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mardi 19 mars 2013

Les communautés n'existent pas.

Les communautés, où commencent-elles, où finissent-elles, quels sont leurs réseaux ?

Certains, devant l'article encyclopédique de Mar_lard dont la longueur va devenir proverbiale bien que je ne sois pas vraiment certain de l’instant précis où la «page Word» est devenu l’unité de mesure universelle, ont décidé de botter en touche.
Et de dire que le critère «geek» n’était pas pertinent, puisque la «communauté geek» n’existe pas.
En l’occurrence ici par Zalifalcam, et là, à l'aide de l'article de Jérémie Conde. (Edit : Jérémie Conde précise dans les commentaires qu'il ne nie pas la question du sexisme, et en effet, c'est une erreur de ma part d'avoir pris son article comme tel, parce qu'il était invoqué ainsi par nombre de commentateurs de Mar_lard. Son article visait plus à décrire sa position personnelle vis-à-vis de la communauté "geek". Ainsi que Typhon ci-dessous, il s'en désolidarise. Par dilettantisme ou inattention, ou parce que par les propos qui accompagnaient le lien vers son article, j'avais des préjugés, je n'ai pas fait cette nuance.)
Déjà, c'est un article fertile, du moins aussi fertile que l'était le Rameau d'Or de Frazer, avec les défauts et les qualités qu'être un catalogue comporte. Et c'est bien pratique de voir tout cela agencé proprement, réuni, nous qui l'avions suivi par morceaux sur son feed twitter au jour le jour.
Les preuves sont accablantes, du moins elles sont nombreuses.
Mais pour les deux bloggers suscités cette accumulation manque sa cible, ou plus exactement, ces accusations ne s'additionnent pas, ne s'accumulent pas, puisqu'elles visent des pans différents du web, des individus différents, pas une communauté unie et définie. Et y'a pas de problème, hein, parce que  la communauté geek n'existe pas, il n'y a que des individus qui se disent geek.
Ils n’ont pas fondamentalement tort, le terme de "communauté geek" est flou, imprécis, voire recouvre des réalités divergentes mais je trouve ça de mauvaise foi, parce que ça met fin à toute possibilité d'interprétation sociologique.
J’entends, il n’y a pas de «communauté musulmane» ou de «communauté chrétienne» unifiées non plus. Et ça n'empêche pas de parler de christianisme ou d'islam, même si on doit le faire avec mesure. La chrétienté se subdivise en courants, et l’ «oumma» a des frontières variables qui se résument souvent à «ceux qui pensent comme moi, ou un peu plus loin quand ça m’arrange». Une bonne partie de l’identité islamique comme chrétienne consiste à dire ce qui n’est PAS chrétien ou musulman. De même que les geeks semblent passer leur temps à fixer des critères, des absolus auxquels souscrivent les gens : si t’as pas lu le silmarillon/vu toutes les saisons de Star Trek/lu le guide du voyageur intergalactique de Douglas Adams/lu tout le Disque-Monde, t’es pas un vrai geek.
Cependant, si je commence à développer des tonnes d’exemples de sexisme dans l’islam, il serait parfaitement déplacé de dire «l’islam n’existe pas» ou «la communauté musulmane n’a pas de sens» sous le seul prétexte que ses frontières ne sont ni fixées, ni étanches.
Un Ismaélien, c’est musulman ? J'entends, ils ont une théorie de la transmigration, pratiquement de la réincarnation et estiment dans une optique néoplatonique étrange que Mahomet serait l'incarnation d'un principe exotérique, la révélation évidente, le texte même (le zahir) et qu'Ali serait l'incarnation du bâtin, principe herméneutique l'explication du texte. Et étant donné que l'interprétation secrète du texte est plus importante que le texte, ils mettent Ali devant Mahomet, comme souvent les chiites. En outre, ils estiment que le principe ne fait que se réincarner : Adam et Abel, Abraham et Ismael, Moïse et Aaron, Jésus et Jean-Baptiste, avant Mahomet et Ali. Il y a toujours un type qui déblatère des trucs obscurs et son pote qui les explicite. Deux principes qui se réincarnent à travers l'histoire. (très en gros)
Un Ahmaddiyah (ceux qui ont fait le premier minaret de Suisse, btw) ça l’est ? Un druze ? Je veux dire, la moitié des druzes racontent que les musulmans iront tous en enfer sauf eux. En fait, la plupart des groupes de musulmans passent leur temps à dire que tous sauf eux brûleront dans la Géhenne pour l’éternité. Et le candomblé c’est chrétien ? Cette religion afro-brésilienne fait figurer de multiples divinités, les orixas (prononcer «oricha») issues des croyances des esclaves importés au Brésil, mais ils croient pourtant à un Dieu unique. Et se disent d’une certaine façon chrétiens. Un de leurs rites consiste par exemple à aller laver les marches d’une église. Et ils n’ont pas de problème à sacrifier un bestiau dans le terreiro local, procéder à un rituel de mise en transe où les danseurs incarnent des orixas avant d’aller allumer un cierge dans la paroisse d’à côté. Et les orixas ont des correspondants chrétiens. Ainsi Xango, principe de la foudre, est associé à Saint Jean-Baptiste ou Saint Jérôme selon les cas. L’Eglise ne considère bien sûr pas ces pratiquants comme chrétiens. Le sont-ils ?
Cependant, quoiqu’ils ne se reconnaissent pas tous mutuellement comme musulmans ou chrétiens, qu’ils passent leur temps à disqualifier l’islam ou le christianisme qui diffère du leur, ils ont des points communs : souvent, ils se disent musulmans ou chrétiens eux-mêmes.
(bien sûr, les druzes ou le candomblé sont là pour me fournir plein d'exceptions)
Le fait qu’une tonne de gens se prétendent geek ou adeptes de geek culture me semble déjà un signe important que s’il n’existe pas de communauté étanche ou définissable clairement, il existe clairement une dynamique sociale qui met un certain type de culture sur un plan différent et donne des points à ses adeptes de façon bien particulière.
D'ailleurs je trouve ridicule cette tendance à accorder plus de valeur à ce qui est "geek".
D'accord, la culture partagée a une valeur supérieure de par les inférences qu'elle provoque, mais tout de même.




