti-gravité, un tunnel acheminant à la planète et qui la maintient en orbite. Le Docteur statue que ça prendrait une énergie de 6 puissance 6 toutes les 6 secondes pour maintenir un champ de gravité pareil ! (666, très subtil) Et donc toute cette énergie d'où vient-elle ? Du cœur de la planète ? Peut-être qu'on pourrait se servir de cette énergie pour alimenter l'Empire ! Oui, c'est clair une planète au bord d'un trou noir qui tient miraculeusement - hypothèse - grâce à l'énergie qui est sous sa surface, ça me parait une super bonne idée de prendre cette énergie, tiens. Et ça va être pratique de l'acheminer à l'Empire. Enfin, bref, c'est pour ça qu'ils restent à forer sur cette planète. Comme d'hab', on aurait pas pu envoyer des robots ou même une race d'aliens esclaves COMME LES OODS, PAR EXEMPLE, NON, BANDE DE BRANQUIGNOLES ? Non, il fallait des hommes, histoire qu'on soit ému quand ils clamsent.
Donc, en gros, les Oods commencent à proférer des citations sataniques et à agir bizarrement.
On me dit "mais non c'est pas Satan c'est qu'un possibilité évoquée, on laisse planer le mystère" Euh ouais, l'épisode 2 s'appelle The Satan Pit, il se dénomme lui-même Satan et le Docteur le nomme ainsi également. En outre les Oods qui crient en choeur "Some may call him Abaddon. Some may call him Kroptor. Some may call him Satan...", ou qui annonce "The Beast and his Armies shall rise from the Pit to make war against God.", ouais, pas trop chrétien.
Un archéologue qui étudiait des fragments d'écritures trouvées sur la planète se retrouve couvert des symboles présents sur les tablettes, il a les yeux rouges et il est possédé par Satan, il commence à tuer des gens.
"Bouh, bouh, je suis possédé par satan, bouh, c'est très discret"

Bref, un puits sous Terre s'ouvre, où Satan est censé être contenu pendant que Toby, possédé et rageux de ne pas avoir de scènes à la Indiana Jones (ce pourquoi il est devenu archéologue, merde) finit par se calmer à moitié, un type menace de l'abattre mais c'est pour la blague. Ils décident de tuer les Oods méchants en balançant une vague télépathique qui les tuera tous, mais pour ça, ils doivent passer dans des tuyaux de canalisation et y laisser mourir un personnage secondaire de plus, scène au cours de laquelle on voit d'ailleurs que Toby est toujours méchant.
Le Docteur, descendu au fond de la planète, après que l’ascenseur se soit cassé, saute dans le puits, puisque sa corde n'est pas assez longue. Arrivé en bas, il se retrouve face à un démon géant et enchaîné, type Tenacious D, rouge et cornu.
Le Docteur comprend qu'il était attendu, puisqu'un coussin et de l'air l'attendaient en bas, pour amortir sa chute. Ce sont les geôliers qui lui ont préparé ce terrain. Le Diable se contente de lui grogner dessus, alors le Docteur se rend compte qu'il ne peut pas parler, puisqu'il ne s'agit que de son corps. Il n'entend plus la voix que tout le monde entendait avant, donc son esprit s'est échappé. En entendant la fusée quitter la surface, notre timelord comprend qu'il a pris possession de Toby. Simplement, s'il détruit le champ gravitationnel, la planète tombe dans le trou noir, et la fusée avec. Et Rose meurt. Donc le Docteur hésite, mais finalement, puisqu'il croit en Rose, il pète les pots, et la planète tombe dans le trou noir. Le Docteur trouve le TARDIS derrière lui, ce qui lui permet de s'échapper de la planète. Rose voit Toby les yeux rouges qui vocifère "I AM THE BEAST" ce qui n'est pas très discret, niveau s'échapper tranquillement. Elle détache la ceinture du polisson agité et tire un boulon dans le vitre, ce qui l'aspire à l'extérieur de la fusée, puis vers le trou noir. Le TARDIS tracte le vaisseau à l'extérieur et tout le monde est sauvé.
Bon, on revient sans cesse sur le fait que le Diable ne serait qu'une idée, et qu'on ne pourrait pas tuer une idée. Cependant j'ai une question : si le Diable a pu posséder les Oods et Toby juste avec deux trois fragments de poterie maléfiques, à quoi servait cette prison, vu que son esprit peut s'échapper ?
Et puis, là, on arrive à l'inconscient collectif. Notre gallifréen préféré demande au Diable "quel Diable êtes-vous ? Parce que vous savez, il y a beaucoup de religions depuis que vous êtes partis – Je suis tous ces diables." En outre il dit plus loin qu'il a été combattu "avant le temps" et notre timelord conclut qu'il serait "the thought at the back of every sentient mind", genre qu'il aurait marqué l'univers tellement fort que chaque esprit en garderait la trace. "Il y a des représentations de dieux cornus maléfiques partout dans l'univers", nous dit le Docteur. "Peut-être que c'est de là que vient l'idée."

