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mardi 2 octobre 2012

Daleks, ADN et Bourne : Legacy

Ou du rôle surestimé de l'ADN dans la science-fiction contemporaine. C'est mauvais de donner autant d'importance à votre génome parce que ça donne l'impression, à force, que l'ADN est VRAIMENT une sorte de version compressée de vous-même. Comme si à partir d'un poil de votre cul à 3 ans on pouvait extrapoler toute votre vie, vos goûts musicaux, votre niveau de bridge, votre sexualité, etc.Et si les gens font, certes, la différence entre la fiction et la réalité, être submergé de fiction où tout est fictif sauf l'ADN n'est pas sain : le technobabble habituel a une prise toute différente. Si l'on parle de flux de neutrons, de timey-wimey, de nanobots ou autre, on sait qu'on nage dans la fiction la plus totale. Par contre, qu'on invoque l'ADN, ça fait plus sérieux, puisque l'ADN existe et qu'il a effectivement une fonction encodante, qui structure la genèse et le fonctionnement du corps humain, on ajoute plus de crédit, et donc, instinctivement, plus d'importance à sa fonction, même dans un contexte sérieux. 
Daleks & ADN : 
 
Dans l'épisode Dalek (1x11) le Dalek qu'ils retrouvent est désactivé : ses armes ne fonctionnent pas. Il semble que ce soit par manque de, disons, matériel génétique, ou de la péremption de ce dernier. En effet, malgré leur aspect de poubelles à roulettes armées d'un débouche-chiotte et d'un batteur à oeufs, les Daleks sont vivants. Et organiques : l'intérieur ressemble à une sorte de poulpe mutant. Ils sont, à l'origine, issus d'une ethnie humaine (ou qui a l'air humaine, les Thals) présente sur la planète Skaro mais à force de radiations, ils ont muté dans ce sens. Au final, se rendant compte qu'ils ne peuvent vivre que dans les radiations, ils projetent d'irradier la totalité de la planète, au mépris des Thals restant. Bien sûr, ils sont arrêtés par le Docteur et ses compagnons, puisqu'ils sont bien moins terribles que ce qu'on verra d'eux ultérieurement, capables ensuite de tuer par un simple rayon laser. Vous l'aurez compris, de par leur haine envers tout ce qui n'est pas eux et ne s'adapte pas à leur environnement, les Daleks sont une métaphore de la haine raciale et du génocide(le deuxième épisode les mettant en scène(The Dalek Invasion of Earth, 1964) les montre envahissant l'Angleterre – et la Terre en général – en 2142, l'année du centenaire du Blitzkrieg. On y voit du travail forcé, des collabos - dénommés Robomen, ayant subi un lavage de cerveau, et pour la première fois ils parlent effectivement "d'exterminer" les humains qui leurs seraient inutiles). Néanmoins la métaphore n'est pas aussi lourde que, mettons dans Harry Potter, où Voldemort a sa marque qui effraye tout le monde et des envies d'apartheid, de sang pur, des idées racialistes, etc. Avec bien entendu Dumbledore qui défaisait Grindelwald Dans le revival (2005), ils ont un passif beaucoup plus lourd que lors de leur création. Désormais clairement définis pour éradiquer toute espèce excepté eux, puisqu'ils les considèrent comme inférieures. La haine les définit entièrement. Le Docteur va jusqu'à dire qu'ils ont été conçus ainsi et incapable d'autre chose. Ceci justifiant, à son avis, l'extermination totale des Daleks, de par l'impossibilité de leur rédemption. L'épisode tourne donc autour de cette tension : le Dalek est chargé d'exterminer tout autre être vivant… Mais le Docteur ne fait pas preuve de beaucoup plus de clémence à son égard, de par les multiples crimes commis par son peuple. D'où la réplique "You would make a good Dalek" qui lui est adressée par l'alien, presque admiratif de la haine qu'il suscite chez le timelord. (C'est d'ailleurs repris dans le début de la saison 7, diffusé sur la BBC ce 2 septembre dernier, Asylum of the Daleks, où d'ailleurs le Premier Ministre Dalek dit que la haine (hatred) correspond au concept Dalek de la beauté, ce qui explique, dit-il, pourquoi ils ont tant de mal à tuer le docteur) Cependant, le Dalek, en manque de matériel génétique s'était reconstruit biologiquement avec… De l'ADN de Rose Tyler. Quand elle l'a touché, elle a senti une brûlure, et pouf, taxé son ADN. Avec la ferme sensation d'enfin comprendre ce que ça fait de se faire spermjack, elle voit avec terreur sa progéniture accidentelle se mouvoir et tuer tout le monde, ce qui réduit encore aujourd'hui au désespoir nombre de parents. En effet, puisque reconstitué à partir de l'ADN de Rose, il partage avec elle quelques caractéristiques. Notamment, paf, il est capable de ressentir des émotions, de compassion et autres. Par conséquent, il est plus si méchant. Mais écoeuré de la résultante, puisqu'un Dalek n'est pas fait du tout pour ressentir des émotions, il se suicide dans une grosse explosion, pathétique. Ce qui me gêne là-dedans c'est le côté ADN -> émotions. Comme si l'absorption d'ADN changeait absolument tout, alors que celle-ci devrait s'accompagner, disons d'une grosse humanisation, non ? J'entends, ne serait-ce que morphologiquement il devrait un peu plus ressembler à un homme et moins à un gros poulpe ? Pourtant, voyez, semblable à lui-même. Il ressent juste, paf, des émotions. Sans qu'il y ait un changement fondamental de cerveau, de système nerveux, hormonal ? Il devrait techniquement faire sa puberté, non, s'il n'avait aucune des hormones associées à ses nouvelles émotions. D'un autre côté, peut-être qu'il la fait, sa puberté, ça expliquerait son suicide.
L'unique humain-Dalek