TL;DR : la communauté geek, ça n’existe pas ? Pas plus que la «communauté chrétienne» ou la «communauté musulmane», pour autant ça n’interdit pas tout jugement et toute analyse sur ces groupes culturels.

12 commentaires:

  1. Même s'il est un peu longuet, je suis plus d'accord avec le texte de Zalifalcam (que je n'avais pas vu), qu'avec celui de Conde ou qu'avec le tiens.

    Le fait est que le monde est infiniment vaste et complexe et qu'il est assez difficile de faire tomber les humains pile poil dans des cases. Le fait est, et tu as raison de le dire, que ces cases sont abstractions pourtant utiles et pertinentes.

    Ceci dit, il faut pourtant s'interroger sur la pertinence de ces groupement, et en particulier, quand le nom de ce groupe, de cette communauté, est employé dans un nombre de contextes aussi varié que le mot geek.

    Certes, les musulmans sont particulièrement divisés entre eux. Cependant, d'une part, ils se sentent musulman entre eux. Un sunnite et un chiite dans la même pièce se sentiront respectivement sunnite et chiite, mais si un chrétien arrive, ils se sentiront tout deux musulmans et ayant plus en commun qu'avec le tiers.
    D'autre part, malgré toutes les divergences entre musulmans, il y a tout de même une caractéristique commune à tout les musulmans, en l'occurrence elle est facile à établir : ils croient tous qu'il n'y a d'autre dieu que Dieu, et que Mahomet est son prophète.

    En ce qui concerne le mot "geek", je l'ai vu employé pour désigner les choses suivantes :
    - Les rôlistes
    - Les linuxiens
    - Les amateurs d'heroic-fantasy
    - Les programmeurs
    - Les amateurs de gadget à la con
    - Les fans de Star Wars
    - Les fans de jeux vidéos
    - Les fans de Science-fiction
    - Les amateurs de Mèmes
    - Les fans d'Apple
    - Etc... Etc...

    Tout ces groupes ont des intersections non nulles, mais il ne me paraît pas utile de créer une surcatégorie qui regroupe tout ces ensembles.

    À l'origine, le mot "geek" était un mot américain très péjoratif désignant quelqu'un qui était passionné, de sorte qu'il fallait préciser de quoi. Un passionné d'ordinateur, c'était un "computer geek".
    (Dans "Fire !", épisode de la saison 4 de Daria, Quinn s'exclame "You mean I almost went out with... A COMPUTER GEEK ?")

    Partant, il aurait été stupide de parler d'une communauté de geeks. Les passionnés ne forment pas une seule communauté générique, les passionnés de quelque chose forment des communautés autour de leurs centres d'intérêt respectifs.

