Blog Archive

mardi 28 août 2012

travail en cours

-une illustration d'Anaïs, pour les philosophes

Grégoire/Joseph, Maîtres, chap. XIV.

Une illustration que je trouve ratée, peut-être réutilisée en miniature, encore pour les philosophes.

lundi 27 août 2012

Critique : Okhéania t.2 : la Chute






Trois mois de répit m'ont remis : allons-y donc !

Rappelez-vous, la dernière fois nous étions resté suspendus à un suspense et à moult interrogations, que j'avais, je crois numérotées de 1 à 17.

Jasper va-t-il retrouver Jon ? Où est la fille de l'Imperator ? Qu'est-il arrivé à l'équipage du Koala ? pourrait-on se demander si on suit le fil de l'histoire.
Mais bien entendu ce que je me demande, personnellement c'est
1) Sur QUOI cette surface de feuilles est posée ? Et comment se fait-il que la surface soit entièrement recouverte de feuilles, mais que la lumière parvienne néanmoins aux étages inférieurs, tel qu'on le voit dans les passages de Tania et Jon ?
2) Comment Jasper espère-t-il retrouver Jon ? Je rappelle qu'ils étaient sur leurs surfs, à 10km de leur navire minimum, qu'un tsunami a pu les faire dériver, qu'en outre le Vagabond s'est déplacé de sa location précédente, et que le Poséidon n'a pas récupéré Jasper à l'endroit où Jon a sombré, puisqu'il a été récupéré par un patrouilleur volant.

On me dit que les réponses sont dans le tome 2, alors, go !
D'abord la couverture, qui est décente. On ne me verra pas être méchant gratuitement avec Alice Picard : son dessin se défend. En voyant ça on se dit, chouette une aventure en milieu végétal, c'est excitant.



"La chute", bon, le titre est peut-être mal choisi, mais il se passe tellement rien que c'est effectivement difficle de mettre des mots sur ce néant. Voyons la quatrième de couverture :



Ce qui est effectivement un bon résumé de l'histoire. On pourrait très bien se passer de la lecture de ce machin et… Non ? Vous êtes venus ici pour m'entendre rager ? Etranges personnages. Bref, allons-y !



On ouvre sur une scène de poursuite, de nouveau "quelque part sur Okhéania". La méchante chasse Jasper en hélicoptère, mais lui parvieent à la distancer néanmoins sur son surf magique. Dans un effet sonore des plus laids, incrusté à l'ordinateur par un singe, visiblement, on voit que le moteur de la machine ne veut plus démarrer. Bon.
Jasper l'a distancée, mais, ciel ! sa blessure le tance méchamment, c'est une balle dans le bras, quand même. D'autant plus qu'elle "se rouvre chaque fois que je fais un geste un peu trop appuyé" soupire notre héros.
…Euh, se "rouvre" ? Il fait encore jour, la poursuite n'a apparemment duré que quelques heures ! Comment aurais-tu trouvé le temps de cicatriser ?
Mais notre héros s'arrête : "Eh, je reconnais ce mélange de feuilles… C'est ici que Jon s'est noyé."



Pause.
AUTHENTIQUE.
Un TSUNAMI est passé par là, en retournant complètement la surface de l'eau, mais Jasper "reconnait le mélange de feuilles". Ouaw. Non, désolé, je m'imaginais pas qu'on trouverait une échappatoire aussi conne. Je suis admiratif, vraiment. Vraiment.
Certes, s'ils doivent se repérer à la surface, on peut imaginer qu'ils développent une perception accrue des types de feuilles, des courants, etc. Mais au point, vraiment de reconnaître l'endroit EXACT où quelqu'un s'est noyé, plusieurs jours auparavant après le passage d'une tempête. Neh, suspension of disbelief desactivated.
Après qu'une vision fantomatique et kitsch de Jon soit apparue dans les cieux et que Jasper se soit demandé où son amour perdu a disparu, se demandant s'il est encore en vie, s'il lui sera encore possible de réparer les erreurs du passé, de reprendre tout à zéro, ou je sais pas quoi, il se fait happer par un crochet qui se saisit de sa jambe de pantalon et le pend par les pieds. Dieu du ciel ! La méchante en hélicoptère !
"LACHEZ-MOI !
–JAMAIS !!!", répond la méchante.
Jasper déchire son pantalon, lassé que la méchante soit aussi caricaturale et qu'elle le poursuive sans aucune raison et sombre dans les profondeurs d'Okhéania.
ENFIN ! On va peut-être voir ce qu'il y a sous la surface et qu…
BOUM.

Des monstres. Okay, d'accord. Sous la pellicule de feuilles, il y a… Des monstres pleins de dents et de tentacules. D'accord, c'est parfaitement logique. Ca n'explique pas comment les feuilles tiennent, certes, mais bon, détail. Jasper est sur le point de se faire manger quand tout à coup, hop changement de scène. C'est bon pour le suspense. Mais bon, ces monstres ne sont qu'un hallucination, jamais évoquée, et jamais expliquée, donc bon, passons.
On refuse à la famille de nos héros (Grand-Père de Jasper, parents de Jon) l'entrée de la cabine du capitaine du Poséidon, qui est en train de cuver. Ils forcent l'entrée et l'engueulent. Qu'est-il arrivé à nos enfants ? Ah non, mais on en sait rien nous, rétorque le capitaine et son adjoint, ce qui est fondamentalement vrai. L'adjoint au col mao précise d'ailleurs, que merde, gérez un peu votre progéniture, on est pas des nounous. Euh, l'argument tiendrait si tu n'avais pas enfermé l'un des deux dans une de tes cellules, mais bref.
Ce que d'ailleurs le grand père de Jasper pointe : tu es capitaine, sac à vin, t'es censé être responsable de ce qui se passe sur ton vaisseau. Là, le capitaine se met à geindre que la méchante était méchante, une harpie, un virus, une plaie, un tsunami ! Tout ce qu'il sait c'est qu'elle agissait pour le compte de l'imperator, voilà je peux rien vous dire de plus.



…Si, tu pourrais leur dire l'objet de ta mission, étant entendu que tu l'as révélé sans problèmes à un gosse de 10 ans, qui plus est le petit-fils d'un des types à qui tu causes, mais bon. Détail. On l'interroge sur le devenir de Jon, ce à quoi il répond ne l'avoir jamais vu. Et puis avec les courants, tout ça, il doit être mort à l'heure qu'il est. "Je refuse de le croire !" s'exclame le père de Jon.

Euh, attendez une seconde. Vous vous rappelez la réaction des parents de Jon, quand on leur annonce que leur fils a effectivement sombré ?