 Dans Daleks in Manhattan & Evolution of the Daleks (3x4-5)c'est légèrement mieux, les Daleks fusionnent avec l'espèce humaine pour survivre, parce qu'ils ont besoin de l'ambition humaine et de la cruauté, et aussi parce qu'ils ne sont plus que 4. Finalement, un seul des Daleks est humanifié, marche sur deux pieds, a une tête et deux bras, et là, il ressent d'autres émotions, devient clément, demande au Docteur de l'aider à trouver une nouvelle planète pour les hommes-Daleks, la nouvelle espèce qu'il veut créer. Finalement il se fait trahir par les autres Daleks, qui décident de le renverser parce qu'il n'est plus un Dalek pur, et ils injectent de l'ADN Dalek à des tonnes d'humains pour en faire des méchants (alors qu'il aurait fallu faire l'inverse, voyons, injecter de l'humain dans des Daleks pour qu'ils deviennent gentils). Le changement d'ADN se manifeste par un changement de métabolisme complet dont les émotions ne sont qu'un effet secondaire, pourquoi pas. Même s'il paraît étrange de mélanger de l'ADN ayant émergé sur Skaro, lointaine planète, avec de l'ADN humain, mais bon. TECHNOBABBLE. De même, dans Doctor Who, on invoquera le fait que River Song/Melody Pond ait été "conçue" au contact du vortex temporel, dans le TARDIS, pour justifier son ADN mi-humain, mi-timelord… Ce qui n'est pas très logique, puisque ça sous-entend qu'un timelord est simplement un homo sapiens mis au contact du voyage dans le temps, alors même que les Seigneurs de Gallifrey sont censés être bien plus vieux que l'espèce humaine… Quoique, on pourrait s'imaginer, bien sûr, que des homo sapiens terrestres ont construit des machines à voyager dans le temps (ou en ont rencontré puisque les TARDIS sont des êtres vivants) puis qu'ils ont remonté très loin en arrière en allant peupler Gallifrey… Mais bref, wibbly-wobbly, timey-wimey stuff. Et rien de tout cela n'est explicité. De même dans The Amazing Spiderman, c'est en s'injectant de l'ADN de lézard que le machin mute en gros reptile. (Voir ma critique) Dans tous ces cas, ça oublie une donnée fondamentale : l'ADN n'est pas un condensé de vous même qu'il suffirait de modifier afin que tout le reste change en conséquence, comme s'il s'agissait d'une petite poupée vaudou présente à l'intérieur de chacun de vous. Alors que non, la disposition préalable de vos cellules(certes déterminée par votre ADN) va changer beaucoup de chose. Typiquement, vous aurez du mal à changer la disposition de vos organes en changeant juste l'ADN. De même ce serait difficile de vous changer en dauphin ou de vous faire avoir du sang vert (et donc à base de cuivre, plutôt que de fer, comme certains invertebrés marins). [caption id="" align="aligncenter" width="597" caption="par contre ce film est chiant"][/caption] Par contre dans Jason Bourne : Legacy, on trouve un des bons exemples de technobabble pas soûlant et embrouillant juste comme il faut. On aurait filé à des cobayes de l'ADN modifié par un virus inoculé à intervalles réguliers, faisant que leurs mitochondries consomment 1.5% de protéines