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vendredi 3 janvier 2014

Astérix chez les Vandales

La sortie récente d’Astérix chez les Pictes m’a permis de ressasser les sentiments ambigus que j’avais à l’égard de cette franchise. Au-delà des calembours de Goscinny, qui n’ont que peu d’influence sur l’histoire et que souvent je ne comprenais pas enfant, pourquoi trouve-t-on aussi attachants cette panoplie de clichés ? Les hispaniques sont tels les espagnols d’aujourd’hui, les Belges n’ont pas encore de moules-frites, mais ça ne saurait tarder, le chef pirate en donnant l’idée à un chef Belge. Les Bretons n’ont pas encore de thé, mais Astérix le leur apporte. Avant cela ils buvaient de l’eau chaude avec un nuage de lait. Et bien sûr, les Pictes sont de vrais highlanders, kilt, tatouages (pour raccorder un minimum sur les Pictes) et lancer de troncs

Pourquoi aimons-nous tant les clichés actuels projetés sur l’antiquité ?

Personnellement, je pense que ça ne diffère pas tant de notre vision “sérieuse” de l’histoire : nous partons du principe que les gens n’ont pas bougé du tout. Et là se trouve la contradiction : Panoramix a des contacts à travers le monde entier, il connaît Numérobis à Alexandrie, il connait la bibliothèque d’Alexandrie puisqu’il souhaite y emprunter des documents, et il a obtenu du thé, manifestement via la route de la Soie. Astérix va jusqu’en Amérique, au Levant, en Inde, en Angleterre, en Espagne, en Egypte, plusieurs fois à Rome, en “Germanie”, Belgique, Helvétie. Et malgré ces mouvements énormes et dans les deux sens (dans Astérix en Corse, Soupalognon y Crouton, Petisuix, et d’autres amis qu’ils se sont faits dans leurs aventures leurs rendent visite en Armorique). Et MALGRÉ ces mouvements de populations vastes et fréquents, les gens sont d’apparence semblables, ne se mélangent pas, au point qu’ils ont les mêmes pratiques culturelles qu’aujourd’hui.

La contradiction a quelque chose de drôle. Les gens sont libres de se déplacer, de se mélanger, d’échanger, et pourtant ils restent fortement endogames et le seul noir reste bien tranquille sur son perchoir pirate avec son accent comique.

A lire l’histoire, pourtant c’est ce qu’on nous montre.

Suite à la votation Suisse du 29 novembre 2009 visant à interdire les minarets sur le sol helvétique, un quidam interrogé sur les raisons du vote argua que “Le bon dieu il avait tout ça prévu [doux archaïsme hélvétique !] il a mis les Jaunes en Asie, les Noirs en Afrique et les Blancs ici ; ça allait très bien. je vois pas pourquoi on mélange tout et qu'on... C'est pas du racisme.” (vidéo:1'08)
Bon nombre d’historiens eurocentristes ont le même genre de pensées. Même s’ils savent bien que les hommes se sont, aussi loin qu’on en a des traces, mélangés, ils semblent piailler devant leur carte du monde, ainsi qu’un professeur face à une classe d’élèves dissipés, donnant des coups de règles pour que, non mais, chacun rentre en ses frontières.
Je dis “eurocentristes”, ce qui est souvent utilisé comme synonyme d’”occidental” toute production ici étant supposément eurocentriste, ce qui est discutable. Mais bon, il y a des eurocentristes proclamés, souvent néo-païens, qui admettront qu’il y a eu de nombreux “orientaux” dans la Rome du deuxième siècle, mais qu’ils sont “rentrés chez eux” (le doux fantasme) quand les “invasions barbares” eurent lieu et donc, les italiens n’ayant pas d’ancêtres d’Afrique ou d’Asie, hé ben ça compte pas. La question n’était pas tant “ont-ils contribué à notre bassin génétique” mais “ont-ils contribué à notre culture ?” ce qui est indéniable.
En provenance d’Afrique, on trouvera ainsi Septime Sévère, empereur ; Apuleius, philosophe et écrivain, Tertullien et Saint-Augustin dans la constitution de la chrétienté, portant tous cet héritage sur leur visage. Mais bon, un ethno-nationaliste un peu bête, faire trois enfants blancs, c'est plus important pour la civilisation européenne que d'écrire la Cité de Dieu.

(Notez que ces “néo-païens européistes” vont jusqu’à dépeindre Apulée comme un empereur décadent. Apuleius et un philosophe et écrivain romain d’origine berbère qui a compilé certaines des histoires les plus mémorables de nos civilisations. Remarquez comme ils présument sa qualité d’empereur décadent alors qu’il n’a pas été empereur, tout simplement parce qu’on l’affirmait originaire hors d’Europe.)


Personnellement, je pense qu’on peut séparer deux sortes d’eurocentrisme. Il y a celui qui sait manifestement quelles conclusions il veut atteindre (les africains sont décadents) et celui qui est simplement un eurocentrisme de méthode : nous avons des sources qui sont majoritairement européennes, d’où focalisation obligatoire.

Il y a une histoire de Nasr Eddin, le toto arabique, en plus spirituel :
Nasr Eddin cherche quelque chose sous un lampadaire. Un de ses amis le reconnait et l’aborde : “Tiens, Hodja, que fais-tu là ?
– Je cherche mes clés.”
Voyant qu’il n’y a pas de traces des sésames, son ami lui demande :
“Où et quand les as-tu perdues ?
– Il y a une heure, au coin de la rue, dit le Hodja en pointant l’obscurité du virage.
– Alors pourquoi cherches-tu ici ?
– Parce qu’ici, mon ami, il y a de la lumière.”

On peut tâtonner dans l’ombre autant qu’on veut, ce ne sera pas pour autant certain. Et dans les faits, on avantage une version de l’histoire euro-centrée, pleine de caucasiens victorieux, sans avoir besoin de tordre les faits ou d’un complot mondial. La prudence suffit à masquer tout ce qui s’écarterait de ce schéma. De par la suprématie européenne et d’autres incidents de l’histoire, parois dû aux européens, les sources africaines, par exemple, nous sont inconnues.
Dès lors, étant donné que les anciens n’étaient pas aussi obsédés que nous par la race des gens, notamment de par le cosmopolitisme de l’empire romain, nous n’aurons indice de l’ethnicité des gens que par des biais détournés, des remarques occasionnels.

Et si l’un est dit “noir” et l’autre “blanc”, cela devrait suffire à laisse penser à une divergence ethnique, même avant la constitution solide du racialisme au XVIIIe, non ?
Je me suis intéressé aux thèses afrocentristes de quelques penseurs. Dans les faits, il y en a peu. Notamment True Myth : Black Vikings in the Middle Ages par Nashid Al-Amin sur les conseils du tumblr medievalpoc que je suis depuis quelques temps.