Non seulement ils le croient. Mais en plus, ils sont déjà à se morfondre et parlent de pleurer sa mort ! J'avais dit pour le tome précédent qu'ils étaient bien prompts à assumer le stade de l'acceptation dans leur deuil, mais bordel de queue, là, c'est le retournement complet : ils nient sa mort, le fait qu'il ait sombré, tout, alors même que Jasper leur a expliqué qu'il avait disparu dans les profondeurs. Wouh, des personnages cohérents. Je veux pas dire, mais normalement, la colère vient AVANT l'acceptation dans les étapes du deuil.
En plus, dit le capitaine, il faut faire le plein. parce que les cuves du Poiséidon sont vides. Oh, on va enfin savoir à quoi carburent ces vaisseaux !
Changement de scène, zut.
Retour à l'épave du Koala.
Jon, contrairement à l'amazone rousse, incarnation parfaite du bon sauvage, en a marre de continuer à chercher autour de cette épave(il dit même que ça fait des jours qu'ils rodent autour). Pas d'indices, pas de traces, rien du tout ! Mais si, rétorque Tarzan/pocahontas : on a trouvé un petit collier. Ouais, ben ça nous fait une belle jambe, rétorque le garçon, ça ne nous dit pas s'ils sont encore en vie. Non, répond Tania, par contre, ce collier a été fabriqué ici, ce qui montre qu'ils ont peut-être été recueilli par mon peuple.
BON. Alors pourquoi continuez-vous à chercher et n'allez-vous pas plutôt, je ne sais pas, interroger des gens de ton peuple ? Ah, ils y vont, cette scène était inutile, d'accord. Devant la persévérance de Tania, décidée à trouver des renseignements, Jon lâche un "tu ne laisses jamais tomber, hein ?"
– Tous ceux qui se noient dans la forêt d'okhéania  ont besoin d'aide et de protection… Leur offrir l'une et l'autre est notre plus ancienne tradition ! Je l'ai fait pour toi il n'y a pas si longtemps, Jon…
– Je sais…Je n'ai pas oublié… Je t'en serais éternellement reconnaissant, Tania…
– Ton coeur déborde de gratitude à mon égard,… Mais je lis dans tes yeux qu'un autre sentiment l'assombrit…
– Tu lis clairement en moi, Tania… Mes parents doivent se morfondre… J'aimerais les revoir… Leur dire que je vais bien…
– Je ne peux pas t'aider à retrouver les tiens, Jon… Nous ne sommes pas faits pour vivre en surface… Je suis désolée…"
Plus tard on verra que cette connasse avait en fait un moyen parfaitement simple d'aider Jon à rallier la surface, mais bon, on est pas à ça près. Puis on arrive à un bout de dialogue un peu plus intéressant.

"Qu'y a-t-il en bas ?, demande Jon alors qu'ils se baladent sur les branches.
– Je ne sais pas. Les Anciens m'ont toujours enseigné qu'il valait mieux éviter de descendre car c'est au pied des arbres que rôde le danger…
– Ahahah !
– J'ai dit quelque chose de drôle ?
– non, c'est simplement qu'on m'interdisait de surfer pour les mêmes raisons ! D'après mes parents, personne ne pouvait survivre sous la canopée. Avant de te connaître j'étais persuadé que seuls les monstres et les démons peuplaient les entrailles d'Okhéania !
– Il faut croire que l'enfer se trouve toujours un peu plus bas."

J'ai laissé ce bout de dialogue intact, parce qu'il était décent. En fait, il m'a beaucoup fait penser à "Sorcier!" une série de romans de Moka que j'ai beaucoup aimés, où justement on lui raconte que les forêts du nord sont peuplées de monstres et de dragons, et que forcément, au nord, ils s'imaginent que ce sont les plaines qui sont remplies de créatures étranges. Ici, malheureusement, nous ne parlons pas de Sorcier! Mais bien d'Okhéania et la réciproque n'y existe pas : les mecs de la surface ont peur de sous l'océan, et sous l'océan on craint les profondeurs, point. 
Le bipeur de Jon, dont j'avais dit qu'il aiderait probablement à se retrouver à la surface d'Okhéania, se met soudain à sonner, et il suit le signal pour trouver… Jasper ! Qui s'est cassé la gueule à travers les branches. Wouhou ! L'histoire est bientôt finie !
…Ou pas.
Morceau d'océan vert au fond duquel se détache un monticule.
"Les îles sont rares sur Okhéania."
WO-PO-POP ! CORBEYRAN ! A la base, tu m'as vendu un monde ENTIÈREMENT recouvert de feuilles, donc où des îles devraient être INEXISTANTES. Reviendrais-tu sur le concept ? Oh, tiens, c'est surprenant dîtes voir.
"Il n'en existe que quelques unes, affleurant à la surface de l'océan végétal. Elles apparaissent comme des nuages isolés…"
Elles aparaissent comme des nuages, tu veux dire, par l'assemblage de vapeur d'eau en cristaux de glace suspendus dans les airs, avant de se disloquer et de retomber en pluie ?
"…délicatement posées au milieu de l'azur infini…"
Un AZUR infini. Sur un océan vert. Bon.

"Dans ce monde fragile où seul le mouvement permet de se maintenir en vie, un espace où poser le pied est un bienfait incomparable et un luxueux privilège. Ce qui fait de ces quelques atolls des endroits prisés et très convoités. La plupart de ces terres sont la propriété de l'Imperator. Est-il besoin de préciser que ce dernier les a conquises par la force et que c'est par la force qu'il les maintient sous son autorité ?"

Je craque, je vais être obligé de rappeler à Corbeyran ses propres paroles. Rappelez-vous que dans le dossier, dans une naïveté qui ferait passer Imagine de Lennon pour une analyse géopolitique correcte en comparaison, il disait ceci :
"L'absence de "continent" entraîne une absence de "pays", ce qui entraîne une absence totale de notion de "patrie" et de source de "conflits". Ainsi la paix semble régner sur Okhéania sans qu'il y ait besoin d'un mot pour la désigner puisque son opposé, la guerre, n'existe pas non plus."

OKAY. DAKOR. Pas de pays, implique pas de guerre.
Mais manifestement, il y a des terres, il y a des pays, il y a des armées, et il y a même des guerres.
EPIC FAIL.
Bref. 
J'ai l'impression que l'Imperator s'adresse à moi, là, idiot que je suis à brûler des heures d'été sur le compte d'Okhéania,

On voit l'Imperator, un gros eunuque couvert de bijoux, engueuler son fidèle lieutenant : la méchante. Bouh, tu as échoué. Mais votre altesse, je n'ai pas échoué, je vais réussir. Elle explique qu'elle n'a plus de vaisseau, que la cap'tain' du Poséidon est une outre à alcool de fleur et en plus elle a failli attraper un espion ! On ne précise pas de QUEL CAMP serait originaire l'espion, hein, mais bon. L'imperator reprend. Bon, ben tu as une semaine, tu es sous la responsabilité de l'amiral Shark, et si t'y arrives pas en une semaine, ben il te tueras. Voilà.
Shark est bien sûr un gros macho, qui l'appelle "beauté" et "poupée" et qui lui saisit le bras quand elle arrive à bord. Elle réplique méchamment qu'elle cassera les dents de Shark s'il s'avise à nouveau de l'appeler ainsi, parce qu'elle ne l'aime pas et que, bien sûr, on veut nous la présenter comme une femme forte et indépendante perdue dans un monde d'hommes méchants. Shark se la joue genre "c'est moi qui ai lancé ta carrière", ensuite de quoi ils laissent leurs différents de côté et se serrent la main. Shark dirigera le vaisseau et elle, les recherches, chouette. Sinon, Shark est marchant d'esclaves.
Changement de scène. Bon, c'est une maladie.
Sous les branchages, Jasper est en vie, sans même passer par la case "bandages sexy" à laquelle avait eu droit Jon, malgré la balle qu'il s'est prise dans le bras. Ce dernier, d'ailleurs, se taille une planche en bois, histoire de pouvoir quitter ce trou à rats et rejoindre la vagabond grâce à son bipeur. Jasper lui répond qu'il pourrait très bien errer à la surface sans jamais capter de signal. Et en plus, pour quelqu'un qui voulait toujours braver les limites juste pour voir un coin d'océan vert un peu plus vert, t'es vachement pressé de rentrer chez toi.
Ouais ben toi, pour un putain de froussard, t'es vachement à l'aise au milieu de nulle part, lui rétorque Jon.
Ben, j'étais content d'être en vie. Je suis content que tu m'aies retrouvé quoi, dit Jasper.
Hé ho, connard de blond, à la base, c'est TOI qui devait le retrouver et le ramener, ALLO, t'en as fait le serment, et tout. Viens pas dire ensuite que c'est LUI qui t'as retrouvé. Mais Jon est encore plus con.
"C'est Tania qui t'a retrouvé."
C'est grâce à ton BIPEUR qu'on l'a retrouvé, mec. Mais il fait genre, j'ai pas envie d'être impliqué dans un truc tel que le sauvetage de mon meilleur ami, d'accord, génial.
Jasper lui gueule dessus que, merde, on s'est fait recueillir par Tania après s'être cassé la gueule à travers plusieurs kilomètres de végétation tu pourrais quand même être un peu reconnaissant.
Remarquez qu'il n'a pas de bandage au bras…