…Euh, déjà sur terre y'en a pas beaucoup.
Certes, il y a des êtres maléfiques dans de nombreuses mythologies, me dira-t-on. Moui, mais des cornus rouges entièrement voués au mal et qui cherchent à y faire plonger l'humanité ? La plupart des méchants des différentes mythologies que j'ai pu aborder ne cherchent absolument pas à être  vénérés par l'humanité (tout de même caractéristique du diable, j'imagine. On voit dans ce double-épisode plusieurs références au fait que les Ood le vénèrent), voire s'en foutent complètement de l'humanité. Le Typhon grec, les titans, les géants sont-ils des diables ? Que font-ils de mal à part s'en prendre aux dieux ? Typhon coupe les tendons de Zeus, mais jamais il n'entre en contact avec l'humanité, de même les titans ne sauraient être si maléfiques, puisque les dieux en descendent. Les Asura hindoux sont certes maléfiques et il arrive qu'ils passent leur temps à perturber les sacrifices, kidnapper des donzelles, etc. Mais jamais ils ne cherchent à détourner le culte des dieux, ni à ce qu'on leur sacrifie (à ma connaissance) alors que la caractéristique essentielle du diable c'est qu'il cherche à détourner l'humanité de dieu.
D'ailleurs dans l'épopée du nain Vamana (un des avatars de Vishnu) celui-ci se présente devant les Asuras alors qu'ils sont en train de prendre le contrôle du monde et les interrompt… Quand ils sont en train de faire un sacrifice ! A qui sacrifient-ils, vu qu'ils combattent les dieux ? (au-delà du fait que le sacrifice védique a une efficacité intrinsèque, sans égards aux dieux, mais passons) Et s'ils sont si maléfiques, pourquoi les voit on effectuer un sacrifice, acte pieux, et l'apanage des brahmanes ? En outre, Vamana requiert un cadeau des Asuras, puisqu'il est brahmane, ils y consentent.* Donc les méchants respectent les brahmanes aussi ? Bref, les asuras sont plus les antagonistes des dieux que des personnages réellement maléfiques. Certains reçoivent même des dons de Brahma pour leur ascèse et leur bonté (l'immortalité ou des trucs du genre). En outre n'avoir qu'un seul être maléfique est très très rare. Les plus courant, c'est des dieux farceurs/chaotiques, type Loki. Ou alors des monstres énormes et inhumains, mais le plus souvent vaincus avant le commencement des temps (et bien souvent leur corps sert à construire le monde, une fois démembré)..
En outre, il cite plusieurs termes, émanant de plusieurs planètes, mais le seul terme terrestre c'est "satan". Pas le Typhon grec, aucun nom de Rakshasa hindou... La religion zoulou, j'en parle même pas ! C'est Satan ! Bim, chrétien.
Et les incohérences du type : "je me suis fait enchaîner ici avant le commencement des temps par des mecs hyper balèzes, par contre y'a des peintures de petits bonhommes sur les murs" je les pardonne souvent, mais là, bof, y'avait plus rien à sauver.
Un des Oods en transe, récite : "Some may call him Abaddon. Some may call him Kroptor. Some may call him Satan..."
Et surtout, dans la cafétéria : "The Beast and his Armies shall rise from the Pit to make war against God." OKAY LES MECS
Et les récurrences du chiffre 666, COME ON ! C'est de la théologie, point barre.
Disons Doctor Who trouve parfois des excuses à ses penchants universalistes : tout l'univers parle anglais parce que le Tardis traduit. Tout l'univers abrite des forme de vie humanoides parce que les Timelords ont imprimé leur forme sur le temps même. Mais là, si Satan est vraiment "la pensée primitive à la base de toute forme de pensée" dans tout l'univers, ça rejoint les théories de Jung sur l'inconscient collectif, ou le "cerveau reptilien", et ça m'énerve. Si il est vraiment à la BASE de tout esprit, c'est difficile d'imaginer que des gens puissent y échapper et faire des mythes sans y penser.
Autrement dit : si Satan est présent dans tous les esprits, POURQUOI seuls les juifs, chrétiens, et musulmans, l'auraient mis dans leurs mythes et pas les autres ? Deux réponses. Soit 
  1. Doctor Who refuse la catégorie de "religion" au shintoisme**, à l'hindouisme, à la religion égyptienne antique, à la religion grecque, aux religions nordiques, etc. pour ne l'accorder qu'aux "trois grands monothéismes". C'est dramatique, puisque réducteur et profondément ethnocentrique.
  2. Cette théorie ne fonctionne pas, puisqu'elle se passe sur notre Terre, on ne peut pas en négliger les conditions fondamentales.
"Tout le monde croit en Satan" c'est gros  comme la pluie ; principalement quand il est lié à une guerre contre les "fils de la lumière", qu'on parle de "guerre contre dieu", et tout et tout. On parle de choses UNIVERSELLES mais au fond, on reste monstrueusement chrétiens ! Et ça c'est terrible, que même en décrivant le fin fond des étoiles on reste chrétiens, ça montre un manque d'imagination, je trouveBref, ça veut dire quoi, que ce démon a inspiré des légendes à travers tout l'univers mais que seule la religion chrétienne a "capté" ses ondes maléfiques et en a fait des mythes ? Qu'il y a toujours une vérité derrière le mythe ? Que seuls les chrétiens ont raison ?
Parce que, oui, fournir de la réalité à un mythe c'est admettre que ses producteurs ont raison et que les autres ont torts. 
Et ce n'est pas le rôle d'une série de science-fiction de pontifier de la théologie, à mon sens. Du moins, ce n'est pas pour cela que je regarde Doctor Who.

Mais côté "symboles universels", on trouve aussi…

Le Jeu du Phénix

Voilà des symboles universels, d'après ce qu'on raconte, mais nous y reviendrons.

Qu'est-ce que le jeu du Phénix ? C'est un jeu de tarot à la con avec un milliard de nouvelles règles et de nouvelles clés d'interprétation pour tirer les cartes. Mais attention, ce n'est pas de la divination à la con pour prédire l'avenir, nononon monsieur, c'est un tarot philosophique. Philosophique. Ah. Tirer des images mélangées au pif dans un ordre complètement fortuit c'est de la philosophie ? Putain, je sors ma DeLorean faudrait que j'avertisse Socrate qu'il peut arrêter de blablater parce que 2400 après sa mort un connard de glandu se prétendra philosophe parce qu'il a fait mettre des images sur des cartes et vous explique comment les tirer.
En fait, peut-être que quelqu'un lui a dit. Ca expliquerait pourquoi il a bu la Cigüe du coup.
Il y a 26 cartes illustrées, et nommées "flammes" pour faire cool. Le paquet de cartes s'appelle "le feu" aussi. Voilà. Ces mecs inventent des noms, mais pour des choses qui en ont déjà, juste pour faire cool. Et la plupart du temps ils ne se servent pas de ce nom, parce que sinon on aurait l'air bien con, parce qu'on comprend plus rien. "Alors je tire les flammes du feu, hihihi", dit la trentenaire hystérique et vide,  ta gueule, répond-on. Quand on invente des mots ou des surnoms, c'est pour des choses particulières, qui n'ont pas déjà de termes permettant de les exprimer, point barre. Un peu d'économie du vocabulaire, s'il vous plaît.
"Putain, non, Socrate, fais pas ça !
– Les mecs,  j'ai eu une vision du Jeu du Phénix et j'entends Cespedes qui me cause dans la tête, j'en peux plus, désolé
."