Tumblr passionnant, d'ailleurs, en ce qu'il regroupe un matériel souvent occulté par l'histoire de l'art dominante, ou simplement plus rare, à savoir la dépiction de personnes de couleur à travers l'histoire.
Les images sont importantes, elles forment nos stéréotypes. TvTropes va jusqu'à dire qu'un Black Viking est une erreur de casting, classant parmi cela de nombreux chevaliers noirs dans la Bretagne arthurienne, alors que les chevaliers noirs étaient quelque chose de relativement courant. Ainsi la Saga de Morien :
«He was all black, even as I tell ye: his head, his body, and his hands were all black, saving only his teeth. His shield and his armour were even those of a Moor, and black as a raven…»
«Had they not heard him call upon God no man had dared face him, deeming that he was the devil or one of his fellows out of hell, for that his steed was so great, and he was taller even than Sir Lancelot, and black withal, as I said afore…»
«When the Moor heard these words he laughed with heart and mouth (his teeth were white as chalk, otherwise was he altogether black)…»
Les chevaliers noirs ou verts sont choses courantes dans le temps aventureux.
Certes, les légendes arthuriennes sont loin d'être des modèles de véracité historique, mais prétendre qu'un chevalier noir est à contre-emploi, quand ça fait des siècles qu'ils font partie du corpus...
La fiction et la peinture de fiction ne sont pas de preuves de la présence noire en Europe, certes, mais le fait que les peintres soient capables de les dépeindre avec exactitude est un signe plus que suffisant de leur présence prolongée.
Parce que vous connaissiez, vous, la vie des Ghanéens à Londres à l'époque moderne, et le kidnapping de William Ansah Sessarakoo ?
The most celebrated kidnap victim from this part of West Africa was William Ansah Sessarakoo, the son of John Corantee, the Fante ruler of Anomabo. His father had intended to send him to England with another young man to be educated but he was kidnapped during his voyage and was sold into slavery in Barbados. The king therefore declared a cessation of all trade with England until his son was released.
The British Government then stepped in and ransomed William and his companion. William’s brother Frederick was sent to Barbados to free him and the two brothers subsequently came to London where thy instantly became celebrities. William Ansah was placed under the care of the Earl of Halifax, first Commissioner of Trade and Plantations, received at court by George II and baptized. He also attended a production of Oroonoko at Covent Garden.
His portrait was painted by the London artist Gabriel Mathias and a pamphlet on his life, The Royal African; or Memoirs of the Young Prince of Annamaboe published in London in 1750.
Vous saviez que la Ivory Bangle Lady, cadavre de notable du IVe siècle trouvée à York se trouve être d'origine africaine, par exemple ? Si on situe la quête du Graal en 454, un chevalier noir devient d'autant plus plausible. Et là on parle de notables, qui laissent des traces. Cela ne peut que nous inviter à supposer la présence de plus petites gens, qui n'ont pas d'aussi augustes sépultures.
Vous saviez l'histoire de Abraham Petrovitch Gannibal(1696-1781) esclave enlevé à l’âge de sept ans(c. 1703) et emmené à la cour du sultan Ottoman qui fut ensuite offert à Pierre le Grand ? Il devint son valet et le czar semble s’être pris d’affection pour lui au point de l’envoyer à Metz apprendre les mathématiques, la géométrie et l’ingénierie. Il plus tard, général en chef des armées Russes(1759) à savoir le troisième rang de la hierarchie civile et militaire de son temps. Il est d'ailleurs l'arrière-grand-père de Pouchkine.

Ben moi je savais pas.
Pas que je considère qu'il y a un complot mondial pour l'occulter, non, mais l'histoire officielle et considérée importante (les batailles et les règnes des rois) va forcément supplanter celle des minorités. (parce que contrairement à la théorie de Al-Amin que les noirs ont toujours été majoritaires partout où il n'y avait pas de sources, je pense qu'il y a effectivement toujours eu mélange de populations, et quasiment partout, mais que c'est resté des enclaves minoritaires)
Medievalpoc nous montre des pans de vies oubliées, pas forcément nombreuses, mais présentes dès très très très tôt.
Généralement, la discussion est intéressante : quand on a un peuple donné dont on ignore l’ethnicité on le présupposera, contraierement à l'habitude, de complexion noire, métis ou en tout cas autre que causasienne, après tout, les blancs ont toujours été une minorité. Toute l’humanité a émergé d’Afrique. Les amérindiens, mélanésiens, indiens et africains ont tous la peau plus foncée que les européens, statistiquement il y a toujours plus de chance qu’ils soient noirs, sans doute pas noir au sens d’ascendance africaine, mais “moors” dans le sens d’une certaine mélanodermie. Ca change du non-questionnement habituel.
Quelle preuve apportent ces historiens ? Pour tout vous dire Black Vikings fut une longue déception.

La plupart des preuves se basent sur des thèses préhistoriques, i.e. sans sources, ou sur des thèses d’historiens de la fin du XIXe, mais sans vraiment expliciter leurs preuves à eux. On dit juste “regardez ce vieux mec blanc mort, il a dit ça donc ça doit être vrai”. Cf. Mac Ritchie, Gwyn Jones, quoique ce dernier n’endosse pas ces thèses lui-même :
“The Irish annalists were a lesson to all with their division of Norse invaders into White Foreigners, Norwegians(Finn-gaill), and Black Foreigners, Danes(Dubh-gaill), but it was a lesson no one heeded; nor do we know why they distinguished them by colour.” A history of the Vikings, Gwyn Jones
Autrement dit, les Vikings étaient classés entre noirs et blancs, littéralement, mais sans qu’on sache dans quel autre contexte ces couleurs étaient usitées. Disait-on “noir” pour “noir de cheveux” ? Finn signifiait-il “blond” ? Si oui, on peut arguer que cela désignait sans doute leurs teintes capillaires. Sinon on peut promouvoir avec plus de force l’idée que cela se référait à leur teint, mais sans cette analyse, comment peut-on être convaincu ? Je n’ai pas la moindre idée de la taxonomie descriptive humaine des annalistes irlandais !

Et les sources secondaires… Deux choses.
Premièrement, il est vrai que c’est très intéressant en matière d’historiographie : pourquoi des thèses similaires ont-elles été réfutées sans éléments par les milieux académiques européens au profit d’un révisionnisme qui insérait des blancs partout, notamment des Aryens, porteurs de sagesse et de civilisation ? Bon en fait, attendez, j’ai répondu à ma propre question.
Mais deuxièmement ce sont des sources de merde : ils ont des théories improuvables. Je veux bien envisager une suspension de croyance en matière de l’ethnicité des peuples sans visages qui traversaient le monde, mais comment le faire quand la principale matière offerte c’est des livres emplis de phrases du genre “[Denmark] which had enjoyed prosperity for more than two thousand years by virtue of her position on two European trade route” (Gwyn Jones, A history of the Vikings)
Ces mecs ont la plume si légère qu’ils peuvent sans peine dire qu’un pays, pouf, a été prospère pendant deux mille ans. Pourquoi je les croirais quand ils disent “ce peuple est noir parce que j’ai décidé” ?  Quand ils affirment que Bouddha était noir et n'existait pas, qu'il ne serait qu'une résurgence d'une figure mythique africaine (dont on n'a pas trace) et dont toute la mythologie mondiale proviendrait alors même qu'on a des "preuves" historiques de l'existence du Boudha bien plus solides que le scénario avancé là, pourquoi les croire ? Ce n'est pas plus historique que ces types qui disent que Jésus a été inventé par les Romains. Dans les deux cas, je vois très très mal pourquoi l'autorité d'un vieux blanc devrait servir de principal fondement à la thèse avancée, quand une grande part de cette thèse c'est "white people be tripping man".
(Je ne dis pas que Jésus a existé, mais dire qu'il a été inventé par les Romains dans un grand complot pour calmer les rébellions juives est une thèse beaucoup plus farfelue et improuvable que "il y avait un prêcheur nommé Jésus".)

