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vendredi 5 avril 2013

brouillon

Cet article est pas fini du tout, mais je le mets là, au cas où je meurs en Finlande.

http://freethinker.co.uk/2012/06/18/doctor-who-humanist-hero/

«What does remain true to this day, however, is how the Doctor remains a hero who prizes knowledge and individuality in thought and action, who abhors despots, conformity and the external imposition of control – whether it’s on a planet, a people or a single mind. Such an innately liberal slant should hardly be surprising, given the similar cultural position of the institution that makes it – the British Broadcasting Corporation. From sun-worshipping cavemen in its first broadcast story (100,000 BC in1963) to the “fish people” of Atlantis (Enemy of the World, 1967); from the murderous religious wars in 16th century France (The Massacre of St Bartholomew’s Eve, 1966) to the Exxilons worshiping the sentient city built by their own space-travelling ancestors (Death to the Daleks, 1974), it’s arguable that religious belief has never been shown in a favourable light in Doctor Who.
At best, it’s presented as the misinterpretation of technology and science (for example, Face of Evil, 1977); at worst, faith is shown to be a potentially fatal weakness (The Curse of Fenric, 1989 and The God Complex, 2011) while dogma is frequently a source for brutal social oppression and control (Planet of Fire, 1984). »

Au contraire, je pense que les chrétiens modernes Dans Time of Angels (2012) notamment, sont vus assez favorablement. En outre, dans The God Complex, la foi n’est vue comme négative que parce qu’ils tombent sur une créature qui s’en nourrit. Tout au long de l’épisode, le Docteur, au contraire, invite tous les prisonniers de «l’hôtel» à se concentrer sur ce qui les fait tenir. Ce faisant, il provoque leur mort, et conclut l’épisode par dire à Amy qu’elle doit abandonner sa foi indéfectible en lui s’ils veulent s’échapper.

«Lose you faith in me. I took you with me because I was vain. Because I wanted to be adored.»

J’aime beaucoup cette réplique, parce qu’elle questionne une vanité moins mise en exergue : qu’il a un égo un peu démesuré. Son espèce faisant qu’à chaque mort il doit abandonner une grande part de sa personnalité n’aide pas. Le Dixième Docteur était parmi les plus vaniteux : il a refusé de se régénérer dans The Stolen Earth & Journey’s End, utilisant sa main et un gros plot twist pourri pour pouvoir se régénérer à l’identique. Et dans The End of Time, bien sûr, il ne voulait toujours pas partir.
Du coup, la vanité résiduelle du Onzième irait beaucoup mieux avec Tennant, mais soit. Et je préfère qu’on attaque également la vanité du Docteur sous l’angle du «Je prends des humaines londoniennes de vingt ans avec des seins dans mon vaisseau pour me faire admirer» plutôt que le CLASSIQUE «Oh regardez, il sauve des gens, c’est mal, il a trop de pouvoir.» Au bout d’un moment c’est gavant que des scénaristes en manque d’imagination se mettent à dire «Hé, tu sauves des gens, tu as des superpouvoirs mais tu te prendrais pas un peu pour Dieu ? Ouhlala cette tentation prométhéenne.»
Quand c’est bien fait, type Kingdom Come, qu’on interroge vraiment le statut quasiment omnipotent de la Ligue des Justiciers, et sa volonté d’hégémonie et de contrôle du monde, pourquoi pas. Quand c’est simplement que chaque méchant, chaque gentil, chaque connard vient dire au Docteur : «hééééé tu te prends pour Dieu !!!!! C’est mal !!!!!» non, c’est à chier contre les murs. Arrêtez de faire chier, les pompiers ne se prenennent pas pour des dieux, les médecins ne se prennent pas pour des dieux.

Je veux dire regardez, le nombre d’occurences.
Dans The Waters of Mars : Il sauve Adelaide Brooke, alors que sa mort sur Mars était un point fixe dans le temps et l’espace que même les Daleks, apparemment n’ont pas osé toucher, l’épargnant. Par contre, le Docteur le fait et s’auto-proclame «Victorious Time Lord», après tout, vu qu’il est le dernier des Timelords (tout comme Superman était le dernier des Kryptoniens, hahahahahah. Haha.) il a le pouvoir absolu sur l’histoire et peut en faire ce qu’il veut, puisque c’était le rôle des timelords d’être des espèces de connards divins qui régissent l’histoire depuis leur bulle temporelle alors que le Docteur, justement, veut aider les gens, et pas suivre le «sens de l’histoire» ou autre théorie auto-validatoire des évènements «ça devait arriver» n’est pas une excuse, en somme. Il veut refaçonner l’histoire à la mesure de son pouvoir, de sa compassion, et de ses convictions, tant mieux :
«I'm not just a Time Lord, I'm the Last of the Time Lords. It’ll never come back, not now. I've got a TARDIS. Same old life, last of the Time Lords. And they died, took it all with them. The walls of reality closed, the worlds were sealed, gone forever. 'The Time Lords kept their eye on everything. And it's gone now. But they died, the Time Lords! All of them, they died! I'm the last of the Time Lords.»
«DOCTOR :
For a long time now, I thought I was just a survivor, but I'm not. I'm the winner. That's who I am. The Time Lord Victorious.

