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BD

L'Horloge 

Une adaptation du poème éponyme de Charles Baudelaire en BD réalisée pour mon Travail de Maturité au Gymnase de la Cité, en 2009. Pour être entier, voilà le texte qui l'accompagnait :



J'ai longtemps admiré les poètes qui parlent du temps qui passe. En égrenant le mortel et inexorable tic-tac de votre vie ils vous disent, tel Boccace dans la conclusion de son Decameron : "Vous avez cent fois mieux à faire que lire ce poème !"
Une façon somme toute très élégante de se tirer une balle dans le pied, d'attirer l'attention sur le doux cliquetis de l'Horloge sans toutefois l'arrêter un seul instant et d'annoncer au lecteur, goguenard, que les minutes de sa vie qu'il a consacrées à la lecture de l'oeuvre lui ont bel et bien été facturées.

Il m'est assez douloureux d'avoir à revenir explicitement sur les références, les buts  et les desseins secrets de mes dessins étant donné que j'adorerais arguer que cette adaptation se suffit à elle-même, sans quoi cela signifierait que j'ai assez mal fait mon travail, mais soit. Je crois que l'idée même d'adapter l'Horloge de Baudelaire en bande dessinée remonte au printemps 2008. Printemps durant lequel j'ai eu la chance de tomber sur un recueil des Poèmes de Victor Hugo en BD, qui m'a fait tiquer par son titre étant donné que je fuis en général les termes "en BD" comme la peste, mais qui s'est
largement rattrapé par son contenu.

Ne voulant pas subir trop d'influences, j'ai évité les adaptations bédéistiques dudit poème de Baudelaire afin d'empêcher au maximum les resurgescences involontaires. Il y en eut tout de même un certain nombre : Le miroir de la case 1 de la sixième planche est presque copié sur celui du valet de pique d'un jeu de cartes très commun, La personnification du Divin Hasard, de l'Auguste Vertu et du Repentir en cartes de tarot provient, presque intacte, de l'illustration par Julie Potvin dudit poème de Baudelaire et tant d’autres mais dont l’origine se perd au travers des oeuvres qui les ont utilisées : le sablier qui se brise, augurant la mort du héros, pour ne citer que lui.

Certains curieux voudront savoir quelle technique a été utilisée pour produire ce trait noir où le gribouillis le dispute au minutieux. Il s’agit de stylos de precisions, malheureusement jetables, dont nous tairons le nom pour ne pas nous faire les publicitaires de cette marque, aidés d’un renfort d’encre de chine, au pinceau pour les aplats noirs.

Ne sachant que vous dire d’autre, je ne peux que vous souhaiter une bonne lecture en espérant que ladite lecture ne vous fera pas perdre trop de temps.

Comme quoi, ces textes d'accompagnement c'est toujours de la lèche.