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dimanche 27 octobre 2013

Tentative de définition de la gauche et la droite en politique, au sens extra-clanique.

[tentative de synthétiser Marx est-il de droite ?]





C’est le propre de l’homme de classer, et de classer suivant ce qu’il connait.

Le totémisme, tel que décrit par Lévi-Strauss ne serait qu’une des manifestations de cette tendance : on ordonne la culture en s’aidant de la nature. Par analogie, on compare la diversité humaine à la diversité naturelle. Ainsi quand on dénomme un clan comme étant le clan du bœuf, on ne veut pas dire que les uns sont des bœufs et les autres des loups, mais on veut plutôt dire qu’ils sont aussi différents entre eux que le sont les bœufs et les loups. On ne montre pas tant les similitudes entre le clan du bœuf et le bœuf, que les disparités entre le clan du loup et du bœuf.*

«(…)Nous avons insisté sur un caractère fondamental, à nos yeux, des institutions dites totémiques : elles invoquent une homologie, non pas entre des groupes sociaux et des espèces naturelles mais entre les différences qui se manifestent, d’une part au niveau des groupes, d’autre part au niveau des espèces. Ces institutions reposent donc sur le postulat d’une homologie entre deux systèmes de différences, situés, l’un dans la nature, l’autre dans la culture.» (Lévi-Strauss, La Pensée Sauvage, Plon, Paris, 1961, p.152)
La gauche et la droite en politique sont un partage tout aussi symbolique qui vise à répartir des politiciens et leurs vues entre deux directions relatives à un observateur (contrairement au nord ou au sud, la gauche et la droite changent en permanence suivant le référentiel). Certes, on fait remonter cela à des groupes politiques qui se seraient assis de part et d’autre d’une assemblée, suivant qu’ils étaient pour ou contre le roi, néanmoins, il faut bien admettre que la droite, hors d’un système symbolique donné qui en fait la place d’honneur, n’a pas grand-chose à voir avec la royauté et que la gauche, hors de l’opposition à ce système symbolique, n’a rien à voir avec l’hostilité envers les monarques.

Je tenterai de répondre à deux questions dans cette dissertation : est-ce que cette distinction a un fondement — à savoir : , en dehors des proclamations claniques des partis, simplement en examinant les positions politiques d’un invividu on pourrait le classer à gauche ou à droite — et a-t-elle une utilité ?


L’ordre contre la justice.

Ce qui me frappe en premier, comme critère de distinction Droite/Gauche, c’est l’opposition entre l’ordre et la justice.

La droite a deux pôles, libéral et conservateur, qui sont antinomiques : un libéral ne peut en aucun cas souhaiter une emprise coercitive sur l’individu pour revenir aux moeurs d’antan.

Cette contradiction dans la droite fera dire à certains que la gauche est le bord marqué de l’échiquier politique. C’est la gauche qui définit ce qui est de gauche et on serait de droite par opposition. Premièrement, ça ne satisfait pas à la description, puisque du coup que signifient extrême-gauche et extrême-droite ? Pourquoi quelque chose serait-il plus non-marqué que les autres, et pourquoi est-ce que tous les gauchistes ne sont pas d’extrême-gauche ? Si c’est la gauche qui discute de ses valeurs et concepts, que l’absence de ces valeurs vous définit comme de droite, alors l’extrême-gauche devrait avoir une supériorité idéologique incroyable.

Mais je pense que les libéraux et les conservateurs se rejoignent dans une chose : leur volonté d’efficacité et d’ordre.

Cet ordre peut être celui de la cellule familiale traditionnelle, ou celui du libre-marché, il n’empêche qu’il s’agit d’un état des choses, qui déshérite certains et favorise d’autres : les femmes au foyer ou les prolétaires sont défavorisés, alors qu’ils participent énormément au système. Mais reste qu’on considérera cet ordre comme un but à atteindre ou à conserver, car il serait le plus éfficace et tout cela serait un moindre mal.