Là, les afrocentristes ont le même défaut que les néo-païens eurocentristes : ils ont une Génèse à raconter, ils vont donc la poser là où il y a le plus de places, à savoir le moins de faits encombrants : dans la préhistoire !
Là, Buttercup Dew, brony neo-nazi nous raconte la gloire des Neanderthals, sa master race à lui, expliquant que son homosexualité est probablement due au fait que les Néanderthals sont exposés à plus d’oestrogènes dans l’Utérus. Je peux même pas dire tout ce qui foire dans cette théorie. Là, fantasment les néo-nazis, l’Europe était pure et blanche.
Là, nous dit Al-Amin régnait une puissante civilisation Noire, qui venait d’Egypte, où elle s’était établie, et qui a amené des Mégalithes partout où on les trouve aujourd’hui.
…Remarquez cette thèse est encore très crédible, par rapport au reste. Après tout, les rochers de Stonehedge ont voyagé sur des centaines de kilomètres, les Mégalithes sont généralement implantés près des côtes (ça fait quand même une trotte, si on estime tous leurs bâtisseurs originaires d'Egypte) donc une importation maritime de la technique semble plausible, et surtout, l’Egypte avait pas mal de connaissances, très tôt, dans l’édification de monuments cyclopéens. Le fim 10’000 BC montre cet avancement technologique en endossant la thèse que ces monuments sont bien plus vieux qu’on croit. Bien entendu, quand on dit aux gens que le Sphinx date de -10’000, la première théorie qui vient à l’esprit c’est “DES ALIENS !”
Je trouve légèrement plus crédible – et rassurant – d’entendre quelqu’un dire “Non, juste des noirs légèrement plus avancés” quand on voit le nombre de gens qui croient sans preuves et sans faits aux aliens, aux Atlantes ou aux pyramides de cristal dans le triangle des Bermudes, quoique ça puisse impliquer.

Mais là vient l’argument Astérix, généralement en faveur des eurocentristes, quand on parle d’Europe. On estime que
(1) Les gens ont peu bougé, ou que ceux qui ont bougé ne se sont pas reproduits.
(2) Les gens ressemblent à leurs ancêtres.
(3) Les habitants de l’antiquité de la province X ressemblent aux habitants actuels de X.

Ce qui est plutôt naïf, surtout (2).

Quand on sait que Hannibal a, au IIIe s. av. J.C.. remonté la moitié de l’Europe avec 100’000 hommes, probablement d’origine Nord-Africaine, et avec 37 éléphants et on est toujours pas sûrs de son trajet. (autrement dit, même un mouvement de 100’000 hommes et 37 éléphants ne laissent pas de traces concluantes : comment convaincre les eurocentristes de mouvements moindres ?)
Quand on sait que Attlia le Hun a été jusqu’à Chalons{{refnec lol}} au Ve s. ap. J.C. avec un nombre conséquent de soldats, probablement plus mélanodermes que les Germains qu’on s’imagine leur succéder dans l’occupation de l’Europe de l’Est et du Nord.
« His army is said to have numbered five hundred thousand men. He was a man born into the world to shake the nations, the scourge of all lands, who in some way terrified all mankind by the dreadful rumors noised abroad concerning him. He was haughty in his walk, rolling his eyes hither and thither, so that the power of his proud spirit appeared in the movement of his body. He was indeed a lover of war, yet restrained in action, mighty in counsel, gracious to suppliants and lenient to those who were once received into his protection. He was short of stature, with a broad chest and a large head; his eyes were small, his beard thin and sprinkled with gray; and he had a flat nose and a swarthy complexion, showing the evidences of his origin.» (Jordanes, XXXV, §182)

Fine barbe frisante, nez plat et peau foncée («swarthy») sont des indices d’une complexion raciale plus poussée que ce qu’on serait tenté d’appliquer. Souvent on montrera simplement les gens comme un peu bronzés pour marquer qu’ils ne viennent pas de nos oasis de civilisation blanche (et qu’ils sont un peu sauvages, errants tannés par le soleil) considérant dès lors les Huns comme venant d’Asie, nous en concluons qu’ils ressemblent aux asiatiques d’aujourd’hui, de la même manière qu’on s’imagine les germaniques comme les Allemands d’aujourd’hui, avec le même tact que Léodagan. Et l'image qu'on a des Huns change bien sûr avec le temps, projetant n'importe quoi dessus comme ces armées grecques sous les murs de troie en armures du XIVe et armées de canons. 



Diverses dépictions des Huns.



Quand on sait que les Arabes ont été, au VIIIe s. ap. J.C. jusqu’à Poitiers, avec des milliers d’hommes et ont (de plus en plus partiellement) occupé l’Espagne pendant huit siècles, moult maghrébins passant là.
C'est naïf de penser que les nuages radioactifs ou les migrant s'arrêtent aux frontières d'eux-mêmes.
Et ce ne sont là que les mouvements de population les plus brutaux et massifs : il y en a forcément eu d’autres. Lampedusa n’était pas encore là pour happer les corps de migrants et le détroit de Gibraltar n’était pas encore grillagé. Quand l’Europe est visible de l’Afrique, on croirait que personne n’a jamais envisagé de le franchir ?

La théorie de Al-Amin a plein de failles. Basiquement elle énonce pêle-mêle
  1. Ötzi était noir. La preuve ? il avait la peau noire. Duh, les paléologues sont bêtes, ils font comme si il y avait besoin de plus de preuves (négligeant les phénomènes qui arrivent à la peau en 5000 ans voire plus, ça rejoint un peu ce qu'on a dit sur la momie de Louis XIV, émergée "noire comme de l'encre" de St-Denis en 1793)
  2. Les Hommes de Grimaldis étaient négroïdes. Comme tous les fossiles humain du monde. On le sait parce qu’on a mesuré leurs os. (?)
  3. Les Africains sont sûrement allés en Europe très tôt étant donné qu’avant la fin des glaciations, l'Italie reliait encore l'Europe et l'Afrique, coupant la méditerannée en deux, que les ponts étaient plus courants.
  4. Les Egyptiens étaient probablement plus avancés. Et probablement noirs (ici il fait usage de l’argument Astérix, en fait : comme il y a plein de noirs en Afrique, les Egyptiens étaient noirs, mais on dispose en fait de source, notamment Tacite).
  5. Ils ont construits des Mégalithes partout.
  6. Il y avait un empire racialement homogène (noir) allant d'Egypte en Inde, ce qui explique pourquoi les auteurs grecs (e.g. Hérodote) situent deux Ethiopie, une au sud de l'Egypte et une vers l'Inde. Al-Amin appelle cela "The Great Ethiopia"(Ca rejoint un peu les thèses de Houston, tiens)
  7. Ils ont peuplé plein d’endroits, et les phéniciens en descendent, tant qu’on y est.
  8. Et les Etrusques sont pareils que les phéniciens, parce que des historiens l’ont dit.
  9. Donc des Noirs étaient présents parmi tous les celtes, dans une civilisation ancestrale, avant d'être remplacés par des blancs venus d'autour de la Baltique. Basiquement, tous les fantasmes des Néo-Païens, mais avec des noirs partout. Tout aussi improbable pour moi, mais bon.
  10. Les Tuatha dé Danaan sont issus d’Egypte, ne sont pas mythiques et ils existent. Ils sont noirs et ont peuplé les Îles Britanniques. (bien qu’il dise que “Dates for most mythological events are impossible to determine and many of most ancient myths were merely human rendering of astrological events or movements of constellations“ (p. 74) Max Müller j’écris ton nom)
  11. PARCE QU'IL N'Y A RIEN DE MIEUX QUE PRENDRE DES TRUCS MYTHIQUES, DE LES MÉLANGER À NOS THÉORIES ET DE PRÉTENDRE QUE TOUTE OBJECTION EST LE FRUIT D'UN COMPLOT SUPRÉMACISTE BLANC.
  12. Bon, on a basiquement prouvé que tout les celtes étaient majoritairement noirs, tranquille (je déconne pas, il passe plus de temps à dire qu'il a prouvé que tout le monde était noir qu'à vraiment le prouver). Regarde, un vieux type du XIXe qui dit pareil.
  13. Les Blancs viennent d’autour du Caucase (“The Great White Forest”, chap. 2) et ont débarqué à la fin casser la gueule à tout le monde. Comment ils sont devenus majoritaires n’est pas vraiment abordé, sauf pour sortir l'histoire classique de "en fait y'avait moins de lumière alors les blancs avaient un avantage évolutif" : "Intermingling among these various people lead to a lightening process of the general populaces and the colder climate with less direct sunlight resulted in more fair-skinned and fair-haired individuals over the centuries of cross-breeding."(p. 110) …Comment l'immixtion progressive de blancs pourrait-elle aboutir à leur majorité ?
  14. Par exemple, les Romains ont pété la gueule aux Etrusques. Les Romains étaient blancs, tiens.
  15. Les Francs aussi, manifestement. Les Saxons qui attaquaient l’Angleterre aussi (p. 94). En tout cas, ils ont pété la gueule aux celtes, qui étaient noirs.
  16. Basiquement, tout le monde était noir, mais dès qu’on s’approche d’une zone qui a un fort taux de sources écrites, sculptures, etc., ils deviennent majoritairement blancs, tiens, c’est étrange.

