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mardi 15 avril 2014

Onto et Phylo

Les parallèles foireux entre ontogénèse et phylogénèse ne sont pas neufs.
Pour expliciter un peu, l'ontogénèse désigne le commencement de l'être, en l'occurrence de l'individu, puisque dans notre époque libéralo-prométhéphistoophélèsque l'entièreté de l'être est réduite à l'individu, centre du monde, la débauche des enfants-rois, tout fout le camp. Phylogénèse par contre se rapporte au commencement et à la croissance de l'espèce. Tirer des liens entre phylogénèse et ontogénèse signifie donc prétendre que l'individu traverse des étapes qui, dans le motif fractal de l'humanité se retrouvent également dans les tendances de l'espèce entière. Ainsi la préhistoire serait l'enfance de l'humanité, par exemple, ou l'embryon humain, en se formant, passerait par les divers stades de la vie, celule, organisme multicellulaire, poisson, amphibien, etc.

Freud est connu pour l'avoir fait, associant les stades du développement de l'enfant avec l'évolution du phénomène religieux, dans Totem et Tabou.
Au départ, l'enfant est narcissique, centré uniquement sur lui-même. Il s'imagine tout-puissant et prend littéralement ses désirs pour des réalités. Transposé à l'humanité c'est le stade animiste. Les gens pensent en fonction d'un paradigme magique où ils pensent pouvoir contraindre les forces qui gouvernent le monde.
Ensuite, il réalise l'existence du monde extérieur, mais n'a toujours aucun contrôle sur le monde et tente de s'attirer les faveurs d'être tous-puissants, ses parents, sur lesquels il a transposé sa libido. C'est une période propitiatoire, on tente de concilier, des forces, plus de les contraindre. Transposé à l'humanité, c'est le stade religieux.
Freud avait des croyances encore plus profondes en matière de phylogénétique, notamment les traits hérités, pain béni de la nombre de psychologues autoproclamés encore aujourd'hui, biberonnés de Zola sans doute.
Enfin, vient le stade réaliste, de la science scientifique, où on se contente de comprendre la vraie causalité vraie. Toute personne qui n'est pas athée et rationaliste est probablement un enfant, un primitif ou un névrosé.
Le problème étant qu'il y a des enfants "primitifs", des enfants névrosés, des névrosés primitifs, voire tout ça d'un coup. (pas de chance)

Maintenant je me demande si pareils modèles ont été imaginés sur le plan social.
Je m'explique.
Alors que je rangeais des livres, un collègue rangeur se plaignait d'avoir passé son anniversaire à travailler ses cours, assis dans la bibliothèque, s'enfilant juste une tranche de gâteau au petit-déjeuner. Il disait, plaisantant, regretter l'époque de l'école primaire où les fêtes s'organisaient d'elles-mêmes grâce à nos parents, et où toute la classe serait là.
En l'écoutant je me rendais compte que son discours semblait très conservateur, plaignant la perte de cette communion sociale qui s'opérait de façon apparemment organique et spontanée, comme certains plaignent la perte de l'ordre social qui prévalait dans le temps et qui garantissait l'équilibre du monde, quand tous n'essayaient pas de briser leurs chaînes.
De la même manière que les relations traditionnelles sont brisées par l'industrialisation, le changement de la production, l'urbanisation, les amitiés enfantines sont dissoutes alors que tous gagnent en autonomie, et que, indépendants, ils s'éloignent les uns des autres.
Donc, je me doute bien que ces théories, si elles existent, seraient stupides, mais existe-t-il des théories qui mettent en parallèle l'évolution des rapports sociaux à travers l'histoire et l'évolution de la socialisation des enfants jusqu'à l'âge adulte ?

Oui, j'avais prévenu que ce serait con.

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"As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
Ce que tu veux m'apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
Est-il utile que tu m'apprennes cela ?
Dans le cas contraire, pourquoi tiendrais-tu à me le dire ?"
- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.