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mardi 17 juin 2014

Impact mental et programme sous-main

[Trigger Warning/Avertissement: discussion de statistiques de viol]

Une vérité énoncée avec de mauvaises intentions surpasse tous les mensonges de l'imagination.
William Blake




"Les fausses accusations de viols sont rares."
 
On entend souvent cela après que des gens aient tenté de relativiser des proclamations féministes. Les féministes déplorent qu'un violeur échappe à la justice, par exemple, blâmant la culture du viol.
Un commentateur dit "Oui mais il faut faire gaffe à pas accuser faussement les gens de viols".
Les féministes répondent "Tu prétends sérieusement qu'il est PIRE de se faire accuser de viol que de se faire violer ?".
Le commentateur répond "Non, ce n'est pas parce que j'ai évoqué un problème de moindre importance que je prétend que le problème majeur n'en a pas, et encore moins que le problème majeur est moins important, mais déployer des solutions sans songer aux effets collatér–"
Et il n'a pas le temps de finir, enseveli sous les articles parlant de Rape Culture. Enfin, ça se passerait comme ça si on pouvait s'interrompre dans un fil de commentaires, dans les faits, il aura le temps de faire 6 pavés de texte croisés avec des réponses, concluant finalement que les féministes nuisent à leur cause (quelle surprise).

Je pense que beaucoup d'objections, dans un débat, ne viennent pas tant des thèses avancées que
  1. de leurs conséquences en tant que thèses, à savoir l'influence qu'elles auront sur les esprits, puis sur le monde à travers les acteurs influencés. Appelons ça, l'impact mental. E.g. "Dieu veut qu'on tue les indidèles."  Tuerie d'infidèles par les gens convaincus de cela. 
  2. du programme d'action qu'elles semblent sous-entendre. Appelons ça, le programme sous-main. E.g. "Il faut viser la décroissance"  "Il faut empêcher les Chinois de bouffer de la viande"
Le problème c'est que les deux peuvent diverger, voire être opposés, et ne sont souvent pas du tout ce que voulait la personne proclamant cela au début. Les thèses peuvent exister seules, on peut très bien vouloir la décroissance sans tomber dans le néocolonialisme – même si je rêverais de voir ça un jour.

Dans le cas des discussions sur le viol, je pense que les hommes qui réagissent avec du Not All Men ou des invocations des hommes violés ou encore des statistiques de fausses accusations de viol ; le font, je crois, pour combattre le programme sous-main des féministes : durcir la législation pour les accusés de viol, alors que le but premier des féministes n'est peut-être que de sensibiliser leur auditoire à ces problématiques, but sain per se.
Et je pense que les féministes, en coupant systématiquement la parole des Not All Men veulent diminuer l'impact mental de ce qu'ils arguent.


Dès fois, en retour, on fait des calculs de probabilités ahurissant pour prouver que ces messieurs n'ont rien à craindre.
Sérieusement ? Vous allez prétendre que plus de gens se sont fait TUER PAR DES MÉTÉORITES qu'accuser faussement de viols ? D'accord c'est BUZZFEED mais cet article a sacrément tourné et je crois sincèrement que personne ne soutient réellement cette proposition.
Cependant nous ne sommes pas des esprits flottants dans l'éther ou des cerveaux dans des bocaux, on ne discute pas dans le vide. La discussion elle-même a des inférences. Du coup, réfuter ce genre d'articles (quand on trouvera toujours pléthore de gens pour les réfuter) c'est nuisible.

C'est problématique, en effet.


Certains disent que le nombre de 2-8% (déjà une variation énorme) n'est pas si important parce que tous les viols ne sont pas rapportés 
Certes, si il y avait plus d'accusations de viol, on peut supposer que les accusations fausses de viol seraient proportionnellement moins importantes, mais leur nombre absolu ne changerait pas. Plus parlant, certains départements policiers font pression pour inclure de vrais viols dans la catégorie "fausse" les victimes finissant par céder et se parjurer. Non seulement les statistiques sur le viol, mais les statistiques sur les faux viols doivent être considérés avec prudence.
Now, some of them will spit out that report along with their shattered teeth and flap their bleeding gums at me: “That’s just an anecdote.” And that is true. It is just one data point behind the 2-8%. Since we are Good Skeptics™, we know to look beyond anecdotes.
So let me add in a study of police attitudes toward rape victims. It would seem EEB isn’t alone, then. And if we could factor in the victims who never reported at all because of shit like this, that “false” rape allegation statistic would drop like a rock. Since they don’t, the statistics are skewed, making “false” allegations look more prevalent.
Dana Hunter, One Reason False Rape Allegations Are So High 
L'étude en question est assez claire :
One dominant and destructive characteristic underpinning police participation in rape investigations arises from exaggerated beliefs in the prevalence of false rape allegations. Concern has been expressed internationally regarding the high proportions of sexual assault complaints that are believed to be false. An early study conducted in the United States of America, for instance, revealed that the police officers who participated in the research believed approximately three out of every five rape complaints to be either false or mistaken (Feldman-Summers and Palmer, 1980). Likewise, in Chambers and Millar’s (1983) Scottish study, many detectives estimated false complaints to be very common, with one saying he believed only 1:20 were ‘real rapes’ (Chambers and Millar, 1983: 85 footnote). [...]
Detectives in other United Kingdom research, however, believe the proportion of false complaints to be closer to one-half (e.g. Lees, 1997:184), with Ian Blair noting: ‘there is considerable evidence that investigators seem prepared to give serious consideration to the proposition that between 50 per cent and 70 per cent of all allegations of rape are false’ (Blair, 1985: 53–4). One cynical detective even maintained: ‘After six years on the force, I don’t believe any of them’ (quoted in Burgess, 1999: 9).