Vous voyez qu’il y a pas mal de bordel, et que ça n’aide pas. On a envie de coller du {{refnec}} partout. Plutôt que de nous répéter que MacRitchie et Jones ont dit que X ou Y étaient noirs, va voir leur putain de source et donne-les nous ! Ne soit pas un revendeur d’histoire périmée, sangdieu.
[extrait de True Myth : Black Vikings of the Middle Ages] Les images ne sont pas proprement sourcées, les fondements de l'argumentation se basent sur des auteurs de la fin du XIXe et sur des spéculations préhistoriques…

Autant je trouve la tendance à blanchir tout peuple qui touche l’Europe idiot, autant je trouve que noircir tout ceux sur qui on n’a pas d’info, sous prétexte que l'homme est originaire d'Afrique (tous les hommes sont originaires d'Afrique, les blancs aussi, ce n'est pas parce que les Africains aujourd'hui sont noirs que les homo sapiens qui en sortaient l'étaient aussi : s'il y a eu évolution elle n'a pas été unilatérale. C'est un autre usage de l'argument Astérix) puis les blanchir subitement, hophop sans explications, quand ils deviennent majoritairement blancs (i.e. quand on a des sources) me semble tout aussi farfelu.
Al-Amin dit que les historiens eurocentristes répètent de façon compulsive la blancheur des populations décrites, mais quand il aborde leurs écrits c’est pour montrer qu’au contraire ils ne l’abordent pas : ils n’ont pas besoin de l’aborder, puisque tout le monde utilise l’argument Astérix instinctivement. Par contre Al-Amin répète de façon incantatoire avoir apporté des preuves béton de ce scénario cyclopéen d’une civilisation noire qui aurait dominé le monde, avant d’être chassée, sans expliquer précisément d’où vient la blancheur de peau, ni le retournement de situation.

Pourquoi ? Simple. On dira que l’Empire Romain était majoritairement blanc, après avoir démontré son multiculturalisme. Pareil pour la Perse, tantôt noire tantôt caucasienne selon les afrocentristes. Les crières pour “noircir” un peuple sont si bas, par la beauté des propriétés transitives, qu’il ne reste plus grand monde qu’on puisse dire blanc. D’où pénurie pour l’origine de l’oppression. Comment on a fait pour être raciste si y’a eu tant de noirs parmi nous ?

(Certains prennent la peine d’écrire de plus élaborés scénarios mais ça reste des scénarios)
Mais parfois What The Shit :il admet que les historiens irlandais distinguent les Danois, noirs ; et les Norvégiens, Blancs, pour conclure à une différence de race, mais pouf, trois pages plus loin, non, tant pis, un historien de 1880 a dit qu’ils étaient du même peuple, alors on va dire qu’ils étaient tous noirs. Le SEUL INDICE convaincant sur l’ethnicité noir des Danois venait de la distinction faite avec les Norvégiens, tu ne peux pas ensuite l’abolir sans apporter de nouveaux éléments. Et bien sûr, pour beaucoup c’est particulièrment faux et cette division ne saurait avoir un sens racial.

Vous aurez d'autres afrocentristes qui débuteront leur plaidoyer par citer Our Remote Ancestry, in The North American Review Volume 0139 Issue 334 (Sept 1884), pp. 246-256.
...Sérieusement ? Un article de 1884 qui dit que nous sommes originaire d'Afrique et de l'Atlantide ? A ce compte-là, foutez des soucoupes volantes dans vos théories, lâchez-vous, plus besoin de faire bonne figure.

Wow, un autre argument d'autorité, ça va clairement révolutionner l'histoire.

Bref, vous voyez bien les soucis de méthodologie.
Je retiens principalement que
(4) Des changements/mouvements de population importants ont pu avoir lieu.
(5) “majoritairement blanc” ne veut en aucun cas dire “100% blanc”.
(6) En l’absence de preuves, suspendre ses proclamations sur l’ethnicité des peuples antiques est une bonne méthode.
(7) De nombreux indices laissent effectivement entendre que nombre de peuplades étaient plus mélanodermes qu’aujourd’hui.
(8) Il y a une réelle volonté de ne pas se questionner là-dessus, à part pour les afrocentristes et les eurocentristes, qui tentent de marquer des points en ethnicisant le passé.
(9) Cette volonté de ne pas se prononcer avantage forcément l'historiographie eurocentriste via l'argument Astérix.

Mais sans déconner, ceux qui disent que les exigences de preuves sont racistes ne m’inspirent pas plus de sympathie que ceux qui disent la logique formelle sexiste.
So here’s the deal–I was was a history major at Howard University. I came to that school believing very much in an Afrocentric view of history. From that perspective, my first semester was just devastating. I had a professor, Dr. Linda Heywood, who specialized in taking on kids like me (the ones who believed ancient Egypt built fighter jets) and forcing us to face facts. She was, of course, a trained historian who was used to debating kids like me, and for every Chancellor Williams or Diop I whipped out, she had a David Brion Davis or a Eugene Genovese.

I couldn’t escape by dismissing her as part of a white plot–she was not just a black woman, but a black woman with a PhD in African History, who was teaching at the most storied black university in the country. I couldn’t attack her street cred, and so I had to engage the argument. I found her infuriating–which led me to take two more classes from her. A buddy of mine recalls the most poignant moment for us under her tutelage. At the end of a particularly debilitating lecture, she looked at us and said, “So with all the evidence I’ve given you, explain to me why blacks are not inferior to whites.”

She didn’t believe that of course. The point was preparation for what we’d encounter out in the world. Here is thing–my best professors at Howard (and there were many) knew what those of us who fashioned ourselves budding intellectuals would have to debate people who did not believe that it took a village, people who’d gone to the best schools in the world, and who were armed with the latest facts and science, and Ma’at would not save us. We could not hide behind myth–even if our opponents could. We were black. We had to be better than they’d heard. (source)



C’est d’ailleurs un autre problème : les afrocentristes vont beaucoup trop loin, à la sutie de tous les Cheikh Anta Diop de la terre.

Tout mouvement égalitariste a deux choix quand aux opprimés qu’il décrit.
  1. Soit insister sur leur oppression et la douleur qu’ils ressentent.
  2. Soit insister sur leur force, et leur tendance malgré l’oppression à se relever.
Souvent il fait les deux. D’un côté on décrit la douleur ressentie, mais si on dépeint toujours noirs ou femmes comme des victimes, ne risque-t-on pas de naturaliser l’oppression ? On prête le flanc à ceux qui voient la faiblesse des noirs ou des femmes comme naturels et issue d’une infériorité essentielle de ces groupes. D’où revalorisation de l’apport des “minorités” à la société.