    Avec la popularisation d'Internet, le mot "geek" s'est répandu, et son sens original s'est dilué. Je pense qu'il avait perdu toute bribe de sens avant de passer en Français.

    De temps en temps, quelqu'un se base sur cette ancienne définition du mot geek pour pousser une gueulante dont voici un bon exemple, contre les "faux geeks".

    Personnellement, ayant trouvé la Voie, illuminé de ma sagesse linguistique et ayant renoncé à mes pulsions normatives de grammar nazi, purifié par la vérité de ma Science, je préfère prendre acte du fait que le mot "geek" n'a plus aucun sens depuis longtemps, et renoncer à m'en servir, en particulier pour me désigner.

    C'est pourquoi, linuxien, lecteur de Tolkien et de Frank Herbert, programmeur du dimanche, visiteur de 4chan, blogueur, tweeter, rôliste très occasionnel, pseudo-compositeur, je proclame solennellement ici que je ne suis pas un geek, que je n'en ai jamais été un, que je n'en serai jamais un, que je ne me sens pas solidaire des gens qui partagent les caractéristiques énoncées ci-dessus juste parce qu'ils les partagent avec moi, que je ne réponds que de mes actes, et que je ne me sens pas tenu par des étiquettes employées par et pour des imbéciles qui ont besoin de se catégoriser.

    Mort aux cons.

    Typhon

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    1. D'abord, merci de ton commentaire.
      Navré du délai, j'avais fait un long commentaire de réponse, mais bon, dépassant les 4096 caractères de limite de Blogger je vais tenter de le reformuler.
      Disons que majoritairement je suis d'accord.
      Mais il existe des gens qui se revendiquent "geek" ce qui change à mon avis la donne. Commentaire suivra.

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    2. Ben oui, c'est un terme à la mode. Plein de gens veulent être à la mode, donc se revendiquent "geek" :D

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    3. J’aurais du mal à en faire une surcatégorie, mais je pense qu’elle est déjà en cours chez ceux qui se revendiquent d’être geek et d’ailleurs contestent l’article de Mar_lard : «Je suis geek et cet article ment, nous ne sommes pas sexistes !»
      Que le terme «geek» englobe beaucoup (trop) de choses, d’accord. Tolkien ou le code informatique ne sont pas «geeks», mais des pratiques disparates peuvent être rassemblées dans un mouvement, par agglutination : ainsi le courant Hip-Hop, graffiti ou rap pré-existaient à son déploiement. Quel lien entre ces deux choses et le DJing, le Break Dance, etc. ? Aucun sinon le mode de socialisation qui les a rassemblés, cette «culture de la rue», à laquelle se greffe des repères esthétiques, vestimentaires notamment. Et je pense que pour certain «geeks» revendiqués parmi mes amis, c’est le cas. Et quoique ça n’ait pas de liens, ils aiment l’informatique, les sciences, Tolkien, la SF, etc.
      Sous cette forme, ce n’est qu’une sous-variété de pop culture, soit.
      Mais, si le mode de socialisation a son importance, j’ai une autre théorie : la pop culture, prenons l’exemple de Daria, a remisé les «geek» dans quelque chose de dépréciable quel que soit leur domaine de passion. Ils furent donc classé dans la même case, classés dans les mêmes personnages boutonneux et mal-aimés dans leur lycée/université, et surtout mal-aimés par la gent féminine (ton exemple semble bien le montrer) et qui compense son inadaptation sociale par l’érudition, et en étant pote avec les autres parias.
      J’ai l’impression que des gens ont récupéré cet archétype à leur compte de façon positive, s’y sont identifiés. Et comme ces domaines hétéroclites étaient classés sous la même catégorie par le quidam, il les a embarqués en pack.
      Je pourrais faire une analogie avec la néo-sorcellerie ou le satanisme : des catégories hyper négatives, d’abord inventées pour disqualifier les païens ou les hérétiques, puis instrumentalisées pour se débarasser de ses voisins. (les cours inquisitoriales à l’échelle du Saint-Empire, libérées des conflits de voisinage, rendaient des verdicts plus cléments)
      Dans les fait, il est probable que quasiment personne ne pratiquait la sorcellerie (insérer ici thèse à la con sur de pauvres femmes prenant des drogues qui n’expliquent absolument rien) mais que c’étaient des catégories inventées par des théologiens hargneux. Augustin prétend que les païens invoquent le pouvoir de démons, pourquoi ? Pourquoi ne pas dire que seul Dieu détient le pouvoir ? Simplement parce qu’ensuite ça justifie une action sociale (violente, souvent) envers ces groupes sociaux : ils sont dangereux ! Ils invoquent Satan !
      Ensuite de cela des gens peuvent être tentés de récupérer ces accusations : à ce qu’il parait si t’invoques Satan t’as du pouvoir, alors pourquoi pas ? Et on a donc, de nos jours, de la néo-sorcellerie, des satanistes, qui pratiquent des parodies de rituels, probablement inventés pour dégoûter le lecteur des méchants païens. (En ce sens, ils sont parmi les plus chrétiens d’entre nous)
      La catégorie «geeks», quoique dépréciée socialement, contenait également du pouvoir, sur le plan intellectuel. Être geek, c’est avoir l’érudition, et de même, dès qu’un terme est vecteur de pouvoir, il est récupéré.
      Cependant, le «geek» revendiqué est le cul entre deux chaises, d’un côté, il s’identifie à un archétype marginal, exclu et mal à l’aise avec les femmes et de l’autre, sa culture est parmi la plus répandue, Tolkien est un best-seller. Et il ne consomme que des produits à fort tirages. Ce déchirement le conduit à se rassurer sur son identité en bashant des néophytes qui ont l’audace d’aimer les mêmes choses que lui mais pas comme il faut, et dans un grand hasard cosmique, pouf, ça tombe beaucoup plus vite sur les femmes, ennemies naturelles du geek.