Enfin bref, 24 de ces "flammes" ont un sens différent selon qu'on les tire à l'endroit et à l'envers, mais c'est pas du tout pour copier les règles du tarot, nonon. Elles ont deux sens, opposés. Donc (24x2)+2 = 48+2 = 50 flammes.
Leur signification varie également selon dans quelle "case" vous l'avez tirée, parce que vous devez poser vos cartes dans une grille de 3x3, donc neuf "dimensions" telles qu'ils les appellent.
Ensuite, une fois que vous avez votre jeu de cartes, il vous faut faire une "plongée", donc tirer 26 cartes. On aurait pu dire un "tirage" comme pour n'importe quel jeu de cartes, mais non, malheureux ! Si on utilise des mots sensés, on va se rendre compte qu'on est comme n'importe quel jeu de cartes, alors qu'on est FILOSOFIK ! Bon, je suis tout excité comment je fais, je prends 26 cartes ? Oui, jeune freluquet, mais une seconde. Ce n'était pas assez mystérieux et stupide, euh pardon, je voulais dire "inspirant" alors il fut décidé qu'on tirerait les cartes en comptant n'importe comment. Ca change quelque chose ? Non, il s'agit toujours de 26 cartes, mais vous devez compter en montant et descendant de la manière suivante :

6 5 4 3 2 1 2 3 4 5 4 3 2 1 2 3 4 3 2 1 2 3 2 1 2 1

…Ce qui fait toujours 26 cartes. Alors pourquoi s'emmerder ? Ah ben parce que la "plongée" c'est un travail de concentration. Nom de dieu, vous êtes sûrs que ces mecs n'ont pas confondu philosophie et cultes à mystères ? Je vous rappelle que Socrate n'y était pas initié, précisément parce qu'il essayait d'édifier une raison qui puisse rendre compte d'elle-même et pas submerger les gens de commandements stupides. En quoi c'est philosophique d'inviter les gens à se soumettre à des ordres idiots jamais justifiés et jamais expliqués ? C'est un truc de secte et d'ésotéristes, pas de philosophes.
Ensuite les cartes sont séparées en ondes de choc (= pas bien) et ondes de charme (= bien). Les "ondes de charme" étant ce qui propage l'amour, la beauté et les cunnilingus, tandis que les "ondes de choc" , elles, transportent, la haine, Francis Lalane et la Syphillis. Le Phénix et le Voyage (les deux cartes non-numérotées et qui ne se retournent pas) sont spéciales puisque la première est à la fois charme et choc, quand la deuxième n'est ni l'un ni l'autre, allez savoir ce que ça veut dire. Donc logiquement, une carte "onde de choc" quand elle est retournée, devient "onde de charme". Genre l'Epée c'est la domination, le mal, le fouets et les tenues en cuir, mais si on la retourne, ça devient l'arbitrage, la justice, et blablabla.
Mais quel merdier. Et c'est que la première vidéo. Ensuite de ça, la signification des 50 flammes et détaillée sur la vidéo. Euh, c'est gentil mais j'ai pas le temps de lire et encore moins de retenir, ils sont cons ou quoi ? Ca vous aurait cassé le cul de juste mettre ça en texte à côté plutôt que dans une vidéo où ça n'a aucune utilité. Pendant ce temps, des cosmonautes et des trucs bizarres défilent derrière, mon dieu, stop.
Après ça on nous explique qu'il faut faire quatre parties, l'entretien, la lumière, la voie et le prof… STOP VIDEO CA NE SERT A RIEN, JE NE T'ECOUTE PLUS, VIDEO. DÉSOLÉ.

Donc oui, Vincent Cespedes veut libérer l'esprit, libérer la philosophie, le langage, créer un monde d'amour et de joie, et pour ce faire, il commence par inventer des mots inutiles et inutilisés et par vous expliquer comment tirer vos cartes sur une grille, comment les mélanger, et comment les interpréter avec le livre, vendu pour la modique somme de 25€. Tudieu, je me sens beaucoup plus libre, maintenant que j'ai obéi à tes ordres qui n'avaient aucun sens, merci Vincent. 
Je ne vais pas me faire chier à analyser le méandre indiscutablement tortueux de connerie qui émane de ce jeu, il  a un site officiel, un livre de règles (vendu avec le jeu pour un prix soi-disant correct) et un putain de wiki si vous cherchez de la matière. Chaque règle est liée à d'autres règles qui sont liées à d'autres conditions qui sont toutes arbitraires. Résumons donc : un mec a décidé que si tu tires la carte du Pénis Farfelu à l'envers sur la case "patate" ça signifiait une déficience d'attention/un frigo/un dilemme irrésolu (rayez mentions inutiles), point barre, pas de discussion. Comme tout jeu de cartes divinatoires le postulat étant bien sûr que plutôt que de réfléchir à votre situation, de peser le pour et le contre des différentes alternatives, à discuter de vos relations avec les gens avec lesquels vous êtes en conflit et de chercher les causes de vos problèmes, eh bien il vaut mieux battre des cartes, étaler les zolies imazes devant soi et faire ce qu'elles vous disent. Par pitié, est-on tombé si bas que désormais on ne supporte plus de réfléchir à nos problèmes et qu'on se sent le besoin infantile de les endormir dans une sérénade d'images aléatoires, dans les mains desquelles on remet nos destins ?
Ca me fait penser à un des seuls hymne "laïcs" du Rg-Veda, Le joueur, où l'auteur s'adresse aux dieux et les supplie de le libérer de son addiction au jeu (une sorte de jeu de dés, mais avec des noix). Il y a là-dedans une expression magnifique. Il est dit que les "dés" dominent sans mains ceux qui ont des mains. Voilà tout ce qu'il y a à savoir. Le Jeu du Phénix ne vous propose rien de plus que de vous abandonner au hasard et à l'arbitraire de la matière, des cartes battues. De laisser vos mains dominées par ce qui n'a pas de mains.
Et c'est censé être philosophique, seigneur.
Je veux dire prenez ce clip promotionnel : on y voit des sumos, des tambours, des chinois qui font les cons avec les images des cartes en surimpression. Je vous en prie, admirez : TRO FILOSOFIK.



Pas un gramme d'explication. TRO FILOSOFIK
Il propose même de résoudre des problèmes philosophiques de cette façon. Réfléchir c'est has been. C'est d'ailleurs ce qu'il dit dans un entretien à Libération :
Prenons plutôt un sujet de philosophie classique proposé un jour de juin au baccalauréat. Monsieur l’interprète, mesdames les flammes, «Le langage est-il un obstacle à la connaissance d’autrui ?» Six cartes sont piochées tour à tour par le joueur. La carte qui représente «le tigre» sort en premier et Cespedes la dépose sur la dimension de la complicité. «Le tigre induit la prédation, la violence. Le langage est agressif, tient de l’instinct pulsionnel.» Puis «l’ancêtre fou» ou le «langage est le fait d’avoir un ascendant moral sur l’autre». Sortent maintenant du paquet «les vivants», ou le langage qui crée de la solidarité et de la communauté. Il résume : le langage sert d’abord à flinguer puis à créer un lien. Voilà qu’apparaît le phénix en quatre, l’idée de régénération de soi par rapport à soi. «Le langage permet une transformation constante», souligne Cespedes. «L’enfant» ensuite, qui souligne la dimension de l’émerveillement par rapport au monde, du «langage réinventé dans un mode ludique, du retour à une forme d’innocence». Enfin, «l’arbre», qui induit le déploiement pérenne. «Le langage, c’est communiquer et thésauriser l’expérience. Il permet de se sentir vivant dans une communication de l’être humain avec lui-même», conclut Vincent Cespedes, prêt à passer à la «voie», suite du tirage censée montrer le chemin optimal. (lien)
Donc ouais, il tire la carte du tigre et il dit que le langage est violent. La carte des vivants, le langage crée un lien avec les vivants. Je suppose que s'il tirait la carte de la Bite, il dirait que le langage sertà pécho des meufs, et la carte du didjeridoo, que le langage sert à chanter, voire la carte du Parapluie que le langage sert à s'abriter, c'est du génie. En quoi ça avance la problématique ? Non mais sérieusement, connard, ce ne sont pas des arguments, ce n'est pas fondé, ce n'est qu'un catalogue de liens stupides avec des images aléatoires.
Je sais pas trop ce qui s'est passé à Libération.