Jon lui répond que sa reconnaissance il peut se la carrer là où le soleil ne brille jamais. (Bon, pas vraiment, mais c'est l'idée). Bref, petite dispute pourrie entre amis, super.
Tania demande ce qui va pas, après tout tu disais auparavant que c'était le paradis ici. Ouais mais je me sens à l'étroit. Ah ok. Jasper décide d'emmener Tania pour laisser Jon finir sa planche, alors que le bandage qui marque sa blessure par balle vient miraculeusement d'apparaître (faux raccord, mais ça me fait poser la question plus générale d'à quoi servait sa blessure par balle au bras. C'est vrai, quoi, ça ne le ralentit pas, ne lui fait pas si mal, et un instant après, c'est guéri.). Il dit à Tania que c'est normal que Jon se sente mal, parce que c'est un surfeur dans l'âme et qu'il ne peut se passer des sensations que ça lui procurait. Alors qu'en bas, l'air est lourd, moisi, humide(ce qui me fait me demander comment cet océan ne pourrit pas, mais bref).
…Mais qu'un peu plus tard, il en a un.

"Mais toi Jasper, n'es-tu pas aussi un glisseur-né ? Ca ne devrait pas te manquer aussi ?
– Euh, oui, mais…
– Mais ?…
– Euh rien du tout, pas que je sois amoureux de toi, hein pas du tout, mais euh, tu comprends euh…"
Revenons à la réplique originale :
"C'est ainsi Jon ne changera jamais, il n'est jamais content de ce qu'il a, jamais satisfait de l'instant présent ! Il ne vit que dans l'espoir de découvrir ce qu'il n'a pas encore vu,pas encore touché, pas encore senti, pas encore vécu ! Toujours plus loin, toujours ailleurs, toujours demain !"

Facepalm. Euh, Jasper ? Jon veut RENTRER CHEZ LUI. Il veut revenir à ce qu'il avait AVANT. Je ne pense pas qu'on puisse résumer sa volonté nostalgique de retrouver sa famille comme un désir complètement stupide de matador aventurier imbu de lui-même. AU CONTRAIRE, il se satisferait bien de ce qu'il avait AVANT plutôt que de rester à explorer cette terre étrangère. C'est complètement con, ma parole.
Sur ce, on voit que la princesse Helénia et son équipage se font jeter du village d'aborigènes le plus proche, on leur dit de passer leur chemin. Sur quoi, Hélénia balance un coup de tibia dans la jambe du vieux chef ("méchant barbu", clame-t-elle) qui a des peintures sur la gueule histoire de montrer sa sagesse.
Bon, et les traditions d'accueil et d'hospitalité, du coup, bande d'hypocrites ? se demande Jasper.
Ben, en fait l'Imperator dévaste les forêts et kidnappe des gens au nom de la loi du plus fort, et il en fait des esclaves qui travaillent dans ses mines, d'où il tire sa puissance. Et du coup, ils ont kidnappé sa fille pour changer tout ça. Leur revendication est simple : elle ne sera rendue qu'une fois que tous les esclaves seront libérés. Voilà.

Bon, bon, bon.
a) COMMENT TU SAIS CA, TANIA, COMMENT ? Y'A CINQ MINUTES, VOUS VOUS DEMANDIEZ OÙ ETAIT PASSÉ L'EQUIPAGE DU KOALA, ET LÀ TU CONNAIS LES DÉTAILS DU KIDNAPPING ? Elle débarque, se demande qui c'est, ne reconnait pas la petite fille et trois secondes après, sans apport d'information d'où que ce soit, elle déblatère le plan. Wouaow.
b) Des mines ? Dans un monde où les îles sont rares ? Hahaha. On nous montre l'île la plus large elle a l'air de faire 1km en long et en large, youpi.
c) Si les kidnappeurs venaient vraiment des profondeurs, pourquoi ont-ils fui dans les airs, plutôt que de s'enfoncer dans les feuilles, ce qui les aurait ramené chez eux ? Coup de bol de s'être fait abattre pas trop loin de leur planque ? Ou alors comment ils auraient pensé s'immerger, d'ailleurs ?

Bref, attention, la scène la plus conne du tome 2, probablement.
Tania dit que s'ils n'hébergent pas la princesse c'est par peur des représailles, au cas où l'imperator songerait à se venger.  Déjà, je comprends pas ça : comment ça, des représailles ? Ils volent vos enfants pour en faire des esclaves sans que vous ripostiez jamais, en quoi des représailles vous inquièteraient ? Ca peut difficilement être pire que maintenant. Tania affirme ensuite que quelqu'un venant de l'extérieur serait probablement d'une grande aide pour l'entente entre les kidnappeurs et le reste des habitants des bois.
Mais qui pourrait jouer ce rôle de médiateur, s'interroge Jasper dans une situation que je suppose conçue pour être drôle.
"Tu ne devines pas ?, reprend Tania, malicieusement.
– Qui… Moi !?!", s'exclame Jasper, surpris.
Mort de rire, les mecs, je reviens, je vais reprendre mon souffle.
5 minutes plus tard
…Me revoilà.

Mais là, Jon s'interpose et veut être le médiateur à la place de Jasper, disant qu'il n'est pas plus idiot qu'un autre. Je voudrais objecter à cette dernière proposition, mais passons. Retranscrivons son discours cucul fait pour convaincre les gens.
"Voilà… Je m'appelle Jon, Je viens de la surface et j'aimerais y retourner le plus vite possible. Je suis tombé de haut et j'aurais pu mourir, mais vous m'avez sauvé la vie. J'apprécie bigrement le fait d'avoir été accueilli ici !"
Résumé : "Accueillir les gens, c'est bien."

"Je connais mal vos coutumes, mais je sais une chose : si une loi arbitraire s'impose à vous, il ne faut pas avoir peur de l'enfreindre ! On peut être attaché à ses racines et ne pas craindre de s'affranchir des limites imposées par les autres  !"
Euuh, bon d'accord, mais QUEL RAPPORT ?
Tu mets en évidence deux propositions 1) être attaché à ses racines et 2) s'affranchir des limites imposées par les autres. QUELLE RELATION y a-t-il entre les deux ? S'ils ne veulent pas accueillir la princesse, c'est par peur de l'Imperator, pas du tout pour préserver des traditions ! Certes, Jon a enfreint des limites imposées par on ne sait qui : il s'est abîmé dans la mer de feuilles, néanmoins ce serait de fort mauvaise foi qu'il pourrait tenter de nous faire croire qu'il l'a fait consciemment.

"C'est mon cas, c'est également le cas de ceux qui ont enlevé la princesse. Ils aiment la liberté et la forêt autant que vous !"
Ouiiii, boooon, mais quel rapp… Oh, et puis zut.