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    4. Est-ce que c’est responsable de TOUS les agissements sexistes étalés par Mar_lard ? Non, je ne pense pas. Mais disons simplement que le sexisme latent, présent dans tous milieux, se transmet sans peine dans la communauté geek. L’image d’épinal, c’est que le geek n’est pas aimé des femmes, que sa culture ne leur plait pas, voire les maintient à l’écart. Par conséquent, la femme qui s’y intéresse, et donc déroge au stéréotype est forcément pas à sa place, dans ce monde de mecs. Ces réflexes de méfiance conjugiés à ceux qui affligent les néophytes dans tout milieu de passionnés n’aident pas. Pareillement, l’islam n’est pas intrinséquement sexiste (adorer un dieu Unique n’est en rien lié à cela) mais il s’est implanté dans une communauté qui l’était, et a servi de vocabulaire pour exprimer des oppositions sociales plus vieilles, et en a embarqué bon nombre dans sa législation. (certes, ça a pu empirer la situation)
      Est-ce que c'est une thèse pertinente ? Je sais pas, je crois pas. C'est beaucoup trop grossier, mais étonnamment, je trouve qu'elle colle assez bien avec les phénomènes, qu'elle rattache bien les ficelles qui pendent.
      C'est un peu mon Clash of Civilization de la semaine, toutes proportions gardées.
      Enfin, c’est une thèse que je défendrais sérieusement si j’étais sociologue et que j’avais l’outrecuidance de faire une assomption aussi générale sur la base de dix exemples. Je retourne à la philosophie, bien plus sérieuse, où l’on fait des trucs aussi affirmatifs à partir de rien du tout. Si je fais un prochain article j'essaierai de l'étayer un peu plus que des frontons vagues d'une rhétorique qui fait des analogies avec le satanisme et le hip-hop.

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  2. Ok alors pourquoi pas un article sur "le sexisme dans la communauté musulmane" avec tout un tas de faits divers montrant des musulmans sexistes.
    Stupide ? Stigmatisant ? Racoleur ? Oui. Au même titre que l'article de Mar_Lard et pour les mêmes raisons.

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    1. C'est vrai vous avez raison, personne ne dit jamais que les musulmans sont sexistes, vite, il faut réparer cette injustice.
      N'importe quoi.

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    2. Tu ne sais pas lire ou c'est juste de la mauvase foi ?
      S'en prendre à "la geekosphere" ou à "la communauté musulmane" avec juste un amoncellement de faits divers c'est tout aussi puant. Si je ne tolère pas l'un c'est que je ne tolère pas l'autre.