Mais rarement on explique que l’oppression n’existe pas et est une invention récente. Imaginez une féministe qui prétend que le monde vivait dans le matriarcat jusqu’il y a récemment. Imprensable. (et bête)

Vous connaissez le racisme inversé ? On essaie de démontrer que les blancs subissent une oppression aussi. Souvent on répond que le racisme anti-blanc n’est qu’une réaction au racisme plus global, d’ampleur incomparable.

Hé bien certains afrocentristes tendent à faire du RACISME INVERSÉ INVERSÉ : ils prétendent que les noirs ont dominé les blancs à travers l’histoire, ce qui explique le racisme, puisque les blancs l’auraient développé durant leur oppression. Ca contredit les théories généralement sociales du racisme, en lui donnant une origine psychologique.
Ainsi Al Amin :


Et la fameuse théorie Blue Blood is Black Blood qui prétend que la noblesse européenne a été majoritairement noire, et a opprimé les blancs jusqu’à… Très récemment en fait. Ce genre de types essaient de prouver que Louis XIV était noir à partir de trois gravures de guingois, par exemple.
 Le Roi Louis XIV, quand il fut déterré en 1793 avait la peau «noire comme de l'encre», mais c’est sans doute dû à la décomposition de son corps, noircissement courant des momies, qui est dit relativement puant par rapport aux autres, mieux conservés, de la basilique St-Denis.Cependant ç’aurait pu mieux expliquer le mystère de Louise-Marie Thérèse cette fille supposée de Louis XIV. N'empêche que pour dire Louis XIV noir, il faut une définition de "Louis XIV", de "noir" ou de "preuve" qui soit extrêmement large.
Voyez :
«The symbol of the Moor shows a Blue man which is a Black man and means Blue Blood. We see many portraits of the nobility in which they pose very intimate with a little Black boy or girl which gives the sitter riches, mostly pearls which seem to symbolise Europe.The nobility was coloured, and some showed more African or Asian or White treats. These portraits are kept hidden or are destroyed around the French Revolution (1789).
Inside The Drake Jewel is a miniature of Queen Elizabeth I. Her father’s sister Mary Tudor was the grandmother of Mary of Scots. Mary of Scots son was James I who married Anne of Denmark. They were the grandparents of Charles II Stuart who was named “The Black Boy.”
He was described on a wanted poster issued by parliament as a tall Black man and I do not think they were fooling around.
Anne of Denmark had ordered a play “The Masque of Blackness” (1605) in praise of Black beauty which did not fade. The play was performed by members of the court and it explained how Blacks, The Sun People, came to Europe to look for a milder sun. In the play was a personage of The Niger River. The costume design shows a tall Black woman. Strange as this might sound; it took me after all three years to believe my own findings: Anne of Denmark which we know as a blindingly blond woman was almost certainly Black. As the whole Stuart dynasty was Black of skin.
When one looks for portraits of Charles II Stuart “The Black Boy” one finds many which show a White man, with long black hair and mustachio. But if one persists there are portraits which show black skin. Especially the National Portrait Gallery site shows many portraits of a Black skinned boy and later a Black adult. Still there is a lot of variations, but I have one pitch black portrait which show his classical African treats under a huge afro-like wig.
So there were Black Kings in Europe, who somehow traced their origins in Africa and symbolised their Blue blood with the image of a Moor. The portraits which show Blacks as White’s I would explain as propaganda to make them look as the White people they so despotically oppressed. Other white portraits are over painted authentic Black portraits, or whitened copies of these or outright fakes. All European museums show portraits of the European elite, with fake white skin colour. We know that all the European royal families were blood relatives.» (source)

Le professeur original de la théorie a d’ailleurs commenté :
«egmond codfried says
Dear friends, I’m happy to see that more people are putting up my theory blue blood is black blood (1500-1789) on their website.
Sadly enough I have noticed that whites, any white person, will respond with blind panic, irrationality and ridicule if I try to explain these matters to them. Perhaps they are even in fear off each other and do not want to be labelled ‘nigger lover.’ Who knows?
Yet I believe they deserve some consideration as they were dominated by blacks, so they were taught to fear blacks. This fear is instilled through education, media, movies, anything. The indoctrination is so strong and pervasive that other coloureds and even blacks are affected.
To change this we have to combat the religious believe called white supremacy. The idea is that whites because of their colour are better, have better intelligence, better moral values, less likely to make a mess of some undertaking, more honest, more considered, less violent, better in looks etc.»

Vous avez bien lu : SI LES BLANCS SONT SI AGGRESSIFS C’EST PARCE QU’ILS ONT ÉTÉ OPPRIMÉS. C’est quand même ballot qu’un mouvement de revalorisation des Noirs dans l’histoire aboutisse à donner des excuses aux partisans du “racisme anti-blanc”. Vite ! Foutez cette théorie hors d’atteinte des eurocentristes !
(Blague : jamais les eurocentristes n’admettront leurs ancêtres faibles ou noirs, pour eux synonymes.)
Le problème c'est que là on tombe définitivement dans la théorie du complot, puisqu'on assume que tout cela était connu et affiché, et que cela n'a été occuté que récemment. Ca suppose un consentement de tous, et un grand complot visant à repeindre tous les portraits royaux du monde, ne laissant comme preuves de l'ethnicité des rois noir que trois gravures de guingois.
Regardez tous ces visages typiquements africains… Ah, non, c'est vrai, un complot blanc suprémaciste s'est occupé de repeindre aboslument tous les portraits sans laisser aucune trace matérielle de l'opération.

Mais il est clair que sur le plan historiographique c’est très intéressant. Ca nous en dit plus sur la détention du savoir actuel que du pouvoir ancien.
Après tout, MacRitchie et Gwyn Jones n’avaient aucun problème à imaginer des peuplades noires traversant l’Europe. Pourquoi avons-nous tant de peine ?
Le spectre d’imprécations va de “Donne des preuves, putain !” à “Go fuck yourself afrocentrist nigger, your people are monkeys and always will be” ou encore “the only way african genetics left africa in the past is as slaves.” mais il est certain qu’il y a rebiffade, partout. L’argument Astérix est désormais normal.
Quand on parle d’un passé mythique où les plus vindicatifs des deux camps décrits tentent de placer leurs pions, ça se chamaille, mais ne peut-on pas aborder certaines questions sans heurts ?


Astérix chez les Vandales


Apparemment pas.
Deux images de la Reine Charlotte.

Parlons de Charlotte de Mecklembourg-Sterlitz, reine de Grande-Bretagne, au visage… métis?
Elle descendrait de Margarida de Castro y Sousa, noble portuguaise du XVe d’origine supposément africaine, quoique ce soit bien sûr contesté et que la distance génétique soit beaucoup trop grande pour expliquer ses traits. Bien sûr, on ne parle que de ça, pour décrier ces vils afrocentristes.
Généalogie.

Sauf que les familles royales ont tendance à, disons, recouper les lignées ancestrales. Les gènes font coup double, et des chromosomes se retrouvent en deux ou trois exemplaires dans un même couple, les surexprimant. On connait le problème de l’hémophilie.
La question de la généalogie reste problématique, je n'ai pas vraiment l'envie de refaire les pas de Valdes sans son bouquin sous la main, ni de me fader l'arbre généalogique. La question de l’apparence l'est moins, étant donné certains portraits. Bien sûr, comme il était d’usage de couler les faces de tous dans les mêmes moules (je veux dire, regardez les gueules de la famille royale française ici, on dirait ces memes associés au photobombing) elle aura aussi des portraits où cela n’apparait pas.