"Alors monsieur Cespedes, le langage est-il un obstacle ?
– Bon, ben regardez, je tire la carte des "vivants", voilà… Alors je répondrai non, parce que le langage crée un lien avec autrui et de la solidarité.
– Euh oui, mais c'était un peu la question.
– Ben j'y ai répondu, regardez, j'ai tiré "les Vivants", ça ne trompe pas.
– Euh oui, mais je vous pose une putain de question, c'est pour que vous développiez des putains d'arguments, pas que vous me répondiez "oui" ou "non" en pointant le doigt vers des images.
– Oh, ben oui, mais regardez comme elles sont jolies.
– Ah oui, c'est joli. Bon ben, je suppose que ça répond à la question, du coup."


Pas de conclusion, pas d'introduction, pas de réponse pertinente à la question. Trois phrases déliées. TRO FILOSOFIK. Sérieusement, comment ce mec a fait pour passer le bac, vu comment il est incapable de justifier sa connerie de tarot, ni même de construire un raisonnement propre avec ? Ah oui, pardon, le bac ça ne vaut rien. Surtout qu'il aurait pas le droit de faire mumuse avec ses petites cartounettes pendant les exams, à ce moment-là. Pire, comment il ose se prétendre philosophe ? 
Je suppose que s'il tombe sur ce texte il aura du mal à comprendre. C'est compliqué les phrases qui s'enchaînent et qui se suivent sans faire de reférence mystique complètement stupide. Tiens pour la peine Vincent, on va mettre une image, pour te reposer un peu le cerveau, on est gentils.

Tenacious D n'a rien à voir, mais bon, c'est sans doute parce que vous êtes obtus et fermé d'esprit. FAITES LES LIENS AVEC LE GRAND SCHÉMA DE L'UNIVERS, nom de bleu.


Attaquons-nous à leur "wiki", pour voir. Ca commence fort, mesdames et messieurs, ces charlatans ont de la culture, dîtes-donc (ou alors ils ont cherché "phénix" dans Google et collé les premiers trucs qui sortaient, je suis pas sûr) :
Tel un phénix ressuscité
Renais des ruines fécondes,
Toi seule est grande, ô Vérité,
Brûle, brûle, brûle vieux monde !
Maurice Rostand, Le Phénix

Pauvre Maurice Rostand, ici invoqué. Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.

Si la parenté unissant le Benu égyptien au Phoinix grec est scientifiquement établie depuis quelques années, Zhang Hongzhao fut sans doute le premier, en 1918, à établir un lien phonétique et symbolique entre le Phénix méditerranéen et le Fenghuang chinois. D’après un grand nombre de textes, ce Phénix œcuménique représente l’incarnation animale du Soleil et du renouvellement cyclique. Roi des oiseaux fabuleux, la beauté flamboyante, avec des inscriptions qui couvrent un plumage à dominante rouge, il habite dans les montagnes de contrées lointaines associées au Sud, et n’apparaît dans le monde humain qu’en de très rares occasions pour annoncer un événement de bon augure, nimbé de lumière et accompagné d’un cortège d’oiseaux. Son chant et sa danse surnaturels, sa nourriture à base de rosée caractérisent un raffinement extrême ; toute son attitude exhale des parfums de perfection.

Rendez-vous compte. Le mec parle de symboles "universels" et juste après il vous raconte le lien entre le Benu égyptien, le phénix grec et ensuite il admet que le seul autre endroit où on le trouve, il a été importé de la grèce. Ouah, tellement universel. Ce serait comme de prétendre que le coca-cola est une recette universelle de l'humanité sous-prétexte qu'on le retrouve un peu partout. C'est invraisemblable.  "Symboles universels" tatoué un peu partout, et il est forcé d'admettre que le symbole qui donne son nom au jeu, qui en est le centre et la carte la plus importante ne l'est pas du tout et que s'il s'est diffusé c'est par les voyageurs et les contacts entre les peuples, et non parce qu'il serait installé dans la conscience humaine comme un des programmes de démarrage windows par défaut.

La littérature méditerranéenne fait du Phénix un rêve d’éternité. Lorsqu’il sent venir sa mort, il se construit un bûcher d’aromates, l’incendie, s’y consume et renaît de ses cendres, instaurant un nouveau cycle de plusieurs siècles. Appelé « Milcham » dans la tradition juive, il refuse de goûter au fruit défendu que lui propose Ève, et reçoit l’immortalité en récompense. Dans la nouvelle religion chrétienne du Ier siècle, il devient logiquement le symbole même de la résurrection du Christ. On le retrouve, gigantesque, dans les récits de la Perse antique sous les traits du Simorgh, ou du Rukhdans les récits arabes(Les Mille et une Nuits). Il devient l’Oiseau de Feu du folklore slave (le Zhar-ptitsa russe), Garudadans les légendes hindouistes et bouddhistes, Karura au Japon, Khyungau Tibet, Khangariden Mongolie… D’après Imre, un paléontologiste mongol en ferait même remonter l’origine symbolique aux oviraptosaures, ces dinosaures à plumes qui ont permis aux dinosaures de devenir oiseaux, après le cataclysme qui provoqua leur extinction. « Une renaissance par une comète incandescente… Par le feu du Soleil, en somme. »

Donc… ta gueule, Cespedes. C'est juste des gens qui ont repris un mythe antérieur. Ce symbole n'a aucune légitimité. La diffusion de Star Wars ne fait pas de Yoda un symbole universel. Je passe sur l'abruti qui fait remonter leur origine aux dinosaures. Mais oui, champion, bonne idée, je suis sûr que nos ancêtres étaient là à l'époque de la mort des dinosaures pour s'en souvenir et écrire des légendes dessus. Je veux dire, à ce moment-là, nos ancêtres avaient à peu près la forme de petites musaraignes, alors bonne chance pour prétendre que la mémoire s'est propagée depuis cette époque.
Comment dîtes-vous ? L'inconscient collectif aurait permis la diffusion de ces images à travers le temps ? Très bien, mais dans ce cas POURQUOI est-ce que seuls les égyptiens et les grecs (qui l'ont peut-être piqué aux égyptiens) ont réussi à écrire des légendes dessus si cet inconscient collectif est si puissant et si efficace ?
Et AU NOM DU CIEL, expliquez moi cette phrase : "La littérature méditerranéenne fait du Phénix un rêve d’éternité." QU'EST-CE QUE CA VEUT DIRE ? "un rêve d'éternité" ? Apprends à écrire, bordel !