De l’autre côté, à Gauche, on aurait un idéal de justice. Il est injuste que les femmes soient moins bien traitées, il est injuste que les prolétaires, pièces maîtresses de production de la valeur, soient moins rémunérés que leurs maîtres, il est injuste que les noirs soient constamment remisés aux échelons les plus bas de nos sociétés. Devant le constat de l’interdépendance extrême des individus, plutôt que de prendre les oppressés pour des aléas inévitables, on tentera de les libérer et de faire en sorte que le lot de chacun soit juste.

En ce sens, on promeut des principes d’égalité, de liberté, quand bien même la société résultante serait moins efficace, moins prompte à réagir en cas d’urgence, moins riche dans l’ensemble, moins productrice.

On privilégie la justice sur l’efficacité, l’équité sur l’ordre.

Tandis qu’à l’inverse, les conservateurs ou les libéraux diraient qu’une société qui se veut équitable serait une mauvaise alternative, puisque ça réduirait la richesse, la moralité, etc. et qu’au final, puisqu’on s’écarte des Ordres Naturels qui seuls peuvent garantir une certaine stabilité, on va vers une déchéance progressive, mais inévitable, et nuisible pour tous

Je propose donc l’axiomatique suivante :

(1) La Droite se caractérise par la croyance dans l’existence d’ordres naturels immuables qu’il faut respecter sous peine d’échouer. Exemples :
(a) Les conservateurs dans les structures familiales et sociales d’antan.
(b) Les royalistes dans la figure d’autorité du roi.
(c) Les libéraux dans la configuration optimale du libre-marché.
(d) Les écologistes dans un certain ordre naturel qu’il s’agirait de ne pas troubler.
(2) La Gauche se caractérise par la croyance dans la possibilité pour l’espèce humaine d’infléchir les ordres existants à ses idéaux. Exemples :
(a) Les socialistes et communistes dans la possibilité d’un partage équitable des richesses et des moyens de production associés.
(b) Les féministes dans une société égalitaire pour hommes et femmes.
(c) les antiracistes, dans l’égalité entre les races.
(d) Les anarchistes, par contre, eux, nient à peu près toute nécessité d’ordres, naturels ou non.
On comprend ainsi mieux les liens fréquents entre science et racisme : en effet, celui qui a découvert des différences entre les lignées humaines sera tenté d’infléchir la société à cette hiérarchie, de faire des races des castes. Comme le dit Bakounine :

L’idée générale est toujours une abstraction, et, par cela même, en quelque sorte, une négation de la vie réelle. J’ai constaté cette propriété de la pensée humaine, et par conséquent aussi de la science, de ne pouvoir saisir et nommer dans les faits réels que leur sens général, leurs rapports généraux, leurs lois générales ; en un mot, ce qui est permanent, dans leurs transformations continues, mais jamais leur côté matériel, individuel, et pour ainsi dire palpitant de réalité et de vie, mais par-là même fugitif et insaisissable. La science comprend la pensée de la réalité, non la réalité elle-même, la pensée de la vie, non la vie. Voilà sa limite, la seule limite vraiment infranchissable pour elle, parce qu’elle est fondée sur la nature même de la pensée humaine, qui est l’unique organe de la science.
Sur cette nature se fondent les droits incontestables et la grande mission de la science, mais aussi son impuissance vitale et même son action malfaisante, toutes les fois que, par ses représentants officiels, patentés, elle s’arroge le droit de gouverner la vie. La mission de la science est celle-ci : en constatant les rapports généraux des choses passagères et réelles, en reconnaissant les lois générales qui sont inhérentes au développement des phénomènes tant du monde physique que du monde social, elle plante pour ainsi dire les jalons immuables de la marche progressive de l’humanité, en indiquant aux hommes les conditions générales dont l’observation rigoureuse est nécessaire et dont l’ignorance ou l’oubli seront toujours fatals. En un mot, la science, c’est la boussole de la vie : mais ce n’est pas la vie. La science est immuable. impersonnelle, générale, abstraite, insensible, comme les lois dont elle n’est rien que la reproduction idéale. réfléchie ou mentale, c’est-à-dire cérébrale (pour nous rappeler que la science elle-même n’est rien qu’un produit matériel d’un organe matériel de l’organisation matérielle de l’homme, le cerveau).La vie est toute fugitive et passagère, mais aussi toute palpitante de réalité et d’individualité, de sensibilité, de souffrances, de joies, d’aspirations de besoins et de passions. C’est elle seule qui, spontanément, crée les choses et tous les êtres réels. La science ne crée rien, elle constate et reconnaît seulement les créations de la vie. Et toutes les fois que les hommes de la science, sortant de leur monde abstrait, se mêlent de création vivante dans le monde réel, tout ce qu’ils proposent ou créent est pauvre, ridiculement abstrait. privé de sang et de vie, mort-né, pareil à l’homunculus créé par Wagner, non le musicien de l’avenir qui est lui-même une sorte de créateur abstrait, mais le disciple pédant de l’immortel docteur Faust de Goethe. Il en résulte que la science a pour mission unique d’éclairer la vie, non de la gouverner.
Le gouvernement de la science et des hommes de la science, s’appelassent-ils même des positivistes, des disciples d’Auguste Comte, ou même des disciples de l’École doctrinaire du communisme allemand, ne peut être qu’impuissant, ridicule, inhumain, Cruel, oppressif, exploiteur, malfaisant. On peut dire des hommes de la science, comme tels, ce que j’ai dit des théologiens et des métaphysiciens : ils n’ont ni sens ni cœur pour les êtres individuels et vivants. On ne peut pas même leur en faire un reproche, car c’est la conséquence naturelle de leur métier. En tant qu’hommes de science ils n’ont à faire, ils ne peuvent prendre intérêt qu’aux généralités, qu’aux lois. (Dieu et l’Etat, science et gouvernement de la science)