Jordan, Jan. “Beyond belief? Police, rape and women’s credibility.” Criminal Justice 4.1 (2004): 29-59.
Some feminists have argued that rape myths constrain women’s reporting of sexual assault to the police. The authors investigated whether myth-associated characteristics of sexual assaults play a role in police reporting behaviors of women. A sample of 186 sexual assault cases seen at a hospital-based sexual assault care center in 1994 was analyzed using logistic regression. A positive association was found between reporting a sexual assault to the police and two overtly violent components of the “real rape” myth: the use of physical force and the occurrence of physical injury.

Du Mont, Janice, Karen-Lee Miller, and Terri L. Myhr. “The role of “real rape” and “real victim” stereotypes in the police reporting practices of sexually assaulted women.” Violence Against Women 9.4 (2003): 466-486.


Ca aiderait donc d'avoir des données claires et nettes, en étant sûr de ce qui est affirmé, par qui, en quelles proportion, etc. afin notamment d'instruire un minimum les forces de police. Mais dès que des données sont mises en causes (par exemple si il nous semble improbable que la mort par météorite soit si courante) on est accusé d'être un ennemi de la cause ce qui ne facilite pas non plus le recueillement de ces données.
C'est parce que malheureusement ces discussions et ces mises en doute occupent déjà majoritairement le terrain. Les policiers persuadés de la prévalence des faux-viols vont nuire à l'exercice de la justice et nuire au victimes. S'ils traînent sur internet, cherchant des infos sur les viols, ils vont tomber sur ces discussions. Ça va les influencer. Ils auront revêtu les vertus du doute armés de données vraies de vraies. Et pas seulement les flics, les proches, collègues de ces victimes auront plus tendance à mettre en cause le témoignage de celles-ci s'ils voient des faux viols discutés partout à tête reposée.
Again, one of the most important challenges for successfully investigating and prosecuting cases of non-stranger sexual assault is the idea that many—or even most—reports are false.As long as this belief is accepted by law enforcement professionals, prosecutors, jurors, and others, our efforts to improve the criminal justice response to sexual assault will have only limited impact. Only those cases that look like our societal stereotype of “real rape” will be successfully investigated and prosecuted.
Dr. Kimberly A. Lonsway et al., False Reports: Moving Beyond the Issue to Successfully Investigate and Prosecute Non-Stranger Sexual Assault.
Et peu importe que tout le monde dise "2% des accusations de viols sont fausses" parce que la diffusion de ce discours l'emportera en impact sur son contenu réel, renforçant la croyance assez répandue qu'il y a beaucoup de faux viols. En substance, il n'y a aucune différence entre dire que 2% des accusations de viol sont fausses et dire que 98% des accusations de viol sont légitimes, mais si sous chaque post sur les viols, sur chaque discussion de la rape culture, sur chaque témoignage il y a quelqu'un qui vient dire "LES FAUX VIOLS EXISTENT VOICI UNE ETUDE QUI ANNONCE JUSQU'A 10% DE FAUX VIOLS  !!1!1 MAKES YOU THINK" alors oui ça risque de nuire et de créer le climat qui en premier lieu rend la vie des victimes impossible, et nos données douteuses, et la discussion impossible à cause des sceptiques, ce qui renforce le climat, etc. L'impact mental de cette discussion est désastreux, notamment parce qu'elle a lieu partout en même temps. Sous couvert de prudence minimale, on s'imagine un Joseph, faussement accusé par une vile femme dans tous les violeurs.



Par conséquent, contrer ces commentateurs sur tous les espaces publics en leur rappelant certaines évidences (le taux de "faux" viols n'est pas extrêmement supérieur à celui des autres crimes, mais l'insistance de l'appareil policier pour classer les viols sans suite l'est) EST une stratégie logique.
Si les statistiques doivent être discutées, mises en doute, etc. ce serait en privé, là où elles n'alimentent pas le moulin des apologistes du viol, c'est là un autre usage des safe spaces (enfin c'est pas la même fonction, alors je sais pas si il y a un autre terme ?).