Le nom FOYN évoque donc le Phénix traversant différentes cultures, et le Jeu du Phénix a pour vocation de servir de socle symbolique à une « culture foyn ». Les personnes qui s’y adonnent se nomment d’ores et déjà les « foyn », et le suffixe « foyn(o)- » permet de construire les mots dérivés, tels « foynart » (création artistique utilisant le Jeu), « foynologie » (recherche sur le Jeu), « foynaddict », « foyndation »… La Flamme 13 est aussi appelée la « Flamme sans Nom ».

Ah oui, je vous ai pas dit, ils ont inventé une langue en plus, pas qu'ils soient prétentieux, hein, bientôt ils revendiqueront un pays. Et en plus, malgré le fait qu'ils ont inventé une PUTAIN DE LANGUE ils ne donnent pas de nom à la "flamme 13" comme c'est mignon. Je veux dire, si tu inventes une langue, tu pourrais pas te démerder pour créer des noms aux trucs que tu inventes, non ?
MAIS C'EST PAS DU TOUT POUR COPIER LE TAROT, HEIN, NONONON, PAS DU TOUT QU'ALLEZ-VOUS IMAGINER. LA FLAMME SANS NOM C'EST NOUS QU'ON A INVENTÉ.

L’étude de la place centrale que le nombre 13 tient dans le Jeu demanderait un livre à elle toute seul. Ce nombre fait l’objet d’une peur superstitieuse le plus sérieusement pise en compte dans nos sociétés modernes, ce qui explique qu’il n’y ait parfois pas de nombre 13 pour les sièges de cabine de grandes compagnies aériennes, pour les chambres de grands hôtels, pour les lits d’hôpitaux ou pour les Formules 1. Le moins que l’on puisse dire alors, c’est que le Jeu du Phénix constitue la meilleure antidote à la triskaidékaphobie, ou « phobie du nombre 13 » (en grec, treiskaideka). Du nombre de cartes (13 x 2) au numéro désignant le Phénix qui donne son nom au Jeu, le 13 y est omniprésent, séparant ainsi les ondes de choc et de charme des Flammes franches et folles.

Oui, vas-y étudie tes propres déjections pseudo-philosophiques en boucle, écris deux cents livres sur la signification du nombre 13 dans ton tarot à la con et laisse-nous tranquille, par pitié. Je veux dire ce mec passe son temps à s'inventer des sens cachés dans ses propres créations. Plus de masturbation intellectuelle, je crois que c'est pas possible. Quand Vincent Cespedes va aux toilettes, il doit probablement se retourner, contempler son caca et lui inventer un millier de significations en harmonie avec le grand ordre de l'univers. 
Classiquement, le 13 est l’élément de trop, celui qui fait passer d’un cycle à un autre, avec le lot d’inquiétudes dues à l’arrivée d’un nouveau cycle inconnu. Treize est le nombre des marches que le soleil doit monter et descendre pour que le cycle du jour et de la nuit soit complet : six marches pour arriver au zénith, et six pour descendre jusqu’au couchant, le zénith lui-même étant la treizième marche.
Et attendez, vous n'avez rien vu :
En une année, treize constellations sont traversées par le soleil – et non douze, comme l’affirment les charlatans du ciel. La treizième, entre le Scorpion et le Sagittaire, est Ophiucus (ou le Serpentaire). La plupart des astrologues ignorent ce glissement des constellations, comme le fait que le soleil ne traverse pas chaque constellation pendant une durée identique ; il passe par exemple 45 jours dans la constellation de la Vierge et seulement 6 jours dans celle du Scorpion, ce qui rend totalement absurde le classement des astrologues. [lien]

C'est magnifique. Un charlatan qui dénonce le charlatanisme.
Déjà, non, c'est pas complétement con parce qu'il y a 13 constellations, mais bien parce qu'à cause de la précession des équinoxes, le soleil ne traverse de toute façon pas les constellations qui désignent les portions du ciel dans lesquelles il se trouve. Comme le dit André Barbault dans son traité pratique d'astrologie :
Il convient de ne pas confondre les signes du zodiaque et les constellations qui portent le même nom. Il fut un temps où les uns et les autres se superposèrent. Mais par la suite d'un mouvement dit de précéssion des équinoxes, le point vernal se déplace d'une façon continue (1° en 72 ans) dans les douze constellations zodiacales (en sens inverse de l'ordre des signes) et passe actuellement de Pisces à Aquarius. (note : on est en 1961) La coincidence des signes et des constellations ne se reproduit que tous les 26'000 ans environ. L'astrologie ne s'intéresse qu'aux signes, exclusivement et néglige les constellations. (op. cit. p. 27)
Vous n'êtes pas scorpion parce que le Soleil est "sur" la constellation du scorpion au moment de votre naissance, même si cela peut se produire. C'est une division arbitraire, purement arbitraire du ciel en douze. De même les diverses planètes qu'on découvre sont englouties par l'astrologie. On découvre Pluton en 1930, dix ans après les mecs savent qu'elle a "une mauvaise influence". Euh, mais comment ils le savent, je veux dire, ça fait dix ans qu'on la connait, comment vous connaissez ses effets ? Et du coup quelle valeur ont les horoscopes que vous avez promulgué avant sa découverte ? Si ils étaient si précis n'auriez vous pas dû découvrir une "influence néfaste" dans vos horoscopes et donc prédire l'existence de Pluton et sa trajectoire ? De même Pluton a une influence néfaste… Alors que Pluton(i.e. Hadès en grec) est dieu des enfers ! Comme par hasard ! Et de même Mars induit un comportement belliqueux et et martial, ça c'est une sacrée coïncidence dîtes donc, que le nom mythologique de la planète colle avec le type d'influence qu'elle a. Par exemple Pluton, vous savez pourquoi on a donné son nom ? Son découvreur se nommait Percival Lowell, et ses initiales étaient donc PL (qui forment d'ailleurs le symbole de Pluton : ). On chercha un nom en "Pl…"et on trouva que Pluton collait bien à ce monde froid, si éloigné du soleil.
Et une fois que le nom Pluton fut donné, qu'il était simple pour les astrologues de la classer dans les influences malsaines et négatives… Cespedes critique en ces lieux le "classement absurde" des astrologues, on ne peut pas le lui reprocher, vu l'idiotie du système. Il faut combattre les divisions stupides du monde qui vous amènent à en avoir une vision stupide et à remettre votre vie aux planètes, ces cailloux tournoyants !
…Hum, une division arbitraire et stupide en concepts idiots qui pèseraient sur votre vie en vous amenant à vous soumettre à des choses fortuites comme des cartes mélangées, ou des cailloux tournoyants. ça ne me rappelle rien du tout, dis donc. Et apparemment à Cespedes non plus.