Quelques problèmes se posent. Notamment, vous verrez que j’ai classé l’écologie comme étant de droite, ce qui était le cas au départ : les premiers écologistes étaient extrêmement conservateurs, s’opposant notamment au progrès industriel. Pensez à Tolkien, parlant des viles machines de Saroumane dans la Comté. Ou aux partisans de la décroissance.

D’après ces définitions, est-ce que le fascisme est de gauche ? Après tout, il promeut un homme nouveau, libéré des morales ancestrales.

De même, est-ce que Marx est de droite ? Après tout, il considère le mouvement de l’histoire comme déterminé, et l’évolution du capitalisme vers une société sans classes comme inéluctable et impossible à échapper.

Sauf que si ma théorie annonce Marx comme étant de droite et Mussolini comme étant de gauche, ça va pas plaire à grand-monde (à part aux libertariens, qui de toutes façons foutent tout le monde dans le même sac et se plairont ainsi à conspuer droite et gauche de semblable façon).

Admettons que marxistes et fascistes sont plus difficiles à classer, mais pas parce qu’ils sont dans les «extrêmes» et se «rejoindraient». Nous n’avons pas encore établi notre axiologie, parler d’extrêmes, dès lors, quand nous ne sommes même pas sûrs de tous les critères en jeu, c’est sauter des étapes.

Donc qu'est-ce qui manque ici pour ranger fascisme et marxisme (i.e. socialisme
 révolutionnaire) dans leurs châssis usuellement associés ?




*Certes, Lévi-Strauss  admet que les systèmes totémiques peuvent pousser à l'identification : on dira le clan des vautours voraces, le clan des bœufs forts, le clan des jaguars agiles, etc. De même que les individus totémisés s'associeront avec leur totem, et tenteront d'en incarner l'essence. (A moindre échelle j'ai pu constater cela empiriquement avec le totémisme scout) Néanmoins, ce n'est pas une part nécessaire du système totémique, simplement, selon lui, une des conséquences possibles.

7 commentaires:

  1. Ce qui me fait dire que la gauche est le bord marqué, en politique, c'est la volonté explicite d'exclure hors de la gauche tout ce qui ne se dit pas explicitement "de gauche", tout ce qui se dit "apolitique" (cf « Le centre n'est ni à gauche, ni à gauche» Mitterrand).
    Je n'ai jamais vu de telle volonté de la part de gens de droite.
    Bon, je n'ai pas fait d'étude systématique sur le sujet, c'est possible que j'exagère cette tendance, ou que je n'aie pas vu les côtés "sectaires" de la droite (pour reprendre le mot de l'humoriste débutant François Fillon).