ADELAIDE:
And there's no-one to stop you?
DOCTOR:
No.
ADELAIDE:
This is wrong, Doctor. I don't care who you are. The Time Lord Victorious is wrong.»
(Waters of Mars)
…Mais pourquoi ? C’est ce qu’il a fait, toujours fait, et il continue juste à le faire, juste dit plus crûment. Il a déjà sauvé des gens à Pompéi, justement, d’une catastrohe inéluctable, là c’est pareil. Sauf que la capitaine de l’expédition se suicide chez elle, juste après parce qu’elle estime que c’est «mal» qu’elle ait survécu ? Mais elle est complétement conne. En outre, elle était sur Mars cinq minutes avant, on va retrouver son corps chez elle, c’est pas hyper suspect ? J’entends, on a déjà UN MILLIARD de mecs qui croient qu’on n’a pas été sur la lune. Ajoutez à ça que la capitaine de l’expédition, censée être sur Mars se retrouve sur Terre instantanément, tout le monde croira à la supercherie, et à juste titre. Ca ne va pas faire reprendre le cours de l’histoire, ça ne répare rien, non, ça va probablement peiner la rechercher spatiale plus qu’autre chose.

Dans Boom Town, la Slitheen qu’il promet à la mort en la ramenant sur sa planète natale lui dit :
«MARGARET : I almost feel better about being defeated. I never stood a chance. This is the technology of the gods.
DOCTOR: Don't worship me - I'd make a very bad god. You wouldn't get a day off, for starters. Jack, how we doing, big fella?»
Mais surtout :
«MARGARET: I promise you I've changed since we last met, Doctor. There was this girl, just today. A young thing, something of a danger. She was getting too close. I felt the blood lust rising, just as the family taught me, I was going to kill her without a thought. And then I stopped. She's alive somewhere right now. She's walking around this city because I can change. I did change. I know I can't prove it
DOCTOR: I believe you.
MARGARET: Then you know I'm capable of better.
DOCTOR: It doesn't mean anything.
MARGARET: I spared her life.
DOCTOR: You let one of them go, but that's nothing new. Every now and then, a little victim's spared because she smiled, because he's got freckles, because they begged. And that's how you live with yourself. That's how you slaughter millions. Because once in a while, on a whim, if the wind's in the right direction, you happen to be kind.
MARGARET: Only a killer would know that. Is that right? From what I've seen, your funny little happy go lucky little life leaves devastation in its wake. Always moving on because you dare not look back. Playing with so many peoples lives, you might as well be a god. And you're right, Doctor. You're absolutely right. Sometimes you let one go. Let me go.»

En outre, la prophétie du Face of Boe, parle de lui en tant que «lonely god».
Et j’avoue que j’aimais bien cet épisode, puisqu’il abordait franchement la question de la peine de mort : le Docteur ne s’estime pas bon juge pour une Slitheen, mais la livrer aux siens équivaut à la tuer, ce qui est contraire à ses principes. Et pour une fois, effectivement, il s’agit de peine de mort et pas de la mort accidentelle que le héros donne au méchant en contrecarrant son plan diabolique. Regardez Davros :
«Never forget, Doctor, you did this! I name you forever: You are the Destroyer of Worlds!»
Oui, bon, il a détruit ton vaisseau, alors que tu voulais détruire la totalité de l’Univers, réalité parallèles comprises, à l’exception des Daleks, c’est NORMAL, ho, on va pas s’appitoyer.
http://io9.com/5405239/at-last-doctor-whos-lonely-god-goes-too-far

Surtout que quand le Docteur est vraiment traité comme une divinité, ça n’est pas problématisé. Par exemple dans The Sound of Drums(03x13), quand toute l’humanité crie «Docteur ! Docteur !» et pense très fort à lui, en priant, ça active un réseau télépathique de merde qui… Euh… Lui fait retrouver la santé, subitement pour cause de magie, dans un halo de lumière messianique ? Comment tu pouvais prévoir un truc pareil ? Rargh. Dans The Fires of Pompeii (04x02), il est adoré, sur un autel familial Romain en tant que «Dieu du Temps» par la famille qu’il a sauvé de l’éruption, mais ça on s’en fout, quoi.