D'ailleurs en parlant d'arbitraire, tournons-nous vers la description de cette carte du phénix.
La triple queue du Phénix, en forme de chaînes métalliques, symboliserait d’après Imre la structure de la matière, d’où procèdent les mutations. Sa huppe possède quatre boules – le nombre du temps (saisons), de l’espace (directions cardinales), et de la vie (ADN). La forme de ses pattes rappelle l’humain sous l’animal fabuleux. Sa tête, androgyne, est orientée vers l’avenir. Sous lui : une vaste étendue de villes et de nature en flammes, bordée de mer et de nuages. La Terre est son bûcher. C’est en incendiant les affaires humaines et les préoccupations bassement terrestres qu’il retrouve son essor et renaît dans le Soleil. [même page]
Trouvez-moi des légendes où le phénix a trois queues et quatre boules sur la tête, s'il vous plait. Notez toutes les conneries qui suivent et qui sont déduites du DESIGN PRÉCIS de la carte. C'est magnifique. Le mec commande une illustration de phénix et ensuite il vous donne le sens de la vie à partir de cette carte. Pas à partir des légendes chinoises, égyptiennes ou grecques, nonon, mais bien grâce à l'image qu'il a lui-même confectionnée et qui ne correspondrait qu'à quelques représentations minoritaires des phénix, si ce n'est à aucune.
Ouah, qu'est-ce que c'est universel, dîtes donc.

Et tout ça n'était qu'une seule page des "règles" de ce jeu.
UNE SEULE PUTAIN DE PAGE A LA CON.
Bon.

Prenons quelques symboles présents dans le Jeu du Phénix.

Le phénix,
on l'a vu est loin d'être un symbole "universel", mais reste un truc égyptien repris par les grecs et deux trois autres peuples. Même les Cespedes sont forcés de l'admettre même s'ils se sentent obligés de faire remonter leur origine au subconscient des musaraignes qui auraient vu des dinosaures en feu.
J'en profite pour parler de la rediffusion d'une émission de Rien n'est Joué avec Michel Pastoureau, un super bon gars qui a fait des travaux impressionnants d'héraldique et sur les couleurs, et qui là s'attaque aux bestiaires médiévaux. Ici, pour écouter en ligne, et là pour télécharger l'émission.

La licorne,
Loin de moi l'idée de détester les licornes, comme on peut voir, je leur accorde une place importante ici, malgré mon animosité envers Rarity. Comme par hasard, c'est les grecs qui nous ont lancé sur la piste de la licorne - le monocéros - en s'aidant de tous ce qu'ils trouvaient ; des bas-reliefs sur des murs perses avec un machin de profil qui semble avoir une seule corne, pouf, c'est une licorne. Une corne de narval faisant illusion ici ou là en Europe. De même, la licorne devait être attirée par la virginité, et donc associée finalement au Christ ou à la Vierge Marie, tiens, c'est pas du tout occidental. Oh, il y a bien une licorne chinoise, mais elle n'a pas grand chose à voir avec notre licorne, on dirait un croisement entre un lion et un crapaud.

Le labyrinthe.
Le mot est grec, le concept est grec. Où en trouve-t-on ? Dans les légendes, en Grèce. Et Hérodote parle d'un labyrinthe égyptien, construit par un pharaon, nous dit Wikipédia :
Les Égyptiens s'étaient trouvés libres après le règne de Héphaïstos. Mais, incapables en tout temps de vivre sans roi, ils s'en donnèrent douze, en divisant l'Égypte entière en douze lots [...] Une de leurs décisions fut de laisser un monument commun qui rappelât leurs noms : ceci décidé, ils firent construire un labyrinthe au-dessus du lac Moéris et proche de la ville qu'on appelle Crocodilopolis [Hérodote, histoires]
Oh tiens, Grèce, Egypte, ma parole c'est dans toute la galaxie. Je crois que ces gens ne sont pas mauvais c'est juste qu'ils utilisent le terme "universel" comme un joujou et qu'il correspond pour eux à "en Égypte + en Grèce + vaguement en Chine".
Des gribouillis de spirales sur des cailloux, ou des piles de pierres agencée en svastika, non, ça ne me convainc pas, désolé. C'est pas le concept du labyrinthe tel qu'il est dessiné ici. Et puis je suis sûr que dans les sociétés nomades, qui vivent sous des tentes qui n'ont qu'une seule pièce le terme "labyrinthe" doit leur évoquer tant d'images.

L'idole,
là c'est magique. Proprement. Le terme idole, s'imaginer qu'il a une portée universelle, c'est magnifique de naïveté. C'est projeter des débats européens sur le monde. Ce sont les juifs, puis les chrétiens qui dénoncent le culte des images. (eidolon, image, fantôme, en grec)
Cependant, les romains, les égyptiens, les babyloniens et autres peuples perçus comme idolâtres par les chrétiens ne se percevaient sans doute pas comme ça. Pour un chrétien, c'est un péché de vénérer une statue, puisqu'il s'agit de quelque chose, fait par la main de l'homme. Et l'homme lui même a été fait par Dieu. Par conséquent l'idolâtrie, pour un chrétien, c'est adorer la créature de la créature, alors qu'on devrait adorer le créateur.
Cependant un polythéiste qui adresse des libations à une statue ne les adresse pas à une statue mais à la puissance qu'elle représente, il est pas con, non plus. Nous parlions de la capacité à symboliser des choses. Si l'on s'attache tant à la propriété symbolique des choses, comment peut-on décrier aussi fortement le polythéisme, alors même qu'on cherche soi-même à symboliser des force occultes par des images ? Seul le chrétien s'imagine que l' "idolâtre" ne vénère qu'une image. Seul le chrétien utilise le terme d'idole.
Car oui, le terme idole porte en lui des siècles de luttes chrétiennes, tout comme cet épisode de Doctor Who précité. Les catholiques et les protestants se le balançaient à la gueule, les réformés disant que les catholiques étaient idolâtres parce qu'on trouvait nombre de statues dans leur lieux de culte, voire qu'on les emmenait en procession, lors de la Fête-Dieu, par exemple. Et on s'exclamait que ces pratiques étaient
Le terme d'idole rappelle le Veau d'Or, on s'imagine que les païens vénèrent de la matière morte. Sinon on n'utiliserait pas le terme idole, mais simplement "statue d'un dieu". Le seul fait d'utiliser ce mot montre mépris envers la pratique de la représentation, qui marque nos sociétés profondément monothéiste où on jouait à qui était le moins païen.