    «D’après ces définitions, est-ce que le fascisme est de gauche ? Après tout, il promeut un homme nouveau, libéré des morales ancestrales.»

    Le fascisme prône aussi, et surtout, un Ordre nouveau, donc, malgré les origines révolutionnaires du fascisme, ça collerait plutôt pas mal. (Enfin, ça dépend des fascismes, évidemment).

    Mais bon, ce que ton texte montre surtout, c'est que toi tu es de gauche :

    « De l’autre côté, à Gauche, on aurait un idéal de justice. »
    « (a) Les socialistes et communistes dans la possibilité d’un partage équitable des richesses »

    Un bon libéral ferait immédiatement remarquer que répartir les richesses de façon égalitaire est fondamentalement injuste, puisque ça désavantage nécessairement ceux qui en produisent plus que la moyenne.

    Ensuite, la droite n'a pas que deux pôles. Il y a au moins le libéralisme (même si beaucoup de libéraux protestent quand on dit que le libéralisme est de droite), le nationalisme, et le conservatisme, le dernier groupe étant particulièrement hétérogène (un conservatisme peut en cacher un autre)

    Tu interprètes les termes "extrême (droite|gauche)" comme signifiant "portant à leur extrême les caractéristiques de la (droite|gauche)", mais on peut imaginer une caractérisation de l'extrémisme indépendante de son contenu idéologique :
    Par exemple, la volonté de refuser les compromis avec le camp d'en face, de remettre en cause le cadre politique, ou de recourir à la violence.

    Bien sûr, de telles caractéristiques sont nécessairement corrélées avec la radicalité des propositions mises en avant. Mais l'intérêt de penser l'extrémisme comme ça, c'est que ça le rend très simple à définir, et plus indépendant de biais liés à l'observateur.

    Typhon

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    1. "Mais bon, ce que ton texte montre surtout, c'est que toi tu es de gauche :
      « De l’autre côté, à Gauche, on aurait un idéal de justice. »
      « (a) Les socialistes et communistes dans la possibilité d’un partage équitable des richesses »
      Un bon libéral ferait immédiatement remarquer que répartir les richesses de façon égalitaire est fondamentalement injuste, puisque ça désavantage nécessairement ceux qui en produisent plus que la moyenne."
      C'est une vision de la justice. J'avais ici une perspective émique, je ne prétend pas la position des socialistes/communistes juste, mais je prétends que c'est leur position et qu'ils la considèrent eux-mêmes comme juste, et je ne pense pas travestir leur position.

      Ensuite, je suppose que ça dépend de ce qu'on entend par produire, et dans quel contexte. Nul besoin d'être marxiste pour constater qu'il est souvent plus rentable d'être à la tête d'UBS que de bosser à la réception. Certes une entreprise a besoin d'un PDG et d'un million d'hôtes à l'accueil. Pour autant, je ne suis pas certain que le PDG crée plus de valeur, individuellement, que le secrétaire, j'entends, il n'a même pas l'air d'être astreint à une certaine performance. L'entreprise peut perdre des milliards qu'il s'en tirerait quand même avec une belle retraite, sans doute parce que justement, ça ne dépend pas vraiment de lui.
      Autrement dit, je suis certain qu'on peut trouver moult exemples de gens qui ne sont pas payés à une valeur optimale.
      Mais bien sûr, tout libéral rattachera toute disproportion dans les salaires, à condition qu'il l'admette, à l'intervention plus ou moins (souvent plus) lointaine de l'état.

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    2. « je ne suis pas certain que le PDG crée plus de valeur, individuellement, que le secrétaire »

      Ah si. Qu'il en crée assez pour justifier son salaire mirobolant, c'est un vaste débat que je ne suis pas en position de trancher, mais son influence sur la performance d'une boîte est infiniment supérieure à celle d'une secrétaire, ça c'est évident.

      Et les PDG virés, ça existe. Même si, clairement, ils ne meurent pas de faim ensuite.