en plus, ce qui leur donne de la super vision et de la super perception et des super sauts et ils sont super balèzes et c'est des machines à tuer surdouées qui arrivent à falsifier des passeports, des cartes magnétiques, des billets d'avion et tout et tout. Sans ressources, hein, autre que deux trois cutter et trombones (sérieusement, à un moment c'est sous-entendu que Aaron machin il a reproduit un passeport avec des CRAYONS. ALLO MC FLY Y'A QUELQU'UN). Par contre, méga LOL de feu dans les cieux, quand ils disent qu'ils ont besoin des virus "vivants", en culture. Hé, les mecs, la moitié du temps, on considère pas les virus comme vivants. Mais bon pour le technobabble, je devrais réviser mes cours de biol, donc non, ça me soûle. Mais bon, c'est pas comme s'ils crachaient du feu, alors on admet. Néanmoins on s'emmerde ferme. Des gars qui courent après la liberté, pourchassés par le gouvernement qui veut les tuer parce que y'a trop une fuite en cours sur des programmes secrets, quoi. Alors on essaie de les tuer avec, genre, des missiles, tsé. Logique. Et après on tue des gens partout, pour éviter d'attirer l'attention. C'est sûr. Je pense qu'un journaliste qui bossait sur le cas d'un laboratoire chelou travaillant à des enzymes/virus mutant les hommes en superhéros va tout de suite arrêter ses recherches quand il découvrira que les membres les plus haut gradés de ces laboratoires secrets se sont fait abattre. Ca ne favorise pas du tout les théories du complot, tiens. Discrétion assurée. (J'aime comment, dans les films d'espionnage, on pense toujours que la mort par balle/empoisonné est plus efficace que tout, alors que bon, jetez un mec sous un camion c'est bien plus discret et parait moins concerté. Mais bon, quand on voit comment on fanfaronne à tuer au Polonium des Litvinenko…) Sinon la meuf sexy elle survit, parce que le tueur méchant qui devait abattre tout le labo avait un kiff sur elle et faisait un trip fétichiste sur des vêtements qu'il avait collecté. Mais génial, vendez-moi du rêve. Voilà. La meuf cruche, un peu. BREF, regarder ce Jason Bourne sans avoir vu les autres, c'est pas terrible. Et cette scène de course poursuite en moto, mais dieu que c'est chiant. Avec ce japonais qui débarque "le virus lui a donné un puissant sens du devoir et a diminué son empathie" ouiiii, ou alors on a balancé cette excuse pourrie pour justifier l'apparition du japonais vengeur typique de films d'arts martiaux. Sinon j'ai adoré le début comme on te balance des personnages secondaires inutiles juste pour les buter. Genre le mec dans la cabane, "tu es amoureux ?" oooh, gros mystère en vue, BOUM MISSILE. Bref, ouais, j'ai pas vu les premiers. Et puis je vois pas pourquoi m'emmerder à trouver une chute à cet article, personne les lit.

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Ce que tu veux m'apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
Est-il utile que tu m'apprennes cela ?
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- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.