Ses traits africoïdes furent discutés âprement lors de son mariage, notamment via un poème :

Descended from the warlike Vandal race,
She still preserves that title in her face.
Tho' shone their triumphs o'er Numidia's plain,
And and Alusian fields their name retain;
They but subdued the southern world with arms,
She conquers still with her triumphant charms,
O! born for rule, - to whose victorious brow
The greatest monarch of the north must bow.

L’usage des terme «Vandale» et «Numidia» devrait nous alerter : territoire et peuple africains, du moins sûrement perçus comme tels par l’auteur de ces lignes. Pourquoi ?

Mais bien sûr, Wikipédia ne s’encombre pas de pareilles «irrelevances» :
So I have[…]cut back the discussion of Charlotte's possible African ancestry to a more reasonable length. It had an irrelevant poem about Vandals in it that did not need to be there and a disputed statement about an "apologia" which I removed. Smeat75 (talk) 05:31, 2 April 2013 (UTC)
Oui, bien sûr, le fait que des contemporains, en public, dans un poème, la comparent à des peuplades africaines n’a absolument rien à foutre dans le débat sur la question de son ascendance africaine.
Parce que l’appeler Vandale faisait en fait référence à son origine germanique, bien sûr :
Or, it may be referring to the Vandals, a Germanic tribe which was believed at the time to have originated from the Mecklenburg area, and to have later conquered Africa. Now, it's possible that the poet was playing around with the fact that, by many accounts, Charlotte looked kind of black, and were making a joke based on the Vandal connection to north Africa. But the Vandals did not look Black. They were a German tribe, and presumably were blond and fair. So there is no reason to assume that this is what is meant at all, unless one is already looking for it. And, I will repeat - the Vandals were believed in the 18th century to have originated in northern Germany, around the Baltic Sea (i.e., exactly where Charlotte was from). (John Keeney)

Hmm. Deux thèses ici :

  1. Les Vandales étaient vus comme germaniques, i.e. pas originaires d’Afrique.
  2. Donc le poème faisait référence au fait qu’elle descendrait d’une tribu germanique qui a conquérit l’Afrique, peut-être pour des buts humoristiques mais il ne faut rien inférer sur son apparence.
Quelques choses:
  1. Pourquoi dirait on que «She still preserves that title in her face.» ? Y a-t-il des traits germaniques qu’on aurait décelé sur son visage ? Son médecin personnel écrira dans son journal qu’elle avait «a true mulatto [métis] face». Cela devrait suffire à montrer que même si son ascendance — supposée — n’était pas très métissée, il semble que ses traits aient été perçus comme tels, et la pensée raciale n’est pas tant liée à la génétique qu’à l’apparence. La génétique ne compte qu’en ce qu’elle influe sur le physique.
  2. Pourquoi faire référence à l’Afrique ? Ou aux Vandales, tant qu’on y est ? Des peuplades germaniques dont on pense qu’elles ont emergé autour de la Baltique, on n’en manque pas, et elles ont nombre d’autres exploits guerriers. Pourquoi dans le même message admettre l’évidence — le poète faisait référence à son apparence négroide — et la retirer aussitôt, parce que oulah non, les Vandales sont blancs et blonds si possible aux yeux bleus ?
  3. Les Vandales avaient déjà la connotation âprement négative qu’on leur connait, liée à la mise à sac de Rome : «Till Goths, and Vandals, a rude Northern race, / Did all the matchless Monuments deface.» Dryden, John, "To Sir Godfrey Kneller", 1694. Donc oui, pour décrire la nouvelle reine comme une de leur descendante, à l’occasion de son mariage, je pense que tu as intérêt à avoir un bon mot pour appuyer la manoeuvre.
  4. Non seulement l’apparence réelle des Vandales n’a que peu d’importance, ce qui compte étant ce que le poète et son public s’imaginaient être leur physique, mais en plus l’assomption qu’ils étaient «blonds» et aux «cheveux lisses» est d’un péremptoire risible quand on connait la mutliplicité des mouvements de populations dans ces zones et le passage de peuplades aux phénotypes bien divers, comme les Huns.
  5. Mais surtout notez : "Now, it's possible that the poet was playing around with the fact that, by many accounts, Charlotte looked kind of black, and were making a joke based on the Vandal connection to north Africa.". Le Wikipédien reconnaît la pertinence de l'argument, mais il le rejette parce que l'image des Vandales blonds est trop prégnante en son esprit.
Mais apparemment tout le monde trouve ça normal :
The Vandali were one of the many tribes or groups of Indo-European speakers in Europe whose name appears to derive from a common root for 'white' (ie. blond) found in Celtic or Italic tongues and related branches. The English word 'white' is a cognate, the 'n' having been dropped at some point from the 'wenet' or 'vined' or similar root. It is not known for certain if 'white' in Germanic languages was retained from proto-Indo-European, or imported from common Celtic. Most 'experts' seem to lean towards the former but the latter is preferable. As light-haired Europeans often have offspring with blonde hair regardless of the hair colour of their parents, the many tribes using variants of this could have gained their names from leaders who were born blonde and named as such. It is only after the first few years that the blonde hair of many of those offspring turns brown. (source)
Leur nom veut probablement dire «blanc» donc ils étaient blonds. C’est cool, c’est comme quand on décrit un peuple comme noir de peau, e.g. Attila, en fait c’est pour dire qu’il était noir de cheveux. Pratique, les cheveux.
Voyez-vous, j’aimerais bien une preuve de ça, que tous peuples dits “germains” étaient blonds. Certes, même les Afrocentristes affirment que les blancs sont issus d’un milieu endogame d’albinos autour du Caucase, mais ça ne veut pas dire que tout le monde en était, au contraire, cette hypothèse prêche plutôt pour l’origine unique des blancs et donc une hégémonie noire/métissée en dehors.
Oui mais tu peux pas te servir de conjections préhistoriques pour infirmer des thèses histor… Oh et puis zut. (True Myth, p. 6)

Dans Kaamelott, Le Refuge (4x55) montre Léodagan et Arthur enfermés dans un cabanon alors qu'une invasion barbare fait rage dehors. Ils discutent l'origine des assaillants :

Au moment des invasions barbares, nos manuels nous ensevelissent de noms : Wisigoths, Ostrogoths, Vandales, Suevi, Angles, Saxons, Francs, et nous sommes supposés remplir les blancs, alors qu’on vient de nous jeter en pature cinquantes hordes sans visages, se mouvant à la surface de l’Europe. Et, touchant le continent blanc, on s’imagine dès lors que nos apparences les contaminent rétrospectivement.
Je veux dire, l'argument Astérix est généralement simpliste, mais là, quand on parle des Vandales il tient carrément de la bêtise. "Les gens n'ont pas beaucoup bougé".
Euh.
"Hmm, non, aucun mouvement/remplacement de population à signaler, rien à déclarer."

Je veux dire, putain, une grande part de l'histoire de la Bretagne c'est le remplacement des bretons par… à peu près n'importe quel autre peuple dans un rayon de 1000 lieues.
Et comme Léodagan on s’imagine qu’un Germain en vaut un autre et qu’ils crêchent tous au même endroit, bien qu'on sache qu'ils se sont fixé en Afrique du Nord.

Reprenons.
Il semble très improbable que les Vandales aient été blonds, aussi loin qu'on le sache. Pour autant, c'est invoqué comme une évidence et une preuve contre l'apparence métissée de la Reine Charlotte. C'est là que ces modes de pensées sont nocifs : ils empoisonnent des débats qui autrement seraient tranchés très simplement.
Les défenseurs d'Aryens reviennent à la chasse avec force.