"Et c'est pour les défendre qu'ils ont agi ! Si cet enlèvement est le seul moyen de faire entendre raison à l'imperator, alors il mérite notre soutien à tous !"
D'accord, mais bon, pour l'instant, tout ce que tu as dit c'est que ces gens qui ont kidnappé la princesse pour faire pression sur l'imperator ont en fait kidnappé la princesse pour faire pression sur l'imperator, c'est dingue, heureusement que ta vision de l'extérieur t'a aidé à faire la part des choses et à trouver les mots juste, je pense que les ravisseurs eux-mêmes n'auraient su comment exprimer cela.

"Car si nul ne se dresse pour montrer à ce despote que l'usage de la force ne mène à rien, il continuera à se servir de vous pour asseoir sa soif de domination. Il faut accueillir ces gens et soutenir leurs revendications. Merci de votre attention."
Traduction : "si personne ne fait usage de la force pour montrer à ce despote que l'usage de la force ne sert à rien, il continuera à se servir de vous." Bravo, Jon. Plaider pour l'usage de la force (i.e. le kidnapping) en affirmant que ça ne mène à rien, c'est magistral.
Même le discours cucul du héros, on n'arrive pas à le faire décemment.

Là-dessus, la princesse s'avance en applaudissant ironiquement, sans doute pour lui montrer les failles de son raisonnem…

"Bravo ! Quelle éloquence ! Tu ferais un excellent ambassadeur !"
Qu…Quoi ?

"Hélas, tes idées sont naïves et tes paroles sonnent creux !" 
Euh, que ça sonne creux, oui, c'est parce qu'il dit de la merde, mais "naïves", il suggère grosso modo de te tenir en détention, toi, une enfant, et t'utiliser comme monnaie d'échange. On a vu plus fleur bleue, comme plan.

"C'est de mon père qu'il est question… l'imperator en personne"
Ce besoin secret que se sentent les gens de pointer l'évidence.

"Mon père est puissant et cruel ! Regardez-vous ! Vous n'êtes qu'une bande de primates qui vivez à moitié nus dans les arbres !"
Hélénia, tu es en train de quémander le droit de rester dormir dans ce conglomérat d'habitations, pas en train de supplier une foule de te lapider ! Il y a cinq minutes, tu exigeais à grands cris qu'on te laisse dormir là ; quelqu'un prend ta défense, et paf, tu commences à les insulter ? Mais ALLO MC FLY, Y'A QUELQU'UN AU BOUT DU FIL ? Et puis, ton père "puissant et cruel", est-il besoin de rappeler que sa cruauté est la raison même de ta présence ici ? Et sa puissance, quand elle n'a pas suffi à te protéger, quelle valeur accorder à son invocation ? Bref, elle chiale qu'ils n'ont aucun sens de la hiérarchie et donc qu'ils seraient incapables de renverser l'imperator. Bon, sang, mais si tu veux effectivement être hébergée ici comme le montre ton coup de pied vindicatif dans le genou du vieux sage, alors il était en train de t'AIDER, nul besoin de le couler.
Jon dit qu'il n'a effectivement aucune idée de comment renverser le pouvoir de l'autocrate, mais qu'il est effectivement ouvert à la discussion.
Là-dessus, le vieux sage avec des peintures sur la gueule débarque, et va trancher ce qu'il convient de faire.
"Je t'ai écouté Jon… Tes paroles sont sages…"
QUOI ?
"Je propose qu'on accueille ce groupe de visiteurs pour la nuit… Que chacun réfléchisse et qu'on décide demain matin de la meilleure façon d'agir…"

OKAY. D'ACCORD. D'ACCORD. Il n'a absolument rien dit que les ravisseurs eux-mêmes n'auraient pu dire, mais bon, je suppose que c'est un détail. Dans ce monde, ce sont des paroles SAGES. D'accord.

Le soir venu, Jon et Hélénia vont jouer à touche-pipi. Elle débarque alors qu'il est en train de tailler son substitut phallique en forme de surf.  Là, la fillette reconnait justement qu'elle est désolée et que Jon essayait effectivement de l'aider, admettant là que son intervention n'avait aucun sens, c'est bien, cette BD commence à se corriger.
…Enfin, elle reconnait qu'il l'a aidée à être hébergée, tout en défendant sa détention comme bibelot, ce qui est une curieuse façon de l'aider. Ensuite de cela, ils parlent de surf. En passant, Hélénia évoque les points les plus évidents du script : Jasper en pince pour la sauvageonne. Sur quoi Jon s'énerve qu'on ose désigner Tania sous le nom de sauvage : sa culture est différente, mais ça ne l'autorise pas à la juger. Bon, maintenant qu'on a placé un peu de vivre-ensemble et de tolérance de l'autre et de sa culture, cochant ainsi les cases "pocahontas" du cahier des charges, on peut reparler du surf. Une PLEINE PAGE de Jon expliquant comment il faut ne faire qu'un avec la vague, et toutes ces conneries, ce sur quoi elle dit que ç'a l'air génial, j'aimerais tellement faire du surf.
Mais tu es une princesse pourtant ! s'étonne Jon. Tu peux avoir tout ce que tu veux.
…Et c'est l'occasion d'une page de ouinouinouin c'est pas facile d'être une princesse, ma vie est monotone, tout m'est interdit, ouinouinouin, je suis trop protegée, ouin ouin ouin, "Je suis presque contente d'avoir été enlevée. C'est une expérience enrichissante… Je ne me suis jamais autant amusée !"

Encore un modèle féminin positif, une fille qui aime se faire kidnapper, youpi.
Mais elle déteste la forêt, alors elle veut s'en échapper, à cause des saletés de bestioles qui errent et qui vous dévorent de partout, les deux ados sont contents et, réunis par leur haine de la forêt, ils sont sur le point de "se connaître" au sens biblique du terme, quand tout à coup ils décident de partir.



(J'aimerais que tu me montres comment fonctionne cet engin", non, bon, la métaphore phallique n'est même plus drôle.)

Alors ils s'enfuient, pouf.
Je ne déconne pas. Ils sont 8000 pieds sous la surface d'Okhéania, mais ils s'enfuient, comme ça, pouf de retour à la surface, sans qu'on nous explique le comment ou le pourquoi de l'escalade.

Jasper et Tania, le lendemain, ne trouvent pas Jon. L'amazone conclut d'ailleurs en ramassant quelques copeaux, qu'il a terminé sa planche. 
Les Experts, Okhéania.

On s'aperçoit à grands cris qu'Hélénia a échappé à ses geoliers. 
"Voilà ce qui arrive quand on n'attache pas ses prisonniers !
– Je te signale que c'est toi qui était chargée de la surveiller !
– Je suis comme toi, la nuit, je dors."

NON MAIS SERIEUSEMENT. 

OKAY, LES GARS, ON A TROUVÉ LA FILLE DE L'IMPERATOR, LA CLÉ DE NOTRE LIBERTÉ, ASSEYONS-LA SUR UNE CHAISE, NE LA LIGOTONS PAS ET NE LA SURVEILLONS PAS, TROP RIGOLO, HAHAHA. Des personnages qui risquent leur vie pour kidnapper une enfant, avec au bout la libération de leur peuple, mais non, la surveiller, c'est trop méchant.
Après trois pages inutiles, on décide de tous partir, même avec Jasper, vu qu'il connait mieux les courants et les marées. ILS N'ONT ABSOLUMENT PAS ÉVOQUÉ LE FAIT QUE JON ET HELENIA S'ÉTAIENT ÉCHAPPÉS À LA SURFACE, ils pourraient simplement être partis ailleurs dans les branches, sans que cette possibilité soit évoquée ; mais Jasper parvient à faire de sa connaissance des courants un argument pour qu'on l'emmène. Bravo, bien géré. Certes, Jon parlait de retourner à la surface, de même qu'Hélénia, mais rien n'indique qu'ils l'ont fait, ou même qu'ils sont partis de leur plein gré, ils auraient tout aussi bien pu être kidnappés à nouveau, trahi par quelqu'aborigène pour le compte de l'imperator, etc.
Mais bon, magiquement avertis par le scénaristes nos héros décident de partir à la surface.
Je veut juste montrer un autre moment de sagesse profonde du vieux sage complétement camé :
"Ce n'est pas très prudent ! s'exclame le vieux.
– La prudence ne mène pas loin ! Il faut parfois prendre des risques !, reprend Tania avec force.
– Eh bien, voilà un argument qui n'admet guère de réplique."