Conclusion

Cher adepte du jeu du Phénix, je sais ce que vous me répondrez : que déverser sa haine, ce n'est pas très philosophique non plus, et pas très constructif***, et je ferais mieux de propager de la vraie philosophie, plutôt que critiquer les gens. D'autant plus que toute cette haine, c'est une "onde de choc", ça propage le mal, alors que vous cherchez à propager l'amour par "ondes de charme".
Vous avez bien raison, c'est une onde de choc. Mais vous n'avez qu'à le lire à l'envers, n'est-ce pas, puisque d'après vos règles à la con, une onde de choc à l'envers devient une onde de charme


Notes:
*Vamana demande aux Asuras toute la terre qu'il pourra couvrir en trois pas. Les Asuras consentent. Vamana reprend sa forme de Vishnu et devient donc gigantesque. D'un pas, il enjambe le monde terrestre, d'un autre, les mondes inférieurs, et d'un troisième les mondes supérieurs. Puisqu'en trois pas il a parcouru tout l'univers, les Asuras doivent se retirer et rendre le monde aux dieux, vaincus.

**On peut discuter sur "est-ce que le shintoisme est une religion", mais j'admets ici que ouaip.

*** Et toi, le sac à merde sans vocabulaire qui prétendra "cet article est vide de sens" ou "est une branlette intellectuelle", tu peux disposer, je n'ai pas besoin de toi.

8 commentaires:

  1. Trop drôle ! Tout ça pour un... jeu ! Belle preuve d'incontinence verbale...
    L'aspect ludique vous échappe complètement. Malgré vos compulsifs "putains" (syndrome de la Tourette ?), vous prenez tout au 1er degré sans comprendre le fondement LUDIQUE du JEU du Phénix. Le but est de réfléchir en s'amusant (gros mot, je sais !).
    Pour ce qui est de votre connaissance du jeu, on voit très bien que vous n'en avez jamais fait l'expérience d'une partie, c'est regrettable du point de vue de l'honnêteté intellectuelle que vous brandissez à coups de "Socrate ta mère !". Allez, repotassez un peu le manuel, sortez dehors, et faites un ou deux tirages à des inconnus. Vous comprendrez peut-être ce que jouer et penser veulent dire, et la grande joie que provoque leur conjugaison.
    http://www.facebook.com/JeuDuPhenix

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    1. Alors, j'ai eu l'occasion d'assister à deux-trois parties, sans en tirer aucun amusement, ce qui me paraissait pourtant le but d'un jeu. Un fatras de charabia ennuyeux et des gloussements alentours ne m'amusent pas. A chaque fois que je vois quelqu'un tirer le tarot j'ai envie de lui faire un calin, d'amener trois personne et de se faire un Chibre, c'est lourd et chiant les tirages de cartes. Le Munchkin m'amuse bien plus sans que ses adeptes se sentent le besoin de me convertir à leur idiotie. Le "t'as pas testé" utilisé au lieu d'arguments montre bien cela : vous ne critiquez rien d'autre que la forme de ma diatribe.
      Dans le cadre d'un jeu, il m'ennuie ; dans le cadre d'une réflexion, il m'encombre. Vous comprendrez que je n'y trouve aucun intérêt. Tirer une carte ? Je préfère clairement parler, parler, parler, plutôt que des images aléatoires comme je vous le mentionnais. Pourriez-vous me dire, par exemple dans le cadre de l'entretien à Libération, en quoi le jeu du phénix aide-t-il à faire progresser la réflexion ?
      Pour ce qui est de l'incontinence verbale, oui, bon, ce blog vous fournit en exemples répétés, j'ai bien peur que vous ne soulignez l'évidence en pointant ma vulgarité.
      "Tout ça pour un jeu" ? Non, tout ça pour une approche malsaine des symboles, qui se trouve exemplifiée par le Jeu du Phénix, un épisode de Doctor Who et que je tenterai de fournir plus avant. Le propre des jeux et des histoires c'est qu'ils suivent des logiques et des buts qui leurs sont propres, quand ils en sortent, ça me désole. Et ça me désole encore plus qu'on vienne me dire que je fais tout ça "pour… un jeu !" genre les jeux c'est pas sérieux, tu vois, c'est pas la peine de se prendre la tête. Mais ensuite on vient m'annoncer que ce jeu contient le sens de la vie, mais explosion de rire, par pitié. Je prends ces choses au sérieux. Et de même que dans ma critique d'okhéania "c'est une BD pour enfants" n'est pas un argument, "c'est un jeu" n'en est pas un ici.
      "Repotasser le manuel" ? Ne devriez-vous pas plutôt en étaler en ces lieux votre connaissance si parfaite dont vous semblez vous targuer, genre pour me contredire ? Non ?

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  2. Voici un petit exemple de l'application du jeu à des inconnus : un pur moment d'échange, de partage, de joie, et de JEU > http://www.dailymotion.com/video/xsbxtf_reveiller-la-parole-le-jeu-du-phenix_creation

    Et pour ce qui est des motivations du philosophe créateur du Jeu, voici ce qu'il en dit (c'est clair, absolument non-mystique, et philosophiquement passionnant) >http://www.youtube.com/watch?v=fwK0LWtdGvY

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    1. Ah mais la première vidéo c'est une blague, des gens qui se parlent les uns par-dessus les autres de la musique, des images aléatoires, bon sang vous tendez à la parodie de vous-même, c'est magnifique. Vous m'amusez déjà plus que le jeu que vous défendez, vous méritez par conséquent mes compliments, vous m'avez fait sourire, vraiment.
      La seconde vidéo, c'est bien celle qui m'a fait commencer cet article, mais elle mériterait une critique à elle toute seule.
      "Il faut libérer la philosophie", bon sang, la philosophie a son MAGAZINE, tout le monde peut lire du Platon s'il le veut, il faut arrêter avec ça. TOUS les philosophâtres semblent se targuer à chacun de leurs rôts de "libérer la philosophie", STOP.
      Bref, vous défendez l'aléatoire contre la réflexion et la conscience, c'est le point majeur de ma critique et rien ne vient l'étançonner, navré.
      Excusez le délai, j'affrontais une nature hostile, i.e. le Jura.