«Sauver des gens, c’est mal, tu exerces ton pouvoir dessus et le pouvoir corrompt quoi»
The God Complex n’a pas mis fin au fait que le Docteur n’arrête pas de sauver des gens, c’est le concept même de la série : je débarque, je comprends tous vos problèmes géopolitiques et scientifiques, je les répare et je repars pour le thé. Quand bien même, on le fait partir à la retraite de temps en temps, pour le faire revenir, ainsi après The Angels Take Manhattan, retiré à Londres. Tu comprends : «Vous étiez le meilleur, on a besoin de vous ! — Non, petit, je suis à la retraite maintenant, kof kof, too ol for this shit.» et s’il l’évoque et donne son titre à l’épisode, ça prend seulement deux lignes :

«The Doctor: Rita! Brilliant! How are you? Not panicking, are you? Good. Good. 'Cause I am literally an ostrich's toenail away from getting us out of here.
Rita: Why?
The Doctor: Excellent question. Excellent question. Why what?
Rita: Why is it up to you to save us? That's quite a God Complex you have there.»

Au fond c’est une bonne question : tu n’as PLUS ta machine à remonter le temps, tu n’as pas de turbo-lasers, et la technologie ici en jeu te dépasse au point que tu n’est pas plus puissant que les autres personnes en danger. Alors pourquoi prétendre que TU vas les sauver ? Ils sont adultes, ils peuvent se démerder.
Et MERCI RITA d’avoir justement pointé ça. Le problème n’est pas que tu te «prends pour Dieu», mais que la série infantilise les personnages secondaires. Qu’il sauve les gens à Pompéi ou sur Mars avec sa machine à voyager dans le temps, qu’il s’oppose aux Daleks et aux Cybermen, qu’il connait bien, soit, mais la plupart du temps, il prends les rênes des opérations, alors qu’il ne connait bien souvent rien à la situation, et très souvent l’empire, jusqu’à buter tout le monde sauf ses proches, puis il repart. (The God Complex est exemplaire)
Et pour être «humaniste», il ne suffit pas de choisir ses partenaires sexuels sur terre, non, il faut vraiment croire aux capacités de l’humanité à se démerder, à sa beauté, sa science, sa morale, etc.

Ce qu’il fait. Maaaiiis... De jure, disons. Dans le discours. Pas forcément dans ses actes. De la même manière qu’on dit que les Zocci sont incroyables (The End of Time, part 2) alors que tout ce qu’on a vu d’eux c’est un petit cyborg rouge qui meurt, et ne fait pas grand chose. (Voyage of the Damned) Le Show Don’t Tell est un GROS SOUCI de Doctor Who. On n’arrête pas de dire les capacités des gens, on ne les montre pas. On se contente de répéter que tel ou tel est fantastique et que tel ou tel est maléfique, sans jamais problématiser leurs actions, d’où le potentiel quand on parle du Docteur en Time Lord Victorious, et qu’on retourne le discours pour montrer que d’un certain point de vue, il est méchant. Ouuuh, le relativisme.
Ainsi Russel T. Davies et Steven Moffat ont été marqué semble-t-il par le discours de Tom Baker sur l’humanité et son potentiel incroyable et on tenté de le reproduire à de multiples reprises :

«Well, yeah, you could, yeah. You could do that, of course you could. But why? Look at these people, these human beings. Consider their potential. From the day they arrive on the planet, blinking step into the sun. There is more to be seen than can ever be seen. More to do than... No, hold on. Sorry, that's the Lion King. But the point still stands. Leave them alone!» (The Christmas Invasion)

Alors qu’avant c’était un peu plus contrasté, même pour Tom Baker:

«[About humans] Your ancestors have a talent for self-destruction, but it borders on genius!» (Image of the Fendhal (15x3))
«The Doctor: You humans have got such limited, little minds. I don't know why I like you so much.
Sarah: Because you have such good taste.
The Doctor:....That's true! That's very true!» (The Masque of Mandragora (14x1))
«It may be irrational of me, but human beings are my favorite species.» (The Ark in Space (12x2))
http://graceasatree.wordpress.com/2012/05/09/doctor-who-the-secular-humanist/
http://myteleisrich.hautetfort.com/archive/2009/11/02/uk-doctor-who-ode-a-l-humanisme.html
http://books.google.ch/books/about/The_Humanism_of_Doctor_Who.html?id=_auhi5IvRKwC&redir_esc=y

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Ce que tu veux m'apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
Est-il utile que tu m'apprennes cela ?
Dans le cas contraire, pourquoi tiendrais-tu à me le dire ?"
- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.