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    3. C'était de la mauvaise foi.
      Mais pour prétendre que la culture musulmane n'est pas sexiste, il en faut une dose que je ne me sens pas en mesure de déployer.
      Les faits divers de musulmans sexistes sont trop souvent causés par un memeplexe sexiste qui trouve des justifications théologiques à la pelle. Un memeplexe organisé, construit, démontrable. Et ce n'est pas qu'un amoncellement de faits divers, ils sont significatifs et liés. Ils n'ont pas décidé de lapider une femme dans un sursaut d'inspiration mais parce que ce supplice était présent dans leur culture, et prescrit disons l'adultère. Traiter ces centaines d'exécutions encadrées socialement en "fait divers", comme s'ils étaient accidentels et d'une originalité incroyable, qu'il n'y avait aucun lien entre eux, quand il y a derrière cela toute une idéologie (qui protège notamment l'homme plus que la femme en cas d'adultère) là serait la vraie mauvaise foi.
      Et bien sûr ça n'empêche pas des musulmans non-sexistes, tel mon père. Bon, il mange du porc et boit du vin, alors je suis pas certain qu'il soit reconnu comme musulman, mais c'est une autre histoire.
      Mais bien sûr, quand on refuse l'induction, quand on se limite à dire "tout est singulier", on peut disqualifier tous les exemples.
      Prétendre que puisqu'il existe des musulmans non-sexistes, tout lien entre islam et sexisme serait caduc c'est absurde. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de lien déterministe et absolu qu'il n'y a pas de lien.
      Mar_lard a choisi l'empirisme, et donc de débuter par les faits. Qu'ils aient tous une cause commune ? J'avoue n'être pas convaincu, à moins de placer la cause transcendante du "patriarcat" derrière cela, mais on perd le lien à la sphère geek, aussi nébuleuse soit-elle.
      Mais je pense que ces cercles qui se construisent sur une certaine reconnaissance mutuelle de connaissances et de capacités, par leur dynamique d'élitisme et d'exclusion peuvent tendre à exacerber une certaine méfiance envers les femmes, due notamment à l'image d'épinal du geek/nerd, inadapté social. Au départ péjorative, cette image s'est faite investir par les adeptes a posteriori de cette culture (Syndrome de "nos ancêtres les gaulois") et métabolisée. "Donc les filles nous aiment pas, pas vrai, parce qu'on aime les JV/lovecraft/le code informatique ? Donc qu'est-ce qu'elles foutraient dans notre communauté ?"
      Enfin, ce n'est que mon hypothèse.
      Mais disqualifier ces "faits divers" juste parce que cette communauté n'existerait pas, quand on voit le temps qu'elle passe à les défendre, ces faits divers, ça me parait facile.

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  3. D'abord merci pour le lien vers mon article! J'ai trouvé ton article très intéressant et je suis globalement d'accord avec toi sur ton constat. Je tiens juste à dire que comme je le dis dans mon article, que l'article de marlard m'a inspiré un questionnement sur la communauté geek et que je ne remets pas en question ses propos. Non je ne botte pas en touche la question du sexisme dans la communauté geek. Je dis qu'il n'y a pas de communauté geek. Mais il y a bien évidemment du sexisme.
    J'ai par ailleurs fait très attention à mes propos afin qu'on ne me prête pas de mauvaises intentions, hélas c'est chose faite. C'est assez déplorable de se retrouver dans un article à charge pour des propos non tenus...
    De même, je ne prétends pas que les communautés n'existent pas, elles existent sociologiquement, je dis juste que je n'aime pas le principe de communauté (c'est une position personnelle que j'explique d'ailleurs). Par ailleurs mon article est sans doute très criticable, mais pas en me faisant dire ce que je ne dis pas, et pas en prétendant que j'ignore le problème du sexisme.

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    1. Effectivement, c'était impropre de ma part. Tu n'attaquais pas effectivement l'accusation de sexisme et tu reconnaissais le concept de communauté pour ceux qui s'y reconnaissaient, je viens d'ajouter une notice dans l'article. Si j'ai fait ce raccourci c'est parce que j'ai découvert ton article lorsqu'il a été invoqué par l'un ou l'autre commentateur comme contre-argument à celui de Mar_lard.
      Mes excuses pour le raccourci, et pour t'avoir assimiler à qui sortait ton article de son contexte, et de même n'avoir pas saisi ou noté la nuance.
      Maintenant, puisqu'il est intéressant et qu'il rejoint fortement le sujet, le lien reste pertinent.

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    2. Merci pour ta réponse et la correction apportée! C'est vraiment très sympa de ta part! Cela montre une vraie intégrité intellectuelle, et c'est assez rare (sur le net) de voir de tels mea-culpa!
      Maintenant je m'inquiète d'éventuels commentaires qui auraient cités mon article pour aller à l'encontre des propos de Marlard... Je vais voir ça...
      Encore merci!

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"As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
Ce que tu veux m'apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
Est-il utile que tu m'apprennes cela ?
Dans le cas contraire, pourquoi tiendrais-tu à me le dire ?"
- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.