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jeudi 3 janvier 2013

Journal de décembre.

J'ai essayé de tenir un journal, avec beaucoup d'insuccès. Je vais tenter de poster régulièrement des bouts ici (après tout c'est le concept d'un blog aussi, d'être un journal) en coupant les parties trop personnelles ou triviales, qui seront certainement remaniées avant que j'en fasse quelque chose.



6 décembre  
J'ai oublié de contribuer à ce journal.

7 décembre
Je prépare le fichier de ma présentation de 10h pendant le cours de 8h, jamais été autant à l’arrache.
J’improviserai.
Je regarde le ciel, une belle demi-lune. D’habitude je déteste voir la lune, parce que je les vois s’enchaîner dans les cieux, et généralement, quand je me prends à la regarder, c’est la pleine lune. Toujours. Donc je em dis «encore une pleine lune, encore un mois de passé». Mais au-delà du fait que le temps passe vite, ça veut surtout dire que je ne regarde la lune qu’une fois par mois, triste poète.

8 décembre
Il y a des jours comme ça où l’on se rend complètement compte qu’un an ce n’est que 365 jours alignés, qu’un jour ce n’est que 24 heures entassées. Quand on se retrouve un jour après l’autre devant les mêmes miroirs ou dans les mêmes draps, à se rappeler qu’un jour plus tôt on était là. Avec la sensation d’avoir fait un tour complet du monde. De son monde, du moins.
Les années ne passent pas trop vite, les jours ne passent pas trop vite, non.
Ce genre de sentiments s’accompagnent justement de la juste notion du temps, laissant derrière elle les méandres de la relativité générale. Ici le temps ne se contracte plus. Il ne passe pas trop vite. Ma mère se servait d’ailleurs de cet argument pour dire que «le temps accélérait». Argument de vieux con. Argument de bobet New Age en l’occurence, surtout vu la couverture du bouquin qu’elle exhibait. Nous sommes des poissons dans une rivière, que la rivière accélère, nous ne le saurions pas, à moins d’aller à rebours. Et le temps ne permet pas ça.
Le temps ne passe pas trop vite. Nous l’utilisons simplement mal.

9 décembre
Un dimanche de plus.

10 décembre.  
Gros cafouillage à la Bibliothèque.

11 décembre,  
j’ai pu cracher ma chronique sur Burland et la chocolaterie (...)

12 décembre
J’ai vu en me baladant que la tendre neige qui avait recouvert mon petit monde comme un duvet de moisissure s’était résorbée sous l’action du Sol Invictus, du soleil invaincu, qui accomplissait sempiternellement sa ronde alors que la neige, elle, ne tombe pas tous les jeudis. Un habituel sorbet à la boue avait rempli tous les trottoirs foulés par trop de gens, avant de finalement disparaître, quand il ne se gerçait pas sous forme de verglas.
Sauf en quelques endroits, derniers bastions de l’incarnation stéréotypée du froid et de l’hiver. Un globe de neige, mal taillé en sali de boue par taches trônait seul au milieu d’un terrain. Des mains juvéniles avaient du modeler le bas de ce bonhomme de neige, et c’est tout ce qu’il en restait. Un bas de bonhomme de neige. Etait-il démembré exprès et son autre moitié attendait le piéton un peu plus loin dans un dyptique macabre ? Les moitiés supérieures avaient-elles fondu ?
Toujours est-il que seule la neige rassemblée en bloc avait survécu.
La terre n’est-elle pas comme ça ? Globe isolé au milieu de rien. Et si le monde avait vu la formation de milliers d’espèces intelligentes, lors de ses 4 milliards d’années sans nous ? Et si l’univers avait été peuplé par des épopées, avant même que ne débutent les lois de la chimie ? Quand des particules voltigeaient dans un plasma originel et singulier, peut-être une conscience surplombait déjà des tas de leptons et de baryons ? Peut-être dans cette soupe voguaient par endroit des esprits ? Peut-être aussi volait-il des choses bien plus noires et complexes, dont nous n’auront jamais idées, nous qui ne pensons qu’en terme d’esprit et de matière*, et encore, nous imaginons la matière sous forme de petites billes fictives se heurtant les unes les autres.
Est-ce que l’esprit a pu précéder la «vie» comme on l’entend au sens biologique, au fond ?
Est-ce que la matière pense ? Bien sûr, en examinant une table on ne voit pas qu’elle pense, mais en nous examinant, rien ne l’indique non plus que nous pensons.
*En ce sens, Spinoza (mais avant lui Descartes) avait raison en décrivant qu’il existait deux aspects des choses : l’étendue et la pensée.

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"As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
Ce que tu veux m'apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
Est-il utile que tu m'apprennes cela ?
Dans le cas contraire, pourquoi tiendrais-tu à me le dire ?"
- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.