Je crois qu'ici il y a une autre césure : les féministes qui disent que l'état c'est mal et donc qu'il ne faut pas aller porter plainte, ou si t'en as pas envie c'est pas grave, ou bien que le traitement des femmes qui veulent accuser les hommes de viol est si terrible que c'est ok si elles ne veulent pas.
Mais après comment se plaindre que les statistiques de viol sont faussées parce certains viols ne sont pas rapportés ?
On ne peut pas dire après ça que c'est uniquement de la faute de la société. Peut-être qu'une victime de viol reçoit un traitement infâme de la part de la police, ce qui lui fait abandonner sa démarche. Mais lui dire "oh, de toute façons tu vas recevoir un traitement infâme, alors autant laisser tomber" aura exactement le même effet que le traitement infâme : un viol de plus pas rapporté.

Je suis conscient qu'il y a une erreur argumentative majeure ici.
Je trouve des gens X qui disent "n'allez pas porter plainte c'est ok" et des gens Y qui disent "C'est de la faute du patriarcat si des viols ne conduisent pas aux plaintes" j'en conclus qu'il y a une contradiction, mais rien ne dit, ici qu'il y a une intersection non-nulle entre X et Y, peut-être que ce sont juste des gens différents.
En outre, il est clair que le patriarcat et l'inconséquence policière ont plus d'impact que le blog lacorrectionnalisationduviol rendant l'accusation dérisoire.
Il n'empêche que ce sont deux volets de thèses qui me semblent légèrement contradictoires. On peut dire simultanément que les statistiques de viol doivent être prises avec des pincettes (et probablement majorées) et que les injonctions à porter plainte peuvent être nocives, mais je vois difficilement aboutir à un monde où tous les viols sont rapportés avec ces principes.
Autre problème c'est que c'est un raisonnement qui se soucie plus d'avoir des statistiques correctes que du bien-être des victimes qui devrait primer. Rapporter ou ne pas rapporter un viol pet avoir un impact décisif sur la santé d'une victime, et ce n'est pas à nous de l'exiger juste pour avoir des chiffres plus fiables.

Et il y a un autre paramètre. On n'encourage pas forcément des actions en justice, mais parfois de simples précautions autour des gens accusés de harcèlement sexuel par exemple :
In the conversations we’re having about these incidents, we’re not talking about what kind of evidence would support publication in a peer-reviewed journal, or a judgment in a court of law. We’re talking about what kind of evidence would support judgment in the court of public opinion. We’re talking about what kind of evidence would support staying away from people if we’re at an event with them. Exercising caution if we have to deal with them. Warning other people to exercise caution around them. Not inviting them to speak at conferences. Not attending conferences, or speaking at conferences, where they’re speaking. Not buying their books. Not continuing to cite them as shining examples of skepticism at its best. In the most serious case, we’re talking about what kind of evidence would support firing someone. (And yes, for the record, I would want more evidence to support firing someone than I would to support not inviting them to conferences.)
This is a generally well-understood principle. The severity of the consequences affects how much evidence we need to believe an accusation. If several of my friends tell me, “Hey, your friend is a creep, they kept cornering me at your party,” and one person tells me, “Hey, your friend is a serious creep, they cornered me at your party and groped me”… that’s not going to be enough evidence for me to call the police, but it sure is enough evidence for me to stop inviting that person back to any more parties. Even our legal system has different standards of evidence for different situations: there’s a higher standard of evidence for criminal charges, for instance, than there is for a civil case. And the court of public opinion, and of of personal opinion, have different standards as well. Which they should. The standards shouldn’t be trivial, or non-existent — and for accusations of sexual harassment, abuse, assault, and rape, they should be pretty darned high. But there is a wide, wide world between “These accusations could lead to a conviction in a court of law,” and, “These accusations are entirely without merit.” It is a huge mistake to treat these as the only options.
Greta Cristina, Harassment, Rape, and the Difference Between Skepticism and Denialism – UPDATED, août 2013.

Mais bon, admettons que les accusations fausses de viol sont négligeables et que les innocents qui croupissent en taule ou se font exécuter ne sont qu'un prix à payer pour la sécurité des femmes.
Ne serait-il pas possible qu'elles visent un certain type très précis de population ?
Vous voyez où je veux en venir. Dans un contexte raciste il y a énormément d'accusations de viol fallacieuses.