"On dit pas que tous les européens sont blonds aux yeux bleus, mais la blondeur, c'est un truc d'européens, comme les yeux bleus. Tout le monde a les cheveux foncés/les yeux bruns, et seuls les européens ont développés des variantes, probablement issues d'une sélection sexuelle durable."
Source. Et tant qu'on y est, parlons des Eskimos blonds.

"Oui, bon, elle a bon dos, la blondeur des aborigènes de Vanuatu, tu sais bien qu'elle est issue d'une mutation unique, est un cas d'école d'évolution parallèle et qu'à moins de prétendre la déceler chez les Vandales, i.e. leurs descendants nord-africains, tu es juste pédant."

Bon, d'accord, c'était juste pour partager la blondeur peu connue de Vanuatu.
Soyons plus sérieux.

D'abord, contre leur blondeur supposée, les Vandales ont enrôlé de nombreux «black moorish» :
According to Procopius in the same book, Gaiseric organised his warriors into 80 companies commanded by captains called chiliarchs, which means leaders of 1,000. Most of them were Vandals and Alans but increasingly, as time passed and many of them retired to the good life, some black Moorish tribesmen filled in. They were used as seaborne raiding partiese while the Vandals waited in the galleys for the spoils to be brought up. The Moorish kingdoms gave Gaiseric few problems, “Gaiseric arms my own flesh against me” Sidonius wrote a poem, “I am being cruelly torn under his authority by the prowess of my own”. (source)
C’est ce qui se produit quand on envahit le nord de l’Afrique. Allez savoir pourquoi.
Mais plus intéressant encore Procope de Césarée nous affirme que Majorien était blond, et que justement, pour dissimuler son origine en allant vers les Vandales à des fins de reconnaissance, il s’était teint les cheveux en noir :
«Avant ces événements, l'empire d'Occident avait été occupé par Majorien, que je ne pourrais sans injustice passer sous silence. Celui-ci, qui surpassait en vertus tous les empereurs romains ses prédécesseurs, fut vivement touché des malheurs de l'Afrique. Il leva dans la Ligurie une puissante armée, pour marcher contre les Vandales; et comme il était nourri dans les travaux et dans les dangers de la guerre, il résolut de la conduire lui-même à l'ennemi. Mais, jugeant qu'il était nécessaire de reconnaître d'abord les forces des Vandales, le caractère de Genséric, et de plus les sentiments d'affection ou de haine que portaient aux Vandales les Maures et les Africains, il entreprit lui-même cette exploration. Il prit donc le rôle d'un envoyé de l'empereur, se donna un faux nom, et partit pour aller trouver Genséric. Mais pour n'être pas reconnu, ce qui lui eût attiré des malheurs et suscité des obstacles, il eut recours à cet artifice. Comme il était connu partout pour la beauté de sa chevelure, qui était d'un blond pâle et qui avait l'éclat de l'or le plus pur, il employa une pommade inventée pour la teinture, qui en un moment rendit ses cheveux parfaitement noirs.» (Guerre contre les Vandales, III, 2)

Je ne peux me prononcer sur la véracité de Majorien se rendant incognito chez les Vandales, mais si l’histoire inclut qu’il a dû se teindre les cheveux en noir pour passer inapperçu, il y a fort à parier que la blondeur était LOIN d’être majoritaire chez les Vandales.

"Mais tu viens de dire qu’ils avaient enrôlés des «maures», c’est peut-être le résultat d’un mélange de populations."

Premièrement, ça va dans mon sens : les barbares se mouvant à la surface de l’Europe et de l’Afrique n’avaient probablement pas de ceintures de chasteté, il y a eu mélange.

Deuxièmement, ce n’est pas parce que les cheveux noirs des Vandales seraient relativement récents dans leur histoire qu’ils n’existeraient pas.

Troisièmement, à supposer que les Vandales soient blancs et blonds à l’origine, leur voyage vers l’Afrique fut extrêmement rapide(en 429 ils traversent le détroit de Gibraltar, en 439 ils prennent Carthage, Majorien aurait attaqué les Vandales autour de 460, donc moins de 30 ans après leur arrivée en Afrique). Malgré l'embrigadement de Maures, il semble que les Vandales et les Alains se soient unifiés sous le terme de Vandales et se distinguent entre eux des Maures. Donc ce laps de temps ne fut probablement pas assez pour renouveler la population : si leur phénotype a majoritairement des cheveux noirs, ça ne peut pas entièrement émerger du mélange de populations.

Quatrièmement, tout l’argument Astérix est ruiné par les mouvements de population. Cet argument se base sur le fait que les peuplades germaniques ressemblent aux germains ou au nordiques, parce qu’ils auraient peu bougé. Ainsi, puisqu’ils sont les ancêtres des allemands, ils leurs ressemblent. Parce que c’est bien connu, les peuples barbares ont peu bougé au VIe s. COMMENT les Vandales seraient les ancêtres des Allemands, quand leur histoire se termine en Afrique du Nord ? L’argument Astérix voudrait ici que les Vandales soient les ancêtres des maghrébins actuels, et dès lors inférer leur apparence de ceux-ci, non d’une scandinavie fantasmée.

Cinquièmement, les Vandales semblent fortement se distinguer en apparence des romains.

Annexe
– 
Enfin, si vous voulez les arguments relativement convaincants sur les Vikings noirs:
1) Les nombreux Vikings surnommés "noirs", dont Halfdan le Noir, premier unificateur de la norvège.
Liste non-exhaustive :
2) Note sur la thèse évanescente d'Al-Amin selon laquelle l'épithète "le rouge" serait la marque d'un héritage racial métissé de part X le Rouge, qui était le fils de X le noir et d'une autre femme. Intéressant. Sara L. Uckleman a compilé les occurences d'épithètes de couleur issues de la Landnámabók.
inn hvíti "Blanc" 15
inn rauði "Rouge" 10
inn svarti "Noir" 8
surtr "Noir" 1
svartiþurs black-giant, black-troll 1
bláskegg black-beard 1
bláfauskr swarthy old man 1
heljarskinn swarthy-skin 2
blákinn swarthy-cheek 2
brún brown 2
rauðr red 2

 Cependant on a moulte traces de "rouges" qui étaient probablement roux. (Redhead désigne encore aujourd'hui les roux en Anglais ; Rothaarig en Allemand, rödhårig en Suédois on peut supposer que les locuteurs Vikings germaniques l'associaient aussi toute rousseur au vocable pour "rouge" étant donné la tendance médiévale à cela : le rouge-gorge, quoiqu'orangé, est bien désigné comme étant rouge dans les langues germaniques) Le plus connu étant Erik le Rouge.
3) Le fait que Vikings et Sarrasins étaient tous deux opposants de l'Europe chrétienne et blanche et souvent décrits dans des termes semblables de dégoût ultime par les "européens".
Maintenant, ce n'est pas forcément un argument. Des Basques ou des habitants d'Arpitanie étaient décrits comme Sarrasins également, cf. la Chanson de Roland. Il semble que les critères culturels fussent plus importants que les critères raciaux, en ce cas.
4)
4)
4) ...
4) Euh.
4) Je sais plus ce que je voulais dire.
4) Je voulais synthétiser un peu cet article et le conclure, mais je n'ai ni les compétences linguistiques ni le temps.
4) Il traîne depuis trop long dans mes brouillons.
4) Donc voilà.


4).

6 commentaires:

  1. Tout ces questions sont absolument ridicules, comment peut-on les poser sérieusement ?
    Enfin, que les vikings, les germains, les vandales aient été noirs, rouges, blancs ou verts, quel sens cela peut-il avoir, alors que nous avons quantité de preuves photographiques que globalement, avant, en gros, les années 40,
    LE MONDE ÉTAIT EN NOIR ET BLANC ?