Je vous la remets, s'il vous plait.

"Ce n'est pas très prudent !
– La prudence ne mène pas loin ! Il faut parfois prendre des risques !
– Eh bien, voilà un argument qui n'admet guère de réplique.", sourit le vieux tas de chair.



Magnifiques, magnifiques dialogues. Mais par pitié, ce vieux sénile est con comme la pluie, c'est pas permis. D'accord les vieux sages sont souvent comme ça. Dumbledore ou Yoda ont des moments d'absence, de ridicule ou d'incohérence, mais on leur donne du crédit pour d'autres moments dans l'histoire, parce que ce sont des personnages imposants, réellement sages, et qui parviennent à balancer des répliques qui leur donneront du poids plus tard et nous feront pardonner ses écueils. Là, le vieux con se contente d'arriver et d'applaudir béatement à l'étalage de la stupidité, cliché au possible des héros. C'est comme si Corbeyran s'était dit "là je vais caser un discours cucul et là une bravade de la part de l'héroine qui cherche à s'émanciper" mais sans savoir quoi mettre en ces lieux, pensant sans doute que le contexte suffirait à endormir le lecteur et à lui faire croire que ces interventions étaient justifiées, voire intelligentes, alors que non, rien à voir.

Lançons-nous à leur recherche ! Mais nous n'avons pas de vaisseau, zut. Attends, moi j'ai une idée ! Mais il ne faudra pas avoir peur du ridicule, sourit notre malicieux Jasper, alors que cela dézoome sur la jungle terrible.
…Et on voit qu'ils sont, "quelques heures plus tard" en train de voguer sur la mer végétale sur les restes du Koala, arrangés pour former un navire.
Okay, d'accord, ils ont remonté les 2000 mètres qui les séparaient de la surface, en portant une épave. Sacrée escalade. Et on saute ça. Genre c'est pas important, ou pas difficile. Pas mal en "quelques heures". De même, vous remarquerez qu'en une seule nuit, Jon et Hélénia, tous deux agés de genre 10 ans et partis copuler munis uniquement d'une planche en bois, ont également réussi à rallier la lumière du jour. Fantastique. Si c'est si facile de remonter des profondeurs meurtrières d'Okhéania, c'est à se demander pourquoi on en a si peur.
Sur leur bateau, ils disent qu'ils vont bientôt réussir à les rattraper, vu qu'ils ont une voile et que les deux tourtereaux n'en ont pas. Je me demande également pourquoi ils n'utilisent pas simplement le bipeur de Jasper pour détecter celui de Jon. Mais bon.
Changement de scène.
Retrouvons le Poséidon. On se rappelle que le capitaine avait évoqué la sécheresse de ses cuves, nous laissant espérer qu'on allait enfin connaître quel type de bioéthanol faisait fonctionner les machineries fantasques d'Okhéania. Et le vainqueur eeeeest… Du mazout.
Du mazout.
Un dérivé de pétrole, donc.
C'est à se demander (je sais que j'utilise beaucoup cette tournure de phrase, désolé) où est-ce qu'ils ont placé leurs puits de pétrole, tiens, dans le monceau de compost qui sert de sol à cette planète.
Le capitaine bourré nargue donc un mec en annonçant qu'il n'a pas les moyens de le payer, et ce alors qu'il est encore en train de remplir ses cuves. Envoyez la facture à l'Imperator. Crétin, lui repond-on, Mazout Industrie appartient à l'Imperator, il serait surprenant qu'il veuille se payer lui-même. (…Ou alors, il donnerait du carburant aux gens qui bossent pour lui, au choix) On fait mine d'inverser la manoeuvre, mais il les menace d'un pistolet, les ligote, et repart avec ses cuves pleines. Ouf.
Rappelons-nous le monde de paix que nous promettait Corbeyran. Comme déjà dit : forcément, dans un monde sans ressources, dur d'imaginer des guerres. Maintenant qu'on a des îles, des mines, du mazout… Là, ça commence à chauffer, tiens donc.
Alors que le capitaine bourré se sert un verre, le grand-père de Jasper pointe un flingue sur sa nuque.
"Bon sang, j'ai déjà dit que je ne pouvais pas vous aider, alors…
– Capitaine, votre caisseau est équipé de sniffeurs et de suceurs pour récupérer les mulets n'est-ce pas ?
– Mais ?… On n'a jamais parlé des mulets, ni des sniffeurs, suceurs et autres ustensiles étranges au nom fortement connoté que vous évoquez…
– Chhht. Je sais, mais c'est pour créer un suspense pour le lecteur, vous voyez, y'aura une grosse révélation dans le prochain tome.
– Euh, oui, mais une révélation sur un truc qu'on n'a jamais vu dans l'histoire et dont on se fout, ça…
– Chhht.
– Bon. Bon, d'accord. Les sniffeurs et les suceurs. Dieu du ciel, on n'a même pas réussi à inventer un technobabble correct.
– Bref, c'est moi qui ai mis ces appareils au point lorsque je travaillais dans les laboratoires d'Ever Rest… Je sais comment reprogrammer les sniffeurs sur d'autres fréquences que celle des mulets…
Mais les plans du grand-père sont interrompus par une nouvelle : on a repêché deux gosses sur une planche de glisse ! Jon et Jasper, s'exclame le grand-père en baissant son pistolet, étonné du miracle. On amène les enfants mais c'est en fait Jon et… Hélénia, qui est venue avec lui, terrible coup du sort. Ils ont retrouvé le Poséidon alors même qu'il a été faire le plein et donc qu'il n'était plus du tout au même endroit.
Le grand-père de Jasper est content de revoir Jon, mais lui demande quand même où est son petit-fils. Hélénia répond qu'il est resté dans la forêt. Grand-papa lui demande qui elle est, sur quoi il se fait assommer par une bouteille de vin bien carrée dans la nuque.
"Pourquoi avez-vous fait ça ?", demande Jon, traduisant pour une fois mes pensées. Le capitaine ne daigne pas répondre et ordonne qu'on se débarrasse du vieux, probablement vexé qu'il ait pointé une arme sur lui. Il désigne également Jon à son adjudant, histoire de le foutre en taule aussi. Jon parvient à esquiver les sales pattes du méchant second, quand tout à coup Hélénia lui fait un croche-patte, juste pour montrer à Jon à quel point elle est méchante.
"Pourquoi as-tu fait ça ?, continue le héros dans son étonnement idiot.
– Parce que mes nouveaux projets ne te concernent plus, Jon."
Là-dessus, une fois débarrassée de son plan cul, elle affirme au capitaine qu'une fois qu'il saura qui elle est réellement il brûlera d'envie de la ramener chez elle, mais elle est coupée par l'ivrogne qui connait déjà son identité, haha, princesse Hélénia, et qui affirme qu'avec l'argent de la récompense il va peut-être pouvoir se payer un nouveau vaisseau, ou une île.
…Soudain ils sont attaqués par des requins volants. Bon, profitons de ma stupéfaction pour mettre l'histoire en pause, voulez-vous ?