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  3. En jouant à ce jeu, on parle de la vie, pas des "symboles universels" des cartes. Jamais. Elles servent de points d'appuis et de prétexte arbitraire à une création de sens, une sorte de cadavre exquis philosophique, effectivement. Il y a du dadaïsme et du jeu surréaliste dans ce jeu. Et cela passe par un usage du "fake" amusant, qui développe le sens critique. Le jeu est un prétexte pour sortir de ses préjugés et de ses idées toutes faites, un prétexte qui fait parler et penser, dialoguer et chercher le juste et le vrai DANS LA VIE, pas dans des cartes. Vous comprenez ?
    http://youtu.be/yjooLDxHRNQ

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    1. C'est fou, pour défendre ce jeu, les gens ne trouvent pas d'autres arguments que "les cartes ne servent à rien" et que le but c'est de causer, à croire que les usagers du phénix sont des handicapés de l'expression, incapable de manier des mots sans images, ce qui me fait un peu peur quand même.
      Et si le dialogue est l'important, à quoi bon les cartes ?
      C'est de la divination, point, c'est là dessus que se base le succès et l'usage majoritaire du jeu, j'ai pu l'observer dans certains milieux néo-chamaniques, pas dans un gloubi-boulga philosophique que vous défendez.

      "prétexte arbitraire", "du dadaïsme et du jeu surréaliste"

      Un prétexte à une pratique inutile et néfaste. S'il vous faut l'aléatoire pour vous procurer un minimum de sens critique, vous êtes mal barrés.

      "on parle de la vie, pas des "symboles universels" des cartes."

      Pourquoi en parler à travers CES cartes ? Ces symboles sont exclusifs, occidentaux, petits, et encore, d'une part choisie de l'occident. Ils ne circonscrivent que peu de choses et m'apparaissent inutiles.
      Ecoutez Cespedes, il prétend que ces symboles sont universels, et que c'est comme tels qu'ils ont été choisis, comme miroirs de la psyché humaine.


      "Le jeu est un prétexte pour sortir de ses préjugés et de ses idées toutes faites"

      A l'aide d'images d'Epinal, oui, bonne idée. On va sortir de ses préjugés avec des archétypes Jungiens, du pur génie.
      Ce n'est pas en agençant les figures qui hantent l'imaginaire européen devant soi qu'on va sortir de ses préjugés.
      Cespedes botte en touche, semblant considérer que puisque ces symboles sont universels, c'est bon, pas de souci. L'occidental voit comme universel ce que les autres voient comme occidental, en somme.

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  4. Le Jeu du Phénix plait à des gens, plutôt ouverts et peu versés en manipulation gouroutesque. Il ne vous plait pas ? C'est qu'il n'est pas fait pour vous plaire. Bon. Voilà.
    "Ces symboles sont exclusifs, occidentaux, petits" - ben non, les 5 animaux chinois, des visages asiatiques et africains, mas vous avec de la haine dans leux yeux ou quoi ? Défrustrez-vous du bulbe, bowdel !

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  5. Premièrement, et le jeu du phoenix n'est pas un cas isolée, il faut faire la différence entre une pratique/méthode philosophique, religieuse, spirituelle, etc, et la ou les personnes qui l'ont créée. Pourquoi? Parce que même si les intentions du créateur peuvent être criticables (gain d'argent, soif de pouvoir et de reconnaissance d'autrui, un problème psychologique plus profond...), cela ne change rien au fait que des gens ne peuvent pas tirer profit du fruit de cet "égoïsme".

    Je prends exemple sur la religion catholique : s'il était avéré que l'Eglise catholique n'était qu'une gigantesque machine à fric et un berceau de pouvoir politique corrompu (je ne veux pas rentrer dans ce débat), cela ne change rien au fait que des gens vivent très bien leur religion partout dans le monde.

    Et dans le cas où d'autres pourraient dire : "oui mais si ces gens-là lâchaient leur religion au profit d'une pensée autonome et libératrice, elles vivraient encore mieux", voici ce que j'y trouverais à redire :
    1) on ne peut pas savoir s'ils seraient mieux dans leur peau avec ce changement de paradigme
    2) ce genre de critiques relèvent du perfectionnisme de la part de ceux qui les émettent, et donc, plutôt que de critiquer autrui, ces gens-là feraient mieux de travailler sur eux-même (paille/poutre toussa)

    Mais dans le cas où cette critique serait avérée :
    3) l'être humain n'est pas quelque chose de figé, on suit chacun un parcours de vie, à son propre rythme. Critique-t-on les enfants parce qu'ils ne sont pas capables d'être autonomes, de faire la cuisine, avoir des bonnes notes à l'école, et d'être champion de ski? Non, parce qu'ils en sont à un stade d'apprentissage de la vie. Et ceux qui les critiquent quand même, sont des connards qui ne comprennent rien à l'éducation et la pédagogie (à mon goût).
    Les adultes de la société actuelle, c'est pareil. Parce que cette dite société est infantilisante dans son mode de fonctionnement (du moins la société française), les gens ont encore beaucoup de choses à apprendre de la vie, même à un stade adulte avancé.

    4) Du fait de cette infantilisation, ou alors de notre côté animal peu importe, peut-être que les gens ont besoin d'avoir un cadre sécurisant dans lequel ils peuvent évoluer plus lentement certes, mais plus paisiblement? Peut-être ne peuvent-ils pas lâcher ce cordon de sécurité?

    Tu as bien démonté l'auteur du jeu du phoenix qui a déversé pas mal de conneries pour faire sa pub, c'est indéniable. Mais comment peut-on généraliser cette critique à tous les gens qui utilisent ce jeu? Il y a tellement de gens d'origines et de parcours de vie différents, que critiquer l'utilisation qu'ils font de ce jeu reviendrait à faire une attaque ad hominem à leur propre personne, qui pourrait se traduire +/- au final par "tu joues à ce jeu, donc tu es un ignorant/mouton car tu pourrais trouver mieux ailleurs".
    Qui sommes-nous de pouvoir juger de l'entièreté d'une personne? N'est-ce pas les prendre de haut? N'est-ce pas jouer à dieu?

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"As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
Ce que tu veux m'apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
Est-il utile que tu m'apprennes cela ?
Dans le cas contraire, pourquoi tiendrais-tu à me le dire ?"
- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.