Quelques exemples, plutôt vieux.
1. En Rhodésie du Sud et au Kénya, dans la période coloniale, de nombreuses crises de "Black Peril" eurent lieu. La population blanche, fortement minoritaire (ne dépassera pas 8% en Rhodésie du Sud et 0.8% au Kenya) craignait pour son intégrité, parfois physique. De nombreux Africains furent inculpés pour des tentatives de viol qu'ils n'avaient simplement pas commises. Le fait d'entrer par effraction dans une résidence blanche se trouvant inculpé comme "tentative de viol" parce que tout le monde sait que les Africains sont des animaux libidineux, comme le dit un législateur Sud-Rhodésien en 1916 :
The male native more or less has a tendency to commit rape. (Debates in the Legislative Council, 6th Council, p.49)
À Bulawayo, en Rhodésie du Sud, en 1902, un homme africain fut condamné à 12 ans de travaux forcés pour avoir agressé sexuellement une femme blanche, lançant des vagues de panique, amplifiées par les journaux. (Kennedy:142)
A Hartley un Africain fut accusé de tentative de viol d'une femme européenne et se suicida supposément avec un fusil qu'on avait commodément oublié dans la hutte où il était retenu. (Ibid.)
À Salisbury, un Africain fut condamné à 36 coups de fouets et dix ans de travaux forcés malgré l'incapacité de la victime à identifier le suspect. (Ibid.)
En fait, tous les hommes noirs attrapés en train de cambrioler des maisons où seraient des femmes seules étaient par-dessus le marché accusés de tentative de viol, enflant le nombre de cas de viols, multipliant d'autant la panique.
Au Kenya des évènements similaires arrivèrent après 1907.
En 1908 et 1910 deux autres incidents lancèrent des paniques analogues, mais aucun des deux n'impliquait un viol concret. Dans un cas un Africain était rentré dans une femme dans une allée sombre, dans l'autre un ex-serviteur s'était introduit dans une maison pour voler de la nourriture. (Kennedy:143-4) Pourtant, les deux furent condamnés à mort pour tentative de viol.
Ce ne sont parfois pas tant les viols qui ont agité les foules d'européens, que le fait que les peines des inculpés aient pu être minorées. Les lynchages et les exactions punitives étaient aussi une manière pour les colons d'affirmer leur pouvoir vis-à-vis des Africains et contre l'administration coloniale, qui voudrait les empêcher d'en disposer. (Kennedy:145)

2. Lors de la libération de la France par les américains, de nombreux viols eurent lieu :
"Du fait du nombre important de cas de viols recensés et de la dégradation de l'image des soldats américains en France, le commandement américain a jugé entre le 14 juin 1944 et le 19 juin 1945, 68 cas de viol ordinaire concernant 75 victimes. Au total, 139 soldats se trouvaient présents sur les lieux des crimes – 117 (84 %) d’entre eux étaient noirs et 22 (16 %) étaient blancs." (Wikipédia)
84% d'accusés noirs. Le contingent américain envoyé sur les côtes normandes étant de 5% de noirs, il nous servira d'aune. Soit on en tire une conclusion raciste (5% de noirs commettent 84% des viols) soit on déduit que le système judiciaire mis en place à la va-vite l'était, et qu'on a laissé tranquille les pas-noirs (les blancs non-inculpés faussent cette proportion).
C'est ce genre de cas où les viols non-rapporté feraient une différence évidente. Apparemment 3500 viols ont été commis. Si les coupables ont tous été attrapés, cela leur fait une moyenne impressionnante de 25 viols par personne.

3.  On dira aussi qu'il est toujours pire de se faire violer que d'être accusé de viol. J'imagine que c'est vrai, mais je doute que ça soit une consolation pour les Scottsboro Boys, neuf adolescents noirs accusés de viols par des femmes blanches en 1931.
Charges were finally dropped for four of the nine defendants. Sentences for the rest ranged from 75 years to death. All but two served prison sentences. One was shot in prison by a guard. Two escaped, were charged with crimes, and were sent back to prison. Clarence Norris, the oldest defendant and the only one sentenced to death, "jumped parole" and went into hiding in 1946. He was pardoned by George Wallace in 1976 after he was found, and wrote a book about his experiences. Norris, the last surviving defendant, died in 1989. (Wikipédia)
La peine de mort est une donnée supplémentaire, mais pensez-vous vraiment que s'ils avaient juste passé 10 ans en taule pour rien ce serait une rétribution correcte, un prix à payer pour la sûreté dans les rues ?


Bref, dans l'absolu dire que les faux viols sont négligeables a un impact mental positif, mais je crois que le programme sous-main, dans l'état actuel des choses,  diminuer les droits de la défense pour inculper plus de gens par exemple, risque de nuire disproportionnellement aux populations racisées. Dire que diminuer les droits de la défense ne conduira qu'à plus de justice c'est dire, entre autres choses, "le racisme est fini".
Bien sûr, cela ne vaut pas pour les actions d'impact moindre (évitement, mise au ban privée, boycott).


Bibliographie

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