      Aussi, les grandes multinationales ont un rapport tout différent à l'État, comparées aux autres entreprises.

      Typhon

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    3. Je reconnais que la direction d'UBS, au sens large, même très large, a plus à faire dans l'amélioration de l'entreprise qu'un secrétaire, toutefois, la part de responsabilité directe du CEO me semble difficile à déterminer, surtout quand on leur file - quand ils n'y renoncent pas partiellement - une blinde en partant pour qu'ils ne révèlent surtout pas leurs méthodes à la concurrence. (Surtout que quand ils le font, ça ne semble pas avoir d'impact ; Grübel a été CEO du Crédit Suisse avant de passer à UBS)
      Quand bien même il désigne et coordonne d'autres dirigeants, je doute que ça soit dans une mesure justifiant son salaire. Après tout, certains ont avoué leur inadéquation quand ils n'ont pas été délogés.
      Et au fond, à chaque fois qu'il y a une couille, ces types semblent n'y rien faire et se dépêcher de tracer avec le plus de pognon possible, ne semblant créateurs de valeurs efficaces que par beau temps.
      Diantre, ma haine des riches ressort avec mon gauchisme primaire.

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  2. « Si c’est la gauche qui discute de ses valeurs et concepts, que l’absence de ces valeurs vous définit comme de droite l’extrême-gauche devrait avoir une supériorité idéologique incroyable. »

    Tout dépend ce ce qu'on appelle "supériorité idéologique"

    Tu n'as pas remarqué que l'extrême-gauche sécrète sa propre mythologie ?

    Le communisme bâtit sa propre religion, from scratch, sa propre iconographie instantanément reconnaissable (étoile, rouge et jaune, faucille et marteau), son prophète, ses saints (Compte les stations du métro de Paris qui portent des noms de coco), son eschatologie, que tu décris bien, ses propres institutions, strictement hiérarchisées et encadrées, ses martyrs, et évidemment ses hérétiques, excommuniés, son ancien testament (Le Capital) et son nouveau testament (les oeuvres de Lénine).

    Bien sûr, les autres mouvements de gauche ne vont pas aussi loin, mais on retrouve régulièrement cette fétichisation de la "lutte", de la "cause", et les mêmes disputes sur ce qui est ou non orthodoxe.

    Le fascisme, a contrario, quand il ne singe pas bêtement et méchamment le syndicalisme révolutionnaire, vampirise largement des éléments préexistants (l'Église, l'État, les mythes nationaux et les rancunes irrédentistes) quand bien même il finit par les détruire, les dissoudre ou les dénaturer. Et vénère encore plus franchement et massivement la force.


    C'est marrant que tu cites Tolkien comme exemple du caractère profondément droitier de l'écologie, alors que cet aimable gentleman anglais plutôt conservateur n'est pas vraiment ce que j'appellerai un idéologue (Pourquoi pas citer Morrissey, à ce compte-là ?).
    C'est pourtant pas compliqué de trouver des écologistes ultra-réactionnaires et/ou fascistes.

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    1. Tolkien était un exemple trivial, dans la mesure où ça ne traduit pas vraiment de passion écologique chez lui qu'une sorte de bucolisme lyrique, bouhou la méchante suie, les méchantes voitures, si seulement on avait des poneys et des aigles magiques. Mais Tolkien est plus connu que Thoreau ou les gentils allemands que tu linke, donc j'imaginais que ça résonnerait plus. Pas mal de monde a déjà beaucoup de peine à considérer l'écologie comme autre chose que progressiste et de gôche.
      Mais bon, j'avais parlé de ces écolos partisans d'une dictature bienveillante, j'aurais dû y repenser. La "décroissance" en général en fait. Je vais rajouter ça à la liste.

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    2. Sinon j'ai pas vraiment de quoi répondre à tout, mais kudos pour me faire découvrir ce site du Dictionnaire du Diable, je sens que je vais l'utiliser, ce sera plus pratique pour citer que Wikisource.

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"As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
Ce que tu veux m'apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
Est-il utile que tu m'apprennes cela ?
Dans le cas contraire, pourquoi tiendrais-tu à me le dire ?"
- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.