1)Hélénia avait joué la carte du "je suis une pauvre princesse j'ai besoin de liberté". Si c'est sincère (comme le montrent dans une certaine mesure les tomes 3 et 4) pourquoi cherche-t-elle absolument à rentrer chez elle ?
2) Jon parlait à l'origine de simplement apprendre à Hélénia comment faire du surf. A quel moment cela devient-il "échappons-nous définitivement et entrons dans ce gros vaisseau rouge" ?
3) Bien entendu, ils tombent sur le Poséidon. Déjà dans le précédent tome, on avait vu qu'il n'existait sur tout Okhéania que deux navires, en tout et pour tout : Poséidon et Vagabond. Rajoutez celui de Shark, maintenant, et vous avez fait le tour.
Sans doute la meilleure scène, je crois que ça en dit long.

Bon, attaque de requins volants, Jon s'empare d'une mitrailleuse et les dégomme. Fort de sa position, il réclame un canot de sauvetage pour lui et le grand-père de Jasper. Bon, alors OÙ SONT SES PARENTS ? Je veux dire, ils étaient sur le navire, on dit qu'on doit recharger les cuves et on ne les revoit jamais. Juste Papy Jasper, c'est tout. Disparus les parents. (En fait ils sont partis sur leur vaisseau, ce qui n'explique pas comment/pourquoi, ni pourquoi papy Jasper ne les a pas accompagnés, mais bref).

Cependant Maître Coq, le cuistot, fameux pour sa scène d'anthologie du rouleau à pâtisserie mentionne le fait que les requins ont attaqué la coque trop violemment, perçant le réservoir, qui est actuellement en train de se vider. Il n'est pas possible de le réparer, d'ailleurs, parce que le vaisseau a déjà commencé à s'enfoncer. Huh ? Comment ça, quand on est immobile, on s'enfonce ? Mais, le tome précédent, vous vous êtes amarrés pour plusieurs jours au Vagabond, en précisant bien "STOPPEZ LES MACHINES", avant de le faire ! Et vous vous êtes pas enfoncés !
LEs deux bateaux lorsqu'ils étaient amarrés…


…Et l'endroit où le Capitaine donnait l'ordre de stopper les machines.


Mais bref.

Oh, j'adore ça, le scénariste qui se réveille : "Mais ? Ce gros machin absurde ne pourrait jamais flotter, vite, faisons-le couler !" Mais ça ne répare rien.

Le Poséidon passe à travers la surface feuillue, nous montrant ENFIN, ce qui tient la surface : des branches. Hé ouais. On est posé sur des arbres, comme on s'y attendait. Ca n'a aucun sens, comme on s'y attendait. Les branches vont jusqu'en HAUT. Il n'y a qu'un mince tapis de feuilles. Comment ce tapis de feuilles peut-il dès lors se comporter comme un fluide et avoir, genre, des tsunamis ? Comment les arbres survivent sans lumière, puisque masqués par les feuilles ? Comment vous avez fait pour faire le plein, puisqu'on voit bien que vous êtes arrêté ? Comment les feuilles tiennent, alors qu'on voit clairement qu'elles devraient passer au travers du tamis de branches ? (d'ailleurs, le plan de la case de gauche, ci-dessus montre bien qu'il y a de l'ESPACE sous la surface). Tant de questions dont Corbeyran se fout, vu qu'il a écrit le scénario en 30 minutes, apparemment.



En haut, les glandus sur le navire (les quatre ravisseurs, Jasper, Tania) arrivent vers les cadavres de requins auparavant massacrés par Jon, et… Au bord du puits creusé par le Poséidon dans sa chute. Un puits, oui. Les feuilles ne remplissent pas l'interstice. Alors même qu'on a vu qu'elles pouvaient former un Tsunami(donnant son titre au tome 1), elles ne se déversent pas dans le trou. Okay. Logique. Bien entendu on pleure sur la mort de ces malheureux qui ont creusé le trou en tombant, alors qu'on sait très bien que personne ne meurt jamais en sombrant dans Okhéania.
En bas, le vaisseau s'est écrasé, sauvé par une mousse abondante et surnaturelle, qui amortit sa chute. Les six personnages dont on a quelque chose à foutre survivent(Maître-Coq, le Capitaine, le second, Hélénia, Jon, papy Jasper), alors que le reste de l'équipage disparait sans un mot ni une larme de leurs ex-compagnons, apparemment. Ils sortent de la carcasse métallique, éclairés par des champignons fluorescents qui sont très à-propos placés là, pansement scénaristique aussi gros que celui des cailloux-brillants-incrustés-dans-les-murs qui garnissent nombre de livres dont vous êtes le héros ou d'aventures de Bob Morane. 
Là, on s'exclame "Maître-coq ! Quel plaisir de vous entendre ! Au moins, nous ne mourrons pas de faim !"
…Euh, il est cuisinier, il n'a pas le pouvoir magique de chier du pain et de pisser du jus de pommes, il ne peut pas faire apparaître de bouffe, juste en accommoder. Ca veut dire quoi ? "on a un cuistot, hop, résolu le facteur bouffe" ? C'est con. S'il y a de la bouffe dans le vaisseau, je crois que les autres personnages auraient pu se démerder pour survivre.
En fait, la bouffe, à Okhéania, ça n'existe pas.
Mais la vérité, vous la connaissez. Corbeyran est si fier de sa scène du rouleau à pâtisserie, qu'il a décidé de faire de Maître-coq un des personnages principaux. 
Prise dans les racines des monstrueux arbres qu'on imagine désormais aller depuis les profondeurs jusqu'en haut, une ancienne cité en ruine. Sur quoi, le capitaine annonce son pressentiment de "n'être pas seul", alors que ça dézoome sur un tas d'albinos bizarres dans l'obscurité.

Ouf, c'est fini. Pour le tome 2. Encore trois.

Bref, synthèse : c'est toujours nul.
Mais franchement le dessin s'améliore, et on a deux-trois scènes qui peuvent être valables par leurs dialogues, il y a un progrès manifeste, ce serait de mauvaise foi que ne pas le reconnaître.
Mais c'est loin d'être suffisant.
Nous verrons par la suite que la plupart de mes conjectures étaient vraies. Notamment, mes calculs sur la circonférence d'Okhéania et la disparition du Vagabond à l'horizon se révèlent vrais parce que… ? Nous sommes sur Terre, hé ouais. Pas de statue de la liberté pour confirmer, mais c'est certain, ce sera révélé par la suite. Mais les indices sont déjà légion. Notamment, l'île la plus large qui s'appelle Ever rest.
Ever rest.
Hé ouais.
L'Everest.
Le monde a simplement été submergé par des arbres géants. Cependant puisque l'Everest est le sommet du monde, ça veut dire qu'il y a 8km de végétation qui recouvrent le monde, ce qui rend encore plus incroyables les escalades magiques de Jon et Jasper jusqu'à la surface. En outre, si l'Everest culmine bien à 8848 mètres et qu'il parvient à peine à sortir la tête de l'eau, il ne doit pas exister beaucoup d'îles. On les dit rares, mais c'est peu dire. Il doit y en avoir une vingtaine à la surface de la terre, après tout, il n'existe que 14 sommets de plus de 8000 mètres si l'on exclut leurs sommets secondaires.
Mais nous verrons cela la prochaine fois, parmi les autres incohérences.