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  2. Blague à part, qu'est-ce que c'est un peuple ?
    Est-ce que, quand Clovis a conquis l'essentiel de l'ancienne gaule, tout les gallo-romains se sont miraculeusement changés en Francs ?
    Ça paraît assez peu probable.
    À moins que la population préexistante ne soit vraiment clairsemée par rapport aux nouveaux arrivants (cas de l'amérique du nord), ce sont en général les envahisseurs qui sont assimilés. Il n'y a qu'à voir ce qui est arrivé aux Mandchous : Après un peu moins de trois siècles de dynastie Mandchoue régnant sur la Chine, les Mandchous ont presque totalement été assimilés par les Chinois et leur langue est, grosso modo, morte.
    Ces histoires de descriptions de couleurs par les chroniqueurs du passé, ça me rappelle ce fameux passage d'Homère sur la couleur de la mer.
    Dans toute cette histoire, j'ai l'impression qu'on oublie un peu pourquoi les Noirs sont noirs et les Blancs et blancs...
    Notre ami le soleil, qui darde si fort ses rayons sous les tropiques se fait un peu désirer lorsque la latitude augmente (surtout en ce moment).
    À supposer que l'Europe, en un temps mythique et très lointain, ait été peuplée de Noirs, il n'y a pas besoin de postuler que des grands méchants blancs sont venus leurs casser leur gueule et leur belle civilisation hyper-avancée dont malheureusement il ne reste rien (comme c'est dommage).
    Il suffit de partir du principe que, le manque de luminosité faisant son oeuvre, les noirs sont devenus blancs en quelque millénaires.
    J'aimerais beaucoup savoir d'où tu tire ton nombre de 100 000 soldats pour l'armée de Hannibal, ça me paraît absolument énorme. En tout état de cause, je rappelle les faits suivants :
    Hannibal a commencé son périple en Espagne, alors en partie possession Carthaginoise, mais largement peuplée de peuplades celtes (ou pré-celtes dans le cas des Basques). Hannibal a pas mal recruté en route, sur les routes des Gaules trans- et cis-alpines.
    Hannibal était issu de la noblesse Carthaginoise, Carthage étant originairement une colonie phénicienne, c'est à dire sémites (?). Le reste du Maghreb était peuplé de gens qui devaient sûrement se retrouver dans les rues de Carthage, et sur lesquels on ne sait pas grand'chose (déjà qu'on connait assez mal Carthage...) : Numides, Gétules, Garamantes... Quelles étaient les couleurs de peau de tous ces gens ? Mystère...
    On peut aussi poser la question : C'est quoi un blanc ?
    Tu dis que statistiquement, les blancs sont minoritaires, c'est vrai, et il y en a même de moins en moins, non seulement parce que statistiquements ils se reproduisent pas beaucoup comparés aux autres (ça y est, du bon vieux déclinisme racial, youpi), mais aussi et surtout, parce qu'on a inventé de plus en plus de catégories qui n'existaient pas avant.
    Dans le bon vieux temps des manuel scolaires de la troisième république (Le tour de france par deux enfants, une lecture hautement instructive encore aujourd'hui, mais pas pour les raisons que son auteur avait en tete), on comptait quatre races humaines : les blancs, les noirs, les jaunes et les rouges. Mais une autre race est en train d'apparaître, c'est les zazous...
    Heu, pardon, je disais, on comptait quatre races humaines, et puis on a inventé de compter les arabes dans une catégorie à part. Et les hispaniques aussi (Aux USA en tout cas)... Finalement, tous ceux qui ne sont pas blanc comme le lait et blond comme les blés avec des yeux bleus, est-ce que ce seraient pas un peu tous des métèques, genre ?

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    1. "Il suffit de partir du principe que, le manque de luminosité faisant son oeuvre, les noirs sont devenus blancs en quelque millénaires."
      Je crois que c'est la thèse de Al-Amin d'ailleurs. Il ne postule pas de grands méchants blancs (enfin si, mais pour d'autres trucs genre la conquête de la Grèce(?)).

      "J'aimerais beaucoup savoir d'où tu tire ton nombre de 100 000 soldats pour l'armée de Hannibal, ça me paraît absolument énorme. "
      Je suis pas sûr, j'ai écrit ça il y a un moment, mais je crois que j'ai repris le chiffre chezTite-Live.

      Medievalpoc conseille souvent des sources controversées ou qui invalident ses thèses parce que "vive la discussion" et j'ai découvert après l'avoir commandé (parce que ça me semblait intéressant de lire un livre avec une thèse aussi forte) que True Myth, quoique cité comme conseil de lecture, n'avait pas été lu par ledit blogueur. Salaud ! Et voilà que c'est de la merde, sans surprise.


      Finalement, tous ceux qui ne sont pas blanc comme le lait et blond comme les blés avec des yeux bleus, est-ce que ce seraient pas un peu tous des métèques, genre ? "

      Biologiquement, l'hypothèse la plus probable, c'est que la blancheur de peau vient d'un albinisme, donc forcément on va avoir des teintes qui vont de blanc craie jusqu'à beige foncé et qui se qualifient pour "blanc".

      Pour la question de la catégorisation, c'est clair : ces catégories changent et c'est souvent abordé par medievalpoc et ça me semble aussi intéressant. Je referai peut-être quelque chose sur les Vandales sur le sujet d'ailleurs : il semble que même s'il n'y avait pas de carégories raciales construites, les Romains distinguaient divers type de population.
      Encore une fois, ce que je trouve le plus intéressant là-dedans c'est la thèse "majorité de blancs ne veut pas dire 100%". Ca pose surtout problème dans la question de la représentation : Non c'est pas possible d'avoir des noirs dans ton histoire, me suis-je entendu dire par des potes historiens concernant Les Inachevés, histoire avec des dragons, des îles volantes, du voyage dans le temps et des mecs en armure du XIVe s. dans une Angleterre fictive du Ve s. Des gens sont scandalisés par la présence de gens pas blancs représentés dans la période x ou y parce que "pas historiquement juste" et si la thèse forte de Al-Amin est débile, la thèse faible et les questionnements attenants me semblent ouvrir un dialogue qui peut être un peu plus sain.

      (Merci pour le bleu chez Homère ! J'avais perdu la source de cette discussion sur les grecs qui ne perçoivent pas le bleu).

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  3. Tiens, je suis retombé sur ce billet de Hady Ba à propos de la théorie Afrocentrique.

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    1. Al-Amin dit que les Rois Doriens étaient probablement noirs, d'ailleurs, avant de se faire remplacer. Il cite Black Athena de Martin Bernal :
      There is no doubt that the descendants of thes conquerors the Dorian kings of classical and Hellenistic times, believed themselves to be descended from Egyptians and Phoenicians.

      Donc bon, on croit qu'on déconne, mais y'a toujours des types pour défendre sérieusement nos bêtises. Mine de rien j'aurais dû lire Black Athena ça a l'air plus fourni. Et je regrette de pas avoir fini Black Vikings, la fin a l'air plus intéressante, mais bon dieu ce que c'est énervant à lire. (c'est si dur de briser les limites du suprémacisme blanc :( )
      Cette "Egypto-Hyksos ancestry" prouve bien entendu qu'ils ne sauraient être leucodermes.

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    2. Sinon faudra que je me penche un jour sur les théories Indocentriques, les mecs qui disent que "en fait les Aryens sont originaire d'Inde, donc l'Inde est le foyer civilisationnel de l'Eurasie voir plus, bisoux".

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"As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
Ce que tu veux m'apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
Est-il utile que tu m'apprennes cela ?
Dans le cas contraire, pourquoi tiendrais-tu à me le dire ?"
- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.