…La prochaine fois, le tome 3 : les profondeurs…

Last of the Timelords

…in a nutshell. (03x13)



Dîtes pas que je spoile, pour penser que le Master meurt définitivement saison 3 du revival, faut être assez naïf…

Hétéronormativité : "Elle est bonne"


hétéronormatif (h muet)/e.te.ʁɔ.nɔʁ.ma.tif/
  1. Relatif à l’hétéronormativité.

  1. Qui considère l’hétérosexualité comme l'unique orientation sexuelle à suivre, comme une orientation sexuelle normale ou comme une orientation sexuelle supérieure aux autres (saphismebisexualité...).

  1. Qui suit les valeurs ou les codes hétérosexuels dominants dans la société.


“Elle est bonne !” un idiot, quelque part. 

C’est quand même étrange que le terme “bonne”, qui auparavant ne désignait que des facultés morales – la bonté elle-même, la gentillesse, la compassion – en soit réduit à définir une taille de soutien-gorge et de hanches appréciables pour les yeux lubriques de la gent masculine. Il y a seulement 100 ans, qu’on annonce une femme en précisant qu’“elle est bonne”*, tout de suite, on la sent sortie des Misérables, on l’imagine nourrir des chiots meurtris à la cuillère, héberger des orphelins et déchirer ses vêtements pour faire des bandages aux pauvres ; bref, une chouette personne. Aujourd’hui “Elle est bonne” a bien, dans son sens immédiat, un rapport avec le fait de bander, mais il ne s’agit plus trop de faire des pansements… 
Elle est bonne” implique aujourd’hui dans les cours de récré’ le désir de copulation, la volonté de se la faire et, dans un cas extrême, le déclenchement physique d’une érection. Terme évidemment utilisé par des hommes, pour des femmes. Vu l'âge des intervenants ici décrits, disons par des hommes en devenir, pour des femmes en devenir.
Je dis “définir une taille de soutif, de fesses”, parce que le terme “bonne” ne désigne, semble-t-il, plus rien que des quantités. Au collège, je me souviens encore du débat : peut-on être “bonne” sans être belle ? Il en était advenu que oui, cela était possible. Une fille avec des seins parfaits, des fesses admirables, mais un visage porcin, lépreux, sclérosé, répugnant pouvait être bonne. S’ensuivait une quantité folle de grivoiserie sur le fait que, hé, si t’es pas content, ben, tu prends le problème à l’envers. Rires gras. “Bonne”, c’était purement sexuel ; “Belle” convoquait des sentiments plus purs, le mental plutôt que le corps, la simple appréciation d’une harmonie visuelle, et pas l’envie sauvage de faire trembler un matelas. Au fond, ce n’est pas étonnant, si l’on part du principe que le terme “bonne” signifiait “bonne au lit”, et donc habile sexuellement. Qu’il désigne ensuite des critères purement physiques et inertes, au lieu de capacités, montre bien à quel point on s’imagine la sexualité féminine comme passive et inactive. L’homme fait tout, la femme se contente d’être belle ; voilà le message envoyé par cette migration du sens de “bonne”. 
Au fond, pour désigner une “meuf” comme “bonne”, nul besoin de convoquer notre sens esthétique, il suffisait de laisser parler sa queue et ses hormones, bêtement. Si tu sentais le rouge monter aux joues, la goutte poindre et tes moyens se perdre dans une humidité quelconque, alors, oui, elle est bonne. Pas besoin de jugement, de prise de décision ou d’appréciation : c’est du pur ressenti, presque animal. Déjà à l’époque, à l’aube de ma puberté, l’adjectif me débectait. Enfin, un peu. Parce que si, du consensus général, la beauté était quelque chose de relatif, comme le montrait l’agencement étrange des couples autour de nous, qui semblaient indifférents à nos critères de beauté et nous incitaient par conséquent à l’humilité quant à l’universalité desdits critères ; une meuf “bonne” n’avait pas besoin d’être belle. Elle devait juste faire bander, et ça, c’est très différent. 
Néanmoins, il fallait un consensus, il fallait savoir qui était “bonne” et qui ne l’était pas, c’était vital. Pourquoi ? Je ne vous ferai pas l’injure de prétendre que ce genre d’accord était nécéssaire à “la survie de la tribu”**, faisant passer notre incivilité et notre sexisme pour des réflexes préhistoriques survivants à toutes les tentatives culturelles de les gommer, non, ce serait idiot. 
Je pense simplement qu’à l’âge des premiers émois, on avait besoin de référentiels, surtout quand on se rend compte que la beauté, ben, c’est relatif et que, justement, on se découvre des réactions nouvelles à d’autres formes de beauté. On a besoin d’un socle, d’un critère commun pour pouvoir parler de ces nouvelles aspirations – le sexe – sans se faire remballer par un indélicat qui affirmerait que hé ho vous êtes en train de vous exciter sur une fille vachement moche. Et si on ne pouvait discuter de la beauté, parce que tous goûts figurent au grand livre de la Nature, la “baisabilité” ou “bonnitude”, j’en sais rien, était discutable. Pour la simple et bonne raison que, comme le montre le débat entre “belle” et “bonne” susmentionné qu’on abandonnait la référence esthétique. Au final, “bonne” n’était plus rien d’autre qu’un certain ratio entre la quantité de seins et de fesses, point barre. Uniquement des quantités. Parce que la quantité est la seule chose quantifiable, discutable et donc négociable.

N’allez pas vous méprendre : je ne dis pas que les adolescents que nous étions se sont rabattus sur des critères purement biologiques, non. Je dis simplement que devant la foison de critères de beauté, nous n’avions pas envie de prendre parti et de suivre nos inclinations, par peur des moqueries. Si tu aimes les grosses, ou les chutes de reins imposantes, ou les petits seins, bonne chance pour assumer cela, à l’âge où l’on rougit encore automatiquement. Le critère “bonne” fut un terme-tampon, dont on pouvait discuter, avant de l’accepter en commun et de l’utiliser ensuite de concert. Une fois les pendules remises à l’heure et tout le monde d’accord sur qui est bonne et qui ne l’est pas, on pouvait ensuite s’affaler sur un mur et se laisser aller à siffler à l’unisson les femmes qui nous passeraient devant, bêtement et sans heurts. Ainsi, ce n’est pas une régression à la biologie, ou à la préhistoire, c’est simplement la création d’un consensus social de ce qui est baisable ou pas, afin ensuite de pouvoir s’y conformer sans subir des moqueries, quitte à mettre ses goûts de côté. Plus tard, une fois qu’on avait gagné en assurance et tâté un peu mieux le terrain étrange de la sexualité, le débat recommencerait. “Belle” et “bonne” pourraient à nouveau être confrontés, et le terme “bonne” abandonné. Le néologisme vulgaire avait rempli sa fonction : il pouvait repartir d’où il venait, dans le grand repertoire de nos maladresses enfantines. Désormais, on pouvait discuter ouvertement de ce qui était beau ou pas, sans peur, puisque finalement on acceptait que la beauté était relative, tout comme la baisabilité vu qu’elles étaient la même chose. (peut-être aidés par internet et le flot de bizarreries en découlant, qui nous avertissait de ce que la sexualité humaine avait de vaste et d’étrange, impliquant parfois des poulpes, des crochets de fer et des fouets) 
Au fond, l'usage du terme “bonne”, tout comme son abandon, revenait à accepter que les partenaires sexuels sont choisis culturellement, plus que naturellement. Son arrivée dans nos discours dénotait que tous les garçons se réunissaient pour définir qui était bonne et qui ne l’était pas, ceux qui dérogeaient étant moqués : c’est bien un contrôle social des goûts sexuels des gens, mais inconscient, puisqu’on est persuadé de détenir un critère universel. Et quand on abandonne ce terme, sorti du grand chambardement des hormones, c’est parce qu’on accepte consciemment que l’attirance sexuelle est complètement relative et façonnée par la culture et par nos rapports avec les autres, plus que par notre biologie, au fond. 
Ainsi ce terme révèle plus qu’il ne semblerait peut-être au premier abord. Et derrière ce qu’on pourrait prendre pour de l’animalité idiote se cache, à mon avis, le désir inquiet que nos goûts sexuels soient acceptés par les autres, quitte à devoir recourir au dénominateur commun des proportions de chair, en abandonnant le reste de ses fantaisies. Ce consensus, par contre, n’est pas sain, puisqu’il brime toute autre aspiration. Il suffit de s’imaginer comment les adolescents homosexuels se sentent face à cete distribution générale d’étiquettes “baisables” ou “non-baisables” à laquelle ils sont conviés à participer, en tous temps. Leur malaise, certes, prend aussi source dans les innombrables traces d’homophobie que les préados se sentent obligés d’exercer, parfois sans prendre conscience de la violence de leur propos. Ainsi les “pédé”, “enculé”, “tarlouze” sont des insultes courantes, et elles participent de l’hétéronormativité dominante. Et ne dîtes pas que c’est innocent. Inconscient, oui, innocent, non. Si vous considérez qu’être homosexuel est quelque chose de si infamant que vous vous en servez pour salir les autres par cette accusation, ou que vous vous battez parce qu’on a osé vous définir comme tel, n’allez pas dire que vous n’avez “rien contre les pédés” ensuite. 
Mais sans aller jusqu’à être homosexuel, situation douloureuse entre toutes***, il est déjà très dérangeant de devoir se soumettre à pareille norme dans une période d’incertitude. Vous me direz que je caricature, que les ados ne sont pas tous des moutons, certes. Personnellement, je suis entré au Collège à 9 ans****, je débarquais avec un sac à dos plus gros que moi, alors même que de l’autre côté de la rue des Croix-Rouges s’étalaient les classes supérieures (7ème à 9ème, système Vaudois EVM, aujourd'hui abandonné par la votation de la LEO) et que certains redoublants de 18 ans venaient à l’école en voiture. C’est intimidant. Et, déjà catégorisé comme “l’intello” – parce que j’avais sauté une classe, à défaut de sauter autre chose – j’avais le désir profond de ne pas m’aliéner mes compagnons, surtout pour quelque chose d’aussi trivial que le cul des filles (surtout qu’avant, disons, mes 11 ans, bon, le débat avait pour moi une connotation byzantine, vu que je l’admirais de l’extérieur, sans avoir le concours d’hormones qui me donnerait l’empathie nécéssaire à comprendre les effusions de mes amis d’alors) Je participais alors aux rires gras, aux classements de nénés, au top 10 des bonnasses qui avaient alors cours, simplement parce que je ne voulais pas prêter le flanc à encore plus de moqueries que ce que je récupérais déjà, surtout sur un terrain qui m’étais aussi étranger. 
Pour autant, en me regardant de dix ans plus tard, je ne me considère pas mon moi passé comme un animal lubrique, non. J'étais simplement complaisant aux codes qui existaient, et maladroit, si maladroit. Je repense à la phrase de Dumas, dans Vingt Ans Après :
Les yeux des Ecossais flamboyèrent, et, comme cela arrive souvent en pareille occasion, ils passèrent de l'extrême honte à l'extrême impudence (…)
– Chap. LVIII, l'Écossais parjure à sa foi, pour un denier vendit son roi 

Passer de l'extrême honte à l'extrême impudence. Une stratégie de défense, en somme.
Maintenant, ça ne m’a pas traumatisé, certes, mais qui prétendra que personne ne l'a été ? Comme toute norme, elle peut blesser, profondément ceux qui ne s’y retrouvent pas. 
Ce problème est un problème français, puisque la distinction entre “hot” et “beautiful” qu’on peut trouver en anglais n’a absolument pas la même connotation. Les femmes ne s’y trompent pas. Un “t’es bonne” balancé au hasard peut bien vous valoir une claque. Ce topic internet, datant de mars 2008 le montre aussi : des anglais s’interrogent sur la différence belle/bonne
N’empêche, les mots sont importants. Même si je jugeais là les pratiques d’enfants de 12 ans.





Notes :


*D’un autre côté, le fait d’insister sur la bonté d’une personne pouvait être un moyen de déprécier ses autres qualités, beauté, intelligence, etc. Ainsi un de mes amis a été totémisé, processus qui, dans mon groupe scout implique de faire une liste de 50 adjectifs qui définissent la personne. Le terme “gentil” est revenu 6 fois (!) preuve de la volonté générale, en surlignant ce trait de caractère, d’esquiver ses innombrables maladresses. Autre exemple : “il est sympa”. “Sympa”, l’atome du compliment. Le minimum syndical de l’interaction sociale positive. 
**D’autant plus idiot que pour “la survie de la tribu” il faudrait que tout le monde baise avec tout le monde, pour être pragmatique. Faire une sélection en abandonnant les femmes qui auraient des petits seins, en complaisant complètement aux goûts des mâles ne bénéficie pas, au final, à l’espèce, même du point de vue du darwinisme le plus crétin qu’on tente de nous coller partout. Un autre exemple de darwinisme crétin est le fameux “si l’inceste est interdit un peu partout, c’est pour éviter les malformations”. C’est idiot de penser que les gens auraient fait le lien entre inceste et malformations. La plupart du temps, ils n’ont absolument pas conscience de cela quand ils appliquent cet interdit. En outre, deux personnes qui ne SAVENT PAS qu’elles sont parentes n’ont aucun problème à coucher ensemble. Il n’y a aucun mécanisme PHYSIQUE qui vous empêcherait de copuler avec vos consanguins, c’est un mécanisme purement SOCIAL. 
***Profitons-en pour parler du fait que Tchô! Le journal de Titeuf, entre autres, commence à publier les aventures de Bichon, un petit garçon armé d’un sucre d’orge (?) qu’on croirait sorti de Sailor Moon, aux prises avec les Machos de la cour de récré, et amoureux du playboy de l’école : un certain Jean-Marc. Je crois que ça tombe à pic avec la rédaction de cet article sur l’hétéronormativité des cours de récré (ce n’est pas prémédité, Twitter m’avertit de l’existence de ce héros alors même que je rédige la fin de ce texte) et les réactions contrastées que ne manquera pas de provoquer la série contribueront sans doute à souligner encore ce que je dis. Toutefois, si c’est pour faire une histoire d’amour manquée qui dure 20 ans, type “Cédric” aux éditions Dupuis, ou pour nous montrer que tous les gays se baladent avec des sucres d'orge magiques… 
****Anecdote que je ressers souvent : on avait des cahiers de gym, où l’on devait inscrire ses performances année après année. On y trouvait un graphique avec, sur un axe, l’âge de l’élève ; et sur l’autre axe, la performance (e.g. le nombre de tractions, le temps mis pour faire un 2000m, etc.) avec, bien sûr une courbe moyenne pour garçons et pour filles afin de comparer nos résultats dans le temps, et nos progrès. Cependant, le tableau n’allait que jusqu’à 10 ans. Ma première année, j’ai donc du tous les élargir et poursuivre les courbes dans la marge, en rajoutant une colonne “9 ans” maladroitement tracée au crayon. Et déjà CA, ça